‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 158 sur 174 · QUALITE DE L'ARGENT · texte numérisé non relu

QUALITE DE L'ARGENT

portât l'estampille du Kung-ku. Les lingots estampés comme nous venons de dire ont la même valeur dans toute la province, c'est-à-dire que l'argent est reconnu au titre officiel de 98 pour 100.

Dans beaucoup de mines les industriels se donnent rarement la peine de faire affiner convenablement leur argent: ils se contentent de l'envoyer chez le Hsiao-chiang, qui le débarrasse d'une partie du plomb qu'il contient et l'amène au titre de 98 pour 100, titre accepté dans toute la province et sur les marchés comme argent de première qualité ; dans cet état, il est livré au commerce.

U est rare de trouver aux mines ou sur les marchés voisins du bon argent; celui qui passe pour le meilleur est au titre de 90 pour 100 environ : cette proportion descend en certains endroits à 7io ^t même jusqu'à y,o. Les marchands qui trafiquent dans ces parages ont besoin d'exercer une grande surveillance s'ils ne veulent être dupés. *

Ces divers titres de monnaie entravent .considérablement les affaires, car, dans toute opération commerciale le vendeur, avant de conclure un marché, est obligé de voir le métal avec lequel il sera payé; et souvent môme il va chez l'essayeur, qui, moyennant une faible rétribution, lui indique le titre exact; dès lors, il fait ses comptes en conséquence et réclame un excédant, afin de balancer la perte qu'il éprouvera au change.

Tous les droits perçus par les douanes ou barrières sont payés avec ce qu'il y a de plus mauvais en argent. Malgré leurs protestations, les mandarins-percepteurs ne parviennent pas à obtenir mieux ; ils menacent quelquefois de retenir les marchandises ou d'an-êter les convois, mais sans succès. Le

voyageur ou muletier qui amène un convoi des frontières, ou qui vient de Tintérieur, ne porte en général avec lui que l'argent dont le titre a cours siu* toute sa route ; or, comme il n'a que juste le nécessaire pour faire le voyage, les mandarins sont forcés d'accepter l'argent qu'on leur donne, si mauvais qu'il soit.

Rien de plus curieux que les produits d'une perception, surtout dans le sud : on trouve à côté des lingots toutes espèces d'ornements et de bijoux; le pauvre ou celui qui est à court d'argent s'acquitte avec des boutons du même métal, d'autres avec des bracelets, des panires de femme; c'est surtout dans les perceptions des marchés que ces derniers objets sont les plus nombreux. A la fin de chaque mois, le produit des douanes et des barrières est centralisé par les agents du trésorier général. Cet argent est envoyé à la capitale où il est affiné au titre de 98 pour 100, ^^ plus haut de la province.

Nous avons vu. précédemment que presque toutes les db ^^^^ d'argent de la province contiennent une notable qua:^^^^^*^

d'or. Pendant longtemps il fut impossible aux industriel -^ séparer les deux métaux, et par contre l'argent qui conter ^^ le plus d'or passait, à cause de sa couleur douteuse, \^::^^^ être de qualité inférieure. Les affineurs, de leur côté, "^ parvenaient pas à trouver le moyen de rompre cet allif^-p^- C'est un affineur, natif du Chiang-hsi et attaché à la rtm^^^^ de Ma-lung, qui le premier trouva le moyen d'isoler l'arg^^'^ de ce métal étranger, qui n'était auti'e que l'or. Il fit une grande fortune, et ce ne fut qu'à sa mort que son invention fut connue. Son procédé consistait simplement h fondre l'argent dans un creuset, puis, à l'aide d'un bâton de soufre, à

Page 1