RAPPORT DES MINES D'ETAIN
ébellion a considérablement diminué le nombre des traleurs; le commerce a restreint ses commandes, les ex- :ants ont perdu beaucoup d'argent; en outre, des filons, 5 très riches, sont taris ; toutes ces raisons ont fait liausser prix de revient et de vente. Pendant les deux visites
nous avons faites à Kuo-cliiu, le prix de l'étain était lême : la première qualité valait T. 15,25 (107 fr. 75 c.) .\ 13 à 13,50 (91 à 94 fr. 50 c.) les deux autres. Au i de juin 1873, quoique le nombre des travailleurs eût nenté, les produits ne suffisaient pas à satisfaire les nomises demandes des négociants de Canton, du Kuang-lisi Il nord du YUn-nan. Tous ces négociants, qui viennent
ou deux fois par an faire sur place leurs acliats d'étain, ^nant de manquer de matière, font des contrats d'avance onnent même de forts à-comptes pour s'assurer la pré- [ice; mais il est entendu que l'aclieteur doit payer le il au cours du jour où il en accepte livraison, endant la rébellion, et même jusqu'en 1873, le gouveniet proWncial n'ayant qu'une autorité nominale dans tout lidi de la province, les chefs de district se partageaient e eux les revenus. Les douanes ou octrois étaient occupés
les agents de ces cliefs, qui percevaient un droit fixe les marchandises ou objets de consommation à l'entrée i la sortie de leur territoire. A Kuo-chiu, outre la taxe
l)ercevait le clief de la localité, taxe destinée à subr aux besoins du Kung-chû (^ ^) ou maison come, Liang Shih-mei, qui administrait le département de an, prélevait un impôt de 5 pour 100 sur tout le métal sortait du village; il en était de même pour les autres 3S du département. Les deux tiers de cet impôt faisaient iir à la caisse départementale ; le dernier tiers était destiné
238 LA METALLURGIE AU YUNNAN.
à couvrir les dépenses, et s'il y avait un reste, la maison commune de la localité en bénéficiait. Par la suite, Cliang Lai-ch ing (Çg ^ ;^), dit Chang Lao-pan (Çg "^ ;fe), qui, de même que Liang Shih-mei à Lin-an, cherchait à faire reconnaître son autorité à Meng-tzû, flatta la haine que le chef de Lin-an portait aux musulmans de Sha-tîen et de Ta-cliuang, et se mit à son service avec toutes les forces dont il disposait. De cette alliance résulta l'expédition dont nous avons parlé. Après la campagne, Chang Lao-pan reçut en dédommagement de Liang Shili-mei un sixième des revenus de Kuo-chiu. A la mort de ce dernier, le gouveniement s'occupa de réorganiser cette riche partie de la province; mais ce ne fut qu'au milieu de 1873 que le trésorier général du Yiln-nan délégua des mandarins pour reprendre possession de toutes les perceptions.
L'or et l'argent se trouvent au YUn-nan sous différentes formes; les gisements en sont nombreux et en général faciles à exploiter.
L'argent occupe une bonne place dans les richesses métallurgiques de la province ; sa grande valeur en a fait étudier le traitement d'une manière spéciale.
Le minerai d'argent ou galène argentifère est divisé eu trois sortes : à grandes, à moyennes, à petites facettes. La première est très abondante dans le sud et le sud-est; ou la rencontre en amas et eu filous importants; elle est très riche en plomb, mais contient si peu d'argent que, dans quelques usines où avant la rébellion le plomb trouvait un facile débouché \ elle était exploitée seulement pour ce métal.
* 1\ descendait le fleuve Rouge par Man-hao et rentrait eu Chine par mer, après avoir traversé le Tong-king.