MA-LUNG-CHOU
d'avaries causées par rînvestissement. Il n'en est pas de même à l'intérieur : édifices et maisons, presque tout y a été rasé ; le Ya-mên du mandarin, du rang de Chili-chou, n'a pas résisté à la tourmente. Les artisans et les marchands, qui vivent en grande partie du passage des voyageurs, ont ouvert quelques pauvres boutiques dans les deux rues qui forment les faubourgs du sud et du nord. La production de ce district, quoique très limitée, entretient un certain courant d'affaires avec la banlieue, et les foires qu'on y tient certains jours de la semaine sont fort animées. Tous les produits étrangers, tels que coton en pièces ou filé, les draps et autres lainages, viennent de Ch'U-chmg-fu; les auti'es produits et le sel arrivent de la capitale.
La population, bien clair-semée, a les mœurs rustiques qui caractérisent les montagnards; on y trouve quelques I-jên noirs descendus du nord, et même des Miao-tzû, mais ceux-ci en petit nombre.
28 janviei\ — Presque au sortir de cette malheureuse cité, on traverse une petite rivière, dont le cours encaissé se dirige du nord au sud; des plantations d'arbres fruitiers sont échelonnées sur les collines. Quatre-vingts lis nous séparent de I-lung (^ ]||), village où nous serons ce soir. Dans toutes les localités inhabitées, la végétation, favorisée par une température douce, a tout envahi ; les réserves forestières d'où l'on retirait les bois de construction sont presque perdues et envahies par les buissons et une foule d'autres arbustes. Les cultivateurs qui viennent reprendre leurs travaux aiment mieux s'installer dans les plaines aux lieu et place des propriétaires disparus que de défricher les vallées, où la terre est plus ingrate.
7^ DE CHT'NG-C'ffING A TTy-NAS-FT.
Ijh village de I-lung. bâti sur des collines d'aspect trè& fertile, a été totalement anéanti par les rebelles: une seiil^ niai7^,:i. ap|iartenant à nn mnsnlnian. a échappé à la destm^^^" tîon jiarce rjn'elle senait de quartier au mandarin qui c mandait les troupes; c'est là aujounVhui que s'arrêtent 1 voyageurs. Les haliitants, en jmrtie venus des montagne* =^ï^î relèvent difficilement des pertes qu'ils ont eu à sw IKifter.
20 ja/ivû^. — La route descend en pente douce po"* H en^ajfcr dans une suite de vallées, oii le travail seml:^ nmaître : des calianes de fraîclie date, adossées à de vîeill ^ Imtisses en ruines, montrent de loin leurs toitures en pail^ Nous fais^Mis Imite, au milieu de la journée, entre des mam lr»ns couverts d(î verdure; sur les liauteurs, on aperçoit rivière de Vanjç-lin (i^ ;^), dont les eaux limpides coulei> vers le iiord-nord-est.
I)aiiH la lmnli(*ue de la capitale, les villages ont été re^ construits et les vallées sont en i)leîne culture. Sur le boni de la rivière qu'on suit avant de traverser la plaine, des roues hydrauliques et des moulins l\ écraser les graines oléagîneus<îs sont les seuls vestiges d'anciennes industiies que rinsurrection a ruinées; bien que les Chinois ne soient pas (riiunieur à négliger ce qui peut avoir une utilité quelconque, ilH Hcniblc^nt res])ecter ces ruines depuis longtemps abandonnées.
On suit (luehiue temps la rive du lac, dont la surface dispanut en partie hous les roseaux et les plantes aqiiatiqiU'M; puis on entre dans une vallée, d'où l'on peut voir la ville.