L* ARGENT OU GALÈNE ARGENTIFÈRE
Parfois, à côté des gisements de ce minerai, on trouve d'autres filons plus riches en argent; le grain du minerai est plus petit; c'est ce qu'on nomme en chinois hsiao-hua (yj\ '^) ou petite fleur, ou galène à petites facettes. Comme dans cette sorte la proportion d'argent est plus importante, le minerai est d'abord traité comme du plomb ordinaire et coupelle ensuite dans un fourneau spécial.
Outre la quantité notable d'argent associée à presque toute la galène de la province, elle contient aussi une certaine proportion d'or. Afin de donner une idée de la richesse de ce minerai, nous dirons, en passant, qu'un petit lingot d'argent de la valeur de T. 4,00 (28 fr.), provenant des mines de Kuo-chiu, oii après la coupellation l'argent est livré au commerce et n'est pas le sujet d'un traitement spécial, a produit un bouton d'or, de T. 0,35 (2 fr. 45 c).
Dans quelques districts, tels que Shih-yang-ch ang, Pai-niu (^^ ^^^ Ma-lung (^§1 fl), du département de Lin-an, on trouve des filons puissants d'un minerai jaunâtre, moins chargé de plomb, plus riche en argent, et détenant, en outre, une notable quantité d'or; aussi, après avoir été amené au titre voulu, l'argent est traité à son tour pour en retirer l'or qu'il contient.
A Kuo-chiu, la galène argentifère est loin d'être aussi riche que dans les localités citées plus haut ; toutefois, quand le travail est sagement conduit, les bénéfices réalisés sont au-dessus d'une bonne moyenne. Ainsi que dans toutes les exploitations de ce genre que nous avons visitées, le traitement est le même; nous allons suivre celui qu'on pratique à Kuo-chiu, en nous réservant de revenir sur cette question quand nous parlerons de la manière d'extraire l'or de l'argent.
240 I^A MÉTALLURGIE AU YtX-NAX.
L'extraction de la galène a lieu dans les mêmes conditions que les autres minerais, et les mineurs sont organisés d'après le même principe. L'industriel qui fournît les fonds aux mineurs achète le produit de leur travail et le fait ti-aiter lui même; la façon d'opérer est différente et exige, à cause de la valeur du métal, beaucoup d'expérience de la part des ouvriers.
Le minerai apporté dans l'usine est d abord broyé et lavé. Le fourneau est ordinairement construit au dehors et sur un endroit élevé , afin que la fumée suffocante et les gaz qui s'échappent aient un libre cours et n'affectent pas les ouvriers. Cette exposition en plein air ne leur peimet de ti*availler que pendant la b(mne saison; du reste, comme au YUn-nan il pleut seulement en été, le reste de l'année il fait assez l)eau temps pour traiter une bien jdus grande quantité de matière qu'on n'en peut extraire.
Le minerai est mélangé à une faible partie de scories; la quantité varie d'après la qualité du minerai et la marche du fourneau. On alimente le feu avec du charbon de bois blanc, cliargé dans la proportion de Ya de charbon pour % de minerai, proportion modifiée toutefois selon la marche du fourneau, la qualité du minerai et celle du charbon.
Le personnel d'un fourneau se compose de deux chefs ouvriers, de deux aides et de six souffleurs, trois pour le jour et trois pour la nuit. La conduite du fourneau n'offre aucune difficulté, si ce n'est la siu-veillance minutieuse du (*liargement. Le chef ouvrier fait augmenter ou diminuer les charges du minerai d'après le résultat qu'il obtient; de temi)s h autre, il introduit par l'cmverture où s'écoule le métal une perclie de bois vert, pour le faire bouillonner et en activer la réduction.