‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 38 sur 174 · Partie des neuf localités musulmanes qui occupent la base · texte numérisé non relu

Partie des neuf localités musulmanes qui occupent la base

^^^îs montagnes de l'esté Au fond d'une gorge aux falaises

^^e^irpées coule une petite rivière, qui inonde toutes les

^i^^îères, passe au midi du village et arrose dans son par-

^*o\v^ uiie partie de la plaine (qu'elle traverse en diagonale.

'-^^^ plantations d'arbres fruitiers de toutes sortes couvrent

^^ hauteui's au pied desquelles les bourgades musulmanes

^^^ Tung-ying (^ ^), Hsiao-tung-ying (/J> ^ ^), Ta-hsi-

* De tous les villages inusuliiiaiis de la plaine, Ta-yiug-fou est le plus iinpor- *^^t : il abrite environ deux cents familles et est défendu par une ceinture de ^^**^t»rtô en pierre. C'est là que Ma Tê-hsinf:: vint fixer sa résidence quand il ^^^tta la capitale.

120 i>E yCn-nan-fu a hsin-hsixg.

yî"& (^ ffi ©)i Hsiao-lîsi-jiiig (yj> |g ^), Yao-tzû-yiu^^ (JH -^ ^ j, Ta-ying-t'ou et plusienrs autres, dont les nom^*^ nous échappent, sont construites.

Derrière Ta-ying-fou, il y a une source d'eau minérale gazeuse, que les gens de Tendroit emploient beaucoup contre les affections de Testomac. Au cinquième mois, c'est-à-dire à répoque où commence la plantation du riz, les paysans accourent en foule, de tous les coins de la plaine, boire cette eau, à laquelle ils attribuent la propriété d'éloigner les maladies et surtout la peste, qui se montre vers cette époque de Tannée et exerce des ravages considérables.

A 4 lis plus loin, presque à l'extrémité septentrionale de la plaine, on trouve le bourg de Pei-chêng-kaï (:(ji ^ ^), où, tous les deux jours, une foire amène une partie considérable de la i)opulation. Depuis l'occupation de Hsin-lising par les rebelles, tout le commerce de la plaine s'est transporté dans cette localité : occupée plusieui*s fois, elle a été livrée au pillage et aux flammes. Sa position au centre d'un grand nombre de villages lui a penuis de se relever rapidement au point d'effacer en peu de temps les traces des ravages que la guerre y avait causés. Un octroi, également établi par le Tl-f aï Ma Ju-lung \ perçoit des droits minimes sur toutes les marchandises locales. Le sel qui entre dans le district paie trois dixièmes de taël par charge de cheval ; environ un demi-taël est aussi jierçu sur le coton qui vient de YUan-chiang. Ce dernier produit, considérablement augmenté par les frais de transport, valait en 1872, sur le marché de Pei-chéng-kaï, 32 taëls et demi les cent livres chinoises. Tous les villages de la plaine, quels qu'ils soient,

' Cet octroi a été suppriinû vu ls73.

CHIU-LUNG-CHIII. 121

ont des foires, où iiu octroi fonctionne dans les mêmes conditions.

En traversant la plaine de l'est à l'ouest, on trouve, au bas des montagnes, un grand temple appelé Cliiu-lmig-clilli (^ iH î&)i remarquable par le gracieux paysage qui l'environne. A la base même du bâtiment principal coide une source d'une extrême abondance : elle sort en bouillonnant entre des rocliers, et se dirige vers l'ouest de la plaine, qu'elle arrose sur une longueur de 10 lis avant de se joindre aux autres cours d'eau qui ont des points de départ différents. Cette source, qui forme à elle seule une petite rivière, n'est, paraît-il, que le tiop plein du lac de K'un-yang, qui filtre à travers les hauteurs et vient se déverser en cet endroit. Des savants chinois, pour se rendre compte du fait, auraient jeté dans le lac à K'un-yang une grande quantité de résidus du décorticage du riz, et cette matière, au bout d'un certain temps, aurait trouvé une issue par la source; jvisqu'à quel point cette anecdote est vraie, nous ne saurions le dire.

