H8IN-KAI
endroit une charmante oasis où le voyageur goûte un moment d'agréable repos.
Près (le Hsin-kaï (^ ^), beaucoup de terrains sont en friche; les habitants, la plupart I-jên, ont été décimés par la peste, et une partie d'entre eux ont abandonné leiu's demeures pour aller sur les plateaux attendre la iîn de T épidémie.
Dans le fond de la vallée, au milieu d'une atmosphère brumeuse, on aperçoit le village de Hsin-kaï; nous y arrivons à trois heures, après avoir essuyé plusieurs averses. Ce village, en quelque sorte perdu dans les bois, est entouré Ae fortifications en terre; mais, sentant qu'il ne pouvait résister aux troupes rebelles, il a jugé prudent de leur ouvrir ses portes; de cette manière il a échappé à la destruction. Nous sommes logés dans une auberge assez malpropre, oîi une dizaine de pauvres musulmans venant de Hsin-hsing ont mis pied à terre : c'est une famille entière qui retourne dans ses foyers du côté de Chao-tung, et qui en est encore éloignée d'au moins huit jours de marche.
9 mars. — Nous quittons Hsin-kaï au matin, par un ciel gris et un temps froid et humide. La porte du sud \ par laquelle nous sortons, est encore en partie barricadée; on monte une pente très douce et l'on arrive, 2 lis plus loin, à un village d'I-jen appelé Tieh-liu-kuan (^ ^ ^). Les habitants, quoique d'apparence pauvre, ont des maisons assez vastes; ils exploitent les bois et font un peu de culture dans
Les Chinois donnent des noms aux portes et aux barrières sans s'occuper
^c limix)rtance des lieux. Nous avons vu des hameaux composés seulement «Vunc
ngtaine de masures, dont chîujue porte ou barrière avait son nom respectif. Au
^'^^ depuis les débuts de la rébellion, tous les villages, petits ou grands,
^^ entourés de remparts en terre.
1 18 DE YÛN-NAN-FU A HSIN-HSING.
la vallée. A trois ceuts mètres plus liaut, uii temple, nouvellement restauré, s'élève sur le faîte d'une colline : c'est le point de partage des eaux du bassin de K\m-yang et de Hsin-hsing-cliou. A partir de là, on descend presque à pic dans un ravin profond au moyen d'une suite d'escaliers de pierre, au bas desquels prennent naissance deux petites sources, formant un des cours d'eau dont la plaine de Hsinhsing est arrosée. Dans cette gorge, la température est sensiblement plus chaude, et de chaque côté les montagnes sont très boisées; dans les clairières, les I-jên ont défriché le terrain et y ont établi des lizières. Le cours du ruisseau au milieu duquel nous chevauchons est très tortueux; \La reçoit plusieurs affluents avant d'entrer dans une vallée, ï^ l'entrée de laquelle est bâti le village de Tzù-tung-kuan là est une douane \ qui forme la limite entre les disti'îct de K'un-yang et de Hsin-hsing-chou.
La route, point trop malaisée jusqu'ici, présente quelqu difficultés, car le ruisseau est considérablement grossi et 1 montagnes, en s'élevant, sont entrecoupées de vallons, récolte de fèves ou de blé, qui, sur le plateau de Hsin-k est encore en vert, est ici prête à moissomier. Entre deu montagnes boisées, on aperçoit un village musulman, partie ruiné, et, sur la route qui longe ces ruines, où d marchands ambulants vendent sous une tente aux rar< passants du thé et de la camie à sucre, deux têtes fraîch ment coupées se balancent au bout de longues perches.
> Cette douane fut établie en 1870 par Ma Ju-lung pour faire face aux dèiyen»de l'expédition qu'il préparait contre Hsin-hsing et Tung-k'ou. Elle a été si*primée en décembre 1873, de sorte que les marchandises venant du sud, c'est-à-d£ de Ytian-chiang et du Laos, n'ont qu'un droit à payer à Hsi-o-bsien et peuvealler ensuite en francliisc jusc^u'à la capitale.
TA-YING roU. 119
Vlu8 011 avance, plus la culture augmeutc, et les hameaux
^^^*eudiés sortent peu à peu des décombres. De K\in-yanj;j
Jusqu'ici nous n'avons aperçu qu'une qualité de riz rouge;
diaprés les indigènes, cette espèce est bien plus productive
^t plm vigoureuse que celle du riz l)lanc, par conséquent
^Ue résiste mieux aux intempéries et aux vents qui régnent
^ttr les plateiiux. Entre les montagnes, oii le terrain est
plus fertile, on cultive une petite quantité d'indigo et des
^a^ehides.
-A. mesure que nous avançons, les villages sont plus pressés,
^* vie devient plus active et les convois qui vont et viennent
ïïoxis indiquent rapproche d'une ville. Les montagnes, (^ui
Jii^^sqiie là avaient fermé l'horizon, s'écartent, et bientôt, du
na,iie de la colline oîi monte la route, on peut admirer le
^1^ armant coup d'œil que présente la plaine de llsin-hsing.
"^l>ri;s quelques lis de marche à travers des hameaux en
^^^îiies, oii des arbres sont seuls restés debout çà et là, nous
^i^îvons au village de Ta-ying-tou (3^ ^ §g), appelé aussi
^^^ nom générique de Chiu-ts\in (^ ;(^), parce qu'il fait