‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 23 sur 174 · LA PESTE AU YÛN-NAN · texte numérisé non relu

LA PESTE AU YÛN-NAN

pouiiTii dans les rizières humides : les cultivateurs ont fui dev?^^3i.wt la peste qui, depuis quelques années, a fait dans cet't^ contrée des ravages épouvantables. Cette maladie, qui n'east y croyons - nous , qu'une peste sous forme de boutons (Y^S^Tej), éclate le plus souvent vers le mois de mai et contiuxxe de sévir jusqu'au mois de novembre, mais en changeant de lîeu. Ce qui ferait croire que cette épidémie est due à des exhalaisons du sol, c'est que les rats sont les premiers vietîmes du fléau; dès qu'ils sont malades, ils sortent de leurs trous, se réfugient dans les habitations, font quelques tours sur eux-mêmes et meurent. Les buffles, les bœufs, les montrons, les chèvres sont atteints ensuite, mais, sur ces dernières, le mal a moins de prise. Aussitôt que ces symptômes avaixt-coureiu's se déclarent, la population ne tarde pas à en ctr^ attaquée. Afin de purifier les maisons, on allume du fei^ clans toutes les chambres et, dans certaines villes, on ces^so de manger du porc.

^^ettc maladie s'annonce par une fièvi-e violente, et au \)OVit de quelques heures, une tumeiu- d'un rouge foncé com- \$v^Y\ce à se former sous les bras, à l'aine ou au cou; la ^evre augmente et la tumeur se développe d'habitude jusqu'au €>^coiid jour, après quoi elle est stationnaire. A partir de ce tûoment, le malade est en grand danger, car, si cette tumeur, jusque là très dure, devient molle, et si la fièvi-e ne diminue pas, le malade est considéré comme perdu; dans le cas contraire, il y a espoir de le sauver, mais ces exemples sont très rares. Quelques docteurs chinois ont essayé d'exciser ces tumeurs, mais peu de malades ont survécu à cette opération. Le remède le plus énergique qu'ils emploient dans ces circonstances est le musc qu'ils prescrivent à fortes doses comme dernière ressource. Signalons un fait étrange : il

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arrive souvent que le fléau, après avoir ravagé la plaine, envahit les montagnes, où il fait de nombreuses victimes. Les hauteurs voisines des \'illes sont aussi éprouvées ^

Cette partie de la province est très fréquentée : à chaque instant, nous croisons des convois chargés de différentes marchandises et des bandes de coolies qui transportent des porcelaines venant de Ching-te-chên. Dans les vallées, des touffes d'arbres, des ronces et des lianes se développent au milieu des décombres, les herbes foisonnent dans les champs naguère cultivés; seul, le chemin que suivent les voyageurs n'est pas envahi par cette végétation parasite; les sources qui jadis arrosaient les rizières ont changé de lit et ravinent le sol à leur gré.

Après quelques heures de marche dans ces parages où, depuis les premiers symptômes de la guerre civile, aucun être humain n'est venu fixer sa résidence, on ne tarde pas à arriver sur un plateau, à F extrémité duquel se dessinent les remparts de la ville de Ma-lung-chou (J| f| j^y

27 janvier. — Les fortifications de Ma-lung-chou s'étendent, à Fouest, le long de la montagne à laquelle elle est adossée, et au nord, au sud et à l'est une série de mamelons assez élevés entourent le plateau qu'elle occupe. La ville, vue de l'extérieur, semble avoir été épargnée par la terrible invasion qui, pendant plusieurs années, a décimé la province ; ainsi les pavillons qui surmontent les bastions ont conservé, comme au moment où le pays jouissait d'une grande tranquillité, leurs clochettes qui se balancent au gré du vent; les remparts, noircis par l'âge, ne portent pas la moindre trace

* La carte qui accompagne cet ou\Tage montre la marche de Tépidémie pendant les années 1871 à 1873.

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