DE CHTNG-CU'ING A YON-NAN-FU
qui forcent le convoi à ne s'avancer qu'avec d'extrêmes précautions; à mi-côte, nous sommes enveloppés par un brouillard épais chassé vers le sud avec une grande rapidité. Au milieu des vallées qu'on aperçoit se groupent des hameaux. Arrivés au sommet, nous ne tardons pas à descendre une pente très dure, rendue plus pénible encore par l'eau qui ruisselle sur son parcours. C'est un ti-iste début de voyage. Vers deux heures, ncms rejoignons nos piétons qui fléchissent sous le poids des caisses qu'ils ont entrepris de porter à dos ; nous les dépassons en autorisant le chef à prendre du renfort à la première halte.
n est près de six heures lorsque nous arrivons à Shunchhig (jlg J^), mais ce village étant envahi par un détachement de troupes revenant du Kuei-chou, nous sommes réduits à continuer notre marche, malgré la nuit close, et de pousser jusqu'à P'u-shih (^ rfï)? ^^ ^^^ muletiers nous ont précédés. Notre troupe est en complet désarroi ; derrière nous, les coolies pataugent encore avec les bagages dans les sentiers de la montagne, en compagnie, hélas ! de notre cuisinier. Ce village, de même que le précédent, est encombré de soldats et de voyageurs ; néanmoins nous parvenons à nous installer dans une des huttes en paille qui sont les constnictions ordinaires de cette région peu fréquentée. Rien de misérable comme ces taudis : l'hôte ne fournit que le riz, le combustible et un abri. Aussi quel dîner! du riz de couleur douteuse, quelques œufs et im poulet étique obtenu à grand'peine, composent notre maigre repas. Dans un coin d'une saleté repoussante, trois planches sont posées à plat sur des banc^s et garnies d'une vieUle natte : ce sont les lits; on peut s'y étendre, mais non goûter le repos, car, en dépit de la toile cirée qui a été mise pour préserver la literie du contact de