La production du district est très importante. Le riz, le Wé, les fèves, les fruits de toutes sortes, les graines oléagiûeuses, l'opium, l'indigo, etc., y sont cultivés en grand; la ^iine à sucre y croît aussi, mais en petite quantité, et, comme 0 faut près de deux ans à cette plante pour se développer, elle n'est pas soumise à un traitement particidier. La nature du sol est si féconde qu'à peine le riz coupé, ^e autre récolte de blé, de fèves ou de moutarde^ est sur W^ et prête à récolter vers la fin de l'aimée. La population de ce district est douce, active, hospitalière et surtout

^ Cette plante a pris beaucoup d'extension ; la graine est vendue aux marchands d'huile, qui en fabriquent une qualité plus appréciée que celle d'arachides.

122 DE YCN-NAX-FL' a HSIN-HSINU.

commerçante; c'est peut-être la seule régiou de la pro\niic= où les gens du Chiang-hsi (commerçants par excellence qiL Ton rencontre partout et dont la réputation d'habileté es établie dans tout l'Empire) n'aient pas réussi à prendre pied aussi cette quintessence que les gens du pays savent tire du négoce leur a valu le nom de Hua-ni-ch iu * (^ ^g jj^

Bâtie presque à l'extrémité orientale de la plaine, la vill de Hsin-hsing, bien que rendue aux Impériaux depuis 187( n'a encore repris ni son rang, ni son commerce et atten avec impatience que ses quartiers se remplissent. Sur quatr portes, deux seulement sont ouvertes à la circulation; le autres sont bamcadées avec les sacs de terre comme si 1 siège venait de finir. Ses rues sont larges mais désertes une grande partie des maisons sont en ruines et on eu voi quelques-unes de crénelées.

Depuis que nous sommes dans cette ville, nous avon constaté durant nos excursions la rareté de la populatio masculine, tandis qu'au contraire les enfants sont ti*ès nora breux. Un des Kuan-shik (notables) auquel nous demandon l'explication de cette pai-ticularité, nous apprend que presqu tous les hommes valides ont pris les armes et se trouvent Kuan-shan sous les ordres de Ma Ju-lung. Les femmes, e assez grand nombre, se cachent à notre rencontre comme s nous leur inspirions de la frayeur, mouvement auquel, d reste, nous ne faisons plus attention et qui rcnti-e tout-à-fai dans les habitudes de la civilisation chinoise. Au niomeii de notre passage, la ville, d'après le recensement opéré pa

> Poi88on qu'on trouve dans les rizières avant la plantation du riz et dont h Chinois sont très friands; il est tellement glissant qu'on a beaucoup de peine lo prendre. De là l'origine du nom Hua^-dCiu,

USIN-IISING-CHOU. 1 23

les KuuH'shîh, ne comptait pas 2,000 âmes, au lieu de 30,000 qu'A y avait avaut Foccupation.

Un fait que nous avons observé depuis notre entrée dans le Yiin-uan, c'est que les villes sont, en général, peu peuplées, mais, comme elles sont toujours situées en pays plat, ou du moins à proximité des plaines que couvrent de nombreux villages où ont lieu des foires à un jour fixe de la semaine, les indigènes préfèrent se tenir en dehors de la cité, ce qui leur peiinet de vaquer à leurs occupations à n'importe quelle heure de la nuit, sans aucune difficulté. Presque au centre de Hsin - hsing - chou, dans la partie est, une grande niOîsquée a été construite avec le produit de souscriptions recueillies par les soins du chef Tien ; c'est le seul édifice qui n'ait pas souflfert. Dans la même enceinte est renfermé- le temple de Cheng-huang-miao (^ 5É ^)? d'origine ancienne, mais aujourd'hui complctemet délabré. De ce côté, les remparts sont dans un piteux état : les briques, rongées par le salpêtre* que contient la terre, tombent en poussière.

