‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 22 sur 174 · YEN-FANG · texte numérisé non relu

YEN-FANG

alors que rînvasîon mahométane les menaçait; quoique éloignée

du foyer d'opérations des rebelles, elle a subi des pertes

cruelles. La population, douce, fière et hospitalière, a mallieu-

reosement, quand les environs ont été dévastés, été mise en

fuite ou dispersée par la tourmente; mais les vides causés

par la guerre ne tarderont pas à être remplis par le Ssù-

c/i iian, qm a dirigé de ce côté un assez fort coiu'ant d'émi-

grs^tion.

janvier. — Route facile, large et sans dalles; point de hautes montagnes. En quittant la plaine pour entrer dans nu district accidenté, nous cessons de voir des chariots, que nous retrouverons à Yen-fang* (j^ ^), d'après le dire de nos conducteurs. Le temps est clair, et les rayons du soleil seraient chauds si une brise du nord-est ne rafraîchissait l'atmosphère.

Sur tout ce parcours il n'y a que des ruines : des pans

de murs, des ponts à moitié détruits indiquent la place d'un

village; des arcs de triomphe élevés à la Piété filiale gisent

renversés au milieu de débris de toutes sortes; les auges

en pierre, ménagées siu* la route par les soins du gouverne-

itt^nt pour abreuver les chevaux de passage, ont seules été

respectées.

Du haut des collines qui dominent Yen-fang, on embrasse rt'un coup d'œil le ti'anquille paysage au milieu duquel cette ^^të est constniîte; une petite rivière, qui va de l'ouest au

^ans cette ville réside un mandarin militaire du grade de Ilsiin-kuan \ÏHj g^ \ chargé de la police de cette localité. Nous l'appelons ville^ parce

'I 'G* H fies remparts comme toutes les villes chinoises ; mais elle n'est pas con-

siVIéréo

^^ <-'ommc telle par les Chinois. D'après ce que nous disent les notables,

**^ Construite pour servir de forteresse au moment de la conquête-, elle n'a

^^ ^nnportance administrative.

74 i>E rin ng-C'H'Int; a yCn-xax ru.

Chan-i-cliou, (lui (K-cupe une éminence au nord-ouest <l^ cette plaine, forme un rectaufrle réjniHer. De loin, des templ aux toits verts parmi des massifs de verdure, la fiimée d habitations semblent annoncer une vie active et une pop^^" lation considérable. P2n approchant, la désillusion commeiic* ^^^ les bastions, couronnés de parlions, qui sentent de corps ^^ garde, ont encore des créneaux en briques séchées au sol^^*" les fenêtres ont aussi conser\'é leurs meurtrières; deux port^ ^" celles de Test et l'ouest, sont seides ouvertes à la cirer '■-^ lation comme si les rebelles venaient de lever le si Quoique peu imj)ortante sous le rapport commercial, ce ville et le district qui en dépend sont administrés par mandarin ciWl du «p-ade de Chîh-chou (^ j^).

Toutes les affaires de ce département se font à C\\ clung-fu ( ^ iH /fj), qui est à 30 lis (14 kilomètres) pi au sud, dans un pays très productif. Cette ville, adossée a flanc d'une montagne, est le principal marché de cette pa de la province. Occupée j)ar le chef rebelle Ma Lin-shêng ^ (J| >H^ ^), <^11^- ftit rendue à l'administration provinciale en 1865 par ^la Ju-lung et le Fu-t'aï, et depuis cette époque les musulmans, les Chinois et les Lolo ou I-jên, qui l'habitent, y vivent en bonne intelligence.

Dans un rayon de 45 lis au sud et à Fouest de cette ville, on trouve quelques gisements de blende, de fer et de galène argentifère ; ces trois exploitations ont été abandonnées au début de la rébellion ; celle de blende a seule été reprise depuis que cette partie de la i)rovince jouit d'une tranquillité relative,

26 janvier. — En quittant Chan-i-chou, la route monte sur des collines boisées; yà et là le riz, encore sur pied,

» Voir les notes rétrospectives sur la rébellion musulmane, chap. V.

Page 1