TRAITEMENT DE L^ ARGENT
Le plomb qui provient de ce traitement est moulé en saunons, du poids de 40 à 45 livres chinoises; il est ensuite envoyé au four à coupelle, placé ' d'ordinaire sous un hangar voisin.
Le système de coupellation, employé par les indigènes pour ;éparer l'argent du plomb de première fusion, diflfere des procédés européens; il est beaucoup plus long, mais il vaut la 3eine d'être étiulié à cause de certains détails du traitement.
Le fourneau, qu'il conviendrait plutôt d'appeller four^ )arce qu'il a la forme, sauf quelques modifications, du four le boulanger, est bâti en briques et induit à l'intérieur de plusieurs couches de sable réfractaire.
La figure 8 représente la coupe d'un fourneau suivant 'axe et une vue de face. Le diamètre varie de 1™,50 à \ mètres, et la hauteur est d'environ 1",75. La sole est égèrement concave et formée de plusieurs couches de brasjue; elle est inclinée vers la porte de chargement, ce qui >ennet de retirer plus aisément la matière après l'opération. !ja porte supérieure est spécialement ménagée pour le chargenent du combustible ; c'est par là qu'on introduit le charbon le bois ^ mis en paquets de 4 à 5 livres chinoises ; il est posé ymétriquement et le plus légèrement possible afin de ne pas branler la grille en sable qui le supporte. La hauteur du [ômc du four est d'environ 1 mètre ; au milieu, entre le dôme t la sole, est placé un grillage presque concentrique à la oûte, fait en sable réfractaire, et sur lequel on place le ombustible. On allume le feu, et aussitôt que l'intérieur du wr est très chaud, le plomb à coupeller est placé sur la oie, où il ne tarde pas à fondre. La porte par laquelle on
* Cette opération, exigeant un feu vif et prolongé, ne peut être menée à bonne n qu'avec du charbon de bois dur qui résiste longtemps au feu.
242 LA MÉTALLURGIE AU YtN-XAN.
a chargé le métal est bouchée avec du sable jusqu'à la hauteur proliable qu'atteindra la matière en fusion.
A mesure que la temi>érature s'élève le métal s'oxyde, et bientôt la litharge se forme. Dès que cette dernière commence à paraître, on ajoute d'autres paquets de charbon et on garnit tout-à-fait la grille. La température continuant à s'élever, l'oxyde fond rapidement. Enfin tout le bain se cou\Te de litharge assez fluide, et l'omTier fait une rigole, avec le ringard, qu'il abaisse à mesure que la matière diminue. L'opération arrivée à ce point, il ne reste plus qu'à surveiller la marche, à écouler la litharge et à entretenir un feu à peu près égal afin de maintenir la température aussi élevée que possible jusqu'à ce que tout le métal soit passé à l'état de litharge.
La quantité de matière, chargée à chaque opération dans ces fours que les indigènes appellent Chao-tzit (^ •^), n^* dépasse pas 700 livres chinoises. Ce système de coupellation est très lent : il ne faut pas moins de trois jours po^^ que la matière se transforme en litharge; il est vrai q^^ celle-ci est d'excellente qualité.
La fin de l'opération est caractérisée par un abaisseii^^^ de température et par une lueur très vive qui s'échappe ^^ moment oii le plomb est tout-à-fait oxydé; la matière O^^ reste semble prendre feu sous la haute température du fo^^ Dès ce moment le traitement est regardé comme termii^^' on laisse abaisser la température et, pendant que le mé^^ est encore chaud, on y jette de l'eau afin de rendre le -^^'
toyage plus commode. L'argent qui reste sur la sole ^^ loin d'être pur : il contient 15 à 20 pour 100 de matièr'^*' étrangères et a besoin du raffinage pour être amené au titr^ de 98 pour 100 exigé par le gouvernement.
COUPELLATION DE L'ARGENT. 243
Après cliaque opération la porte de cliargemeiit est agrandie de façon à permettre le passage d'un homme pour faire dans le four les réparations nécessaires. Comme la brasque de la sole contient généralement beaucoup de litharge et un peu d'argent, elle est réduite en morceaux et remplacée par de nouvelles couches. En un mot, le four tout entier est mis en état de fournir une nouvelle campagne.
La litharge est mise au fourneau qui a traité le minerai; elle est fondue avec une faible partie de scories, et le plomb qui en sort est moulé en petite saumons n'excédant pas en poids 60 livres chinoises, ce qui équivaut à la moitié de la charge d'un cheval. La litharge qui provient des mines du sud, de l'ouest et du centre est rarement vendue à l'industrie; on lui préfère celle du nord et du département de Chao-t'ung à cause de la faible distance qui sépare ces mines de la capitale, où ces produits sont en partie traités. Les mines de ce dernier département étant peu éloignées du Yang-tzil ou Chin-sha-chiang trouvent un facile débouché : le plomb, l'argent et le cuivre suivent cette voie fluviale et se répandent <lans tout le Ssîl-ch'uan. Le produit des mines du département de Lin-an^ est transporté à dos de mulet jusque dans le Kuang-hsi, ou vendu dans les villes de^ environs; celui de l'ouest trouve un faible débouché dans le pays même et celui du nord-ouest va en partie dans le Thibet.
Le gâteau d'argent que nous avons vu retirer du four est coupé en morceaux et envoyé chez le raffineur que les indigènes nomment Hsiao-chiang (^ [J); là il est mis au titre. Cette opération s'exécute dans une forge ordinaire: l'argent est fondu dans un creuset en contact avec du
' L'exploitation de quelques-unes de ces mines et de celles du nord a été reprise depuis peu, mais sur une petite échelle.
charbon de bois pilé. Dès que tout le métal est fondu, et que la «urface bouillouue, signe de haute température, deus ouvriers placée de chaque côté de la forge soufflent par secousses, , à l'aide d'un long tube en fer, sur le métal en fusion. Sous l'action de l'oxygène, la surface se coniTC d'une couche de matière oxydée noire qu'on enlève à mesure qu'elle se forme. Pendant cette opération la température a baissé sensiblement; les ouvriers arrêtent le soufïlet, on recharge le feu, et quand la matière est de nouveau assez fluide, on recommence à souffler sur le bai» jusqu'à ce qne le chef ouvrier juge, par ses essais, que le métal est au titre désiré.
Les lingotières dans lesquelles l'argent affiné est conic ont différentes formes : ce sont des creusets de fonte ayant au centre tantôt une cavité hémisphérique, pouvant coutenir environ 8 à 10 taëls de matière, tantôt un ovale étraiiglé- Ce dernier moule ne sert qne pour les petits lingots de la valeur de 2 taëls et au-dessous. Le moule le plus en usage et eelui qui est adopté par le gouvernement présente une forme rectangulaire arrondie aux angles, l* figure ci-jointe donne le dessin d'un de ces lingots ; son épaisseur atteint près de 1 centimètre et sa longueur est de 4. Pendant qu'il est encore chaud, ^ est poin(;onné par les agents du Kuiig-ku (^ -|g). Le lingot représenté ci-dessus porte dans le milieu un coup de ciseau fait par un essayeur qui doutait du titre, quoiqu'il