UN DÎNER CHEZ LE GOUVERNEUR
offert ; le repas fut somptueux et, quoique préparé un peu à la hâte, dans une tente en nattes et papier, rien n'y mancjuait. Au début, . la présence du général en chef jeta un peu de froideur, mais dès que le \in Shao-chiu (^ ^) eut circulé plusieurs fois à la ronde, chacun s'anima, les plaisanteries commencèrent, et les joyeux convives auraient peut-être fini par oublier qu'ils assistaient à un dîner officiel, si le Fu-taï n'avait fait presser le service. Ce procédé, qui n'était tout simplement qu'une façon polie de nous congédier, fat très bien compris de tout le monde ; on vida les verres et on avala la tasse de riz ti-aditioimelle qui complète les dîners chinois. Shao Tlen-kuei (3|J ^ ;($), ou Son Excellence Shao, que nous avions vu au camp dans la journée, «e trouvait à la même table que nous ; il nous invita à dîner pour le jour suivant, mais noti-e départ étant arrêté pour le lendemain matin, nous déclinâmes son inWtation.
Avant de se retirer, chacun des convives vint à tour de rôle s'incliner devant le gouverneur et le remercier de l'honneur qu'il lui avait fait en l'admettant à sa table. Dans la soirée, le Fu-taî vint nous rendre visite et nous entretint longnement de ses projets futurs : il esquissa en peu de mots les avantages matériels que la province retirerait de Touverture de la voie du Tung-king, et nous parla surtout de rimpulsîon qu'il se proposait de donner à l'exploitation des mmes aussitôt que la tranquillité serait rétablie. « Mon am- »bition >^ disait-il, « est de pouvoir faire arriver sur les niar- *che8 de nos villes, par la voie du Tung-king, qui est la *plU8 Courte et la plus économique, les produits étrangers * ^ni nous arrivent actuellement par la voie du Ssil-ch uan, *ee8 produits étant considérablement surchargés par suite ^^ frais de transport et des nombreuses bamères que les
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» iléfÇoeiantH ont à passer. Les routes da sad me permettront » tout en favorisant sérieusement le commerce, de créer des » revenus importants au moyen de rétablissement de douanes » à Man-hao (^ |^) et sur la frontière du Kuang-hsî^ et de > donner une p*ande extension à nos produits métallnr^ques. >
Yanjç Shen{f-tsnn{f ( ^ ^ ^), chez lequel, dans nos deux voyajçes j\ (1icn}î-clnan{f, nous avions trouvé une hospitalité larjfo et cordiale, désirait abandonner la carrière des armes, dans la(iuclle il avait essuyé beaucoup de revers, pour s'occuper spécialement de l'exploitation des mines. Cette question, du plus haut intérêt pour lui, fut entre nous le sujet de lonjfues conversations. En le quittant, il nous fit promettre d'aller le voir it Tunjf - clùian. Habitué à la direction des exploitations, il comprit, d'après l'esquisse qui lui était faîte des procédés eun)pécns, l'avantage considérable qu'ils présentaient; aussi nmnifesta-t-il le désir d'être un des premiers à suivre la voie du pmgrès.
17 JecnW. — Nous quittons Chéng-chiang le 26 de la douzième lune chinoise, a\ neuf heures du matin. Pendant toute la nuit, le lH>mlmnlement n'a pas cessé, et quelques fusées lie {rueriv, faîtes jmr les indigènes, ont été lancées, mais s;uis succès. En |uuu^nt à Chéng-kung, le Chih-hsien iasiste \\o\\t nous retenir à dîner: comme nous désirons profiter des quelques hennis de jour pour arriver à Hsiao-panf'hiao. nous le remennons et wntinuons notre route. A quelques lis de Chéng-kung. un triste siHM^tacle nous attendait : vingt-huit tcti^s fnuchement innipées se balançaient an UiHt d'autant «le jn^n^hes. et les wrps décapités gisaient dans \t: plu?* hideux étî^t au tond des fiv§sés de la route.