Aujourd'hui, premier de la lune, il y a marché au bourg de Ta-yiijg-kaï (^ ^ ^), situé à 15 lis à Fouest de la ville. ^^Uïs profitons de la belle journée et du peu de temps qui ^11 « reste à passer ici pour aller y faire une excursion. Dès le matin, les sentiers qui conduisent à Ta-ying-kaï sont encombrés de marchands ou d'acluîteurs ; sur celui que nous Sïiï^vous, il y a aussi de braves vieilles femmes qui, malgré

^ Pendant roccupation musulmane, le chef rebelle, ayant eu coumiissance do ^ '^i^ture de ce terrain, monta une espèce d'usine et y lit traiter les terres par Uvagtis; il en retirait ainsi une (luantité considérable de salpêtre, plus (jue suffiw^te pour ses besoins, et vendait le surplus aux chefs des environs. La ville P^^^ï Ma Ju-lung, voulant se procurer sa iM)udre lui-même, lit c(mtinuer cette exploitation, qui a été abandonnée depuis.

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la Hriuffraiice que la marche cause à leurs petits pieds, s craignent pas de faire à pied 10 à 15 lis pour aller s'a] provisionner au marché. L'entrée du bourg présente un aspe bizarre : les uns mènent des buffles, des l>œufs, des cocboi ou tout autre animal domestique, les autres portent des chaise des tables, des armoires, etc., d'autres encore des céréal ou des graines de semence. Les chaudronniers, avec leu soufflets et leur attirail d'outils qu'ils portent sur Fépaul ne manquent pas une si belle occasion.

Dans les rues, chaque catégorie de marchands a sa pla* désignée d'avance par le mandarin préposé à Toctroi. To ce que produit le district figure sur le marché, depuis buffle et le i>orc jusqu'à l'oiseau qu'ils appellent Hua-m (Wt M) ^^ ^1^^ 11^^^ connaissons en Europe sous le n(i iVaUmette de Mandchoiirîe. On y trouve aussi des caill vivantes qu'ils gardent à l'abri de la lumière pour les fai battre entre elles; ce genre d'amusement est très en vogi et sert quelquefois de prétexte à de gros paris. En fait < tissus, nous ne voyons aucune marque européenne, mais 1 pièces de cotonnades^ appelées Ho-hsi-pu (|f^ g| ^), do la longueur est environ de trente pieds chinois sur un c large et qui valent 1 taël à 1 taël 30 (7 fr. à 9 fr. 10 c sont en grande faveur. D'après les renseignements que noi fournissent quelques marchands et le mandarin de l'octrc il arrive d'Europe peu de lainages et de cotonnades, h marchands allant eux-mêmes, faire leurs achats à la capital Sur un banc, parmi des capsules avariées, des aiguilles e ropéennes et une foule d'objets de quincaillerie chinois nous apercevons quelques boites d'allumettes étiquetées Safc

^ Les cotonnades du district de Ilo-hsi-hsien sont renommées dans toute province par leur finesse ainsi que par la durée et la régularité du tissage.

RETOUR A HSIN-HSING. 125

matchy de provenance allemande; on en demande 50 grosses aapèques par boîte avec garantie que chacune contient quatrevingts allumettes; afin d'en connaître le prix réel, nous les faisons marchander par nos Chinois, qui les obtiennent à 35 g^randes sapèques.

Au milieu de cette foule affairée, les Chinois, les I-jên et

les Musulmans présentent un aspect original. Pour la seconde

fois, il nous est donné d'examiner avec attention les I-jên:

<*es montagnards descendent dans les plaines pour vendre

dos pommes de terre, du sarrasin, du maïs, du charbon de

l>oÎ8 et quelques arbres et bois d'agriculture dont ils se

8^i^"vent pendant la morte saison. Les mœurs, les coutumes

^t le langage de ces tribus diffèrent entièrement de ceux des

GliÎTiois. Parmi les villages bâtis sur les hauteurs qui bordent

^^ plaine de Hsin-hsing, on rencontre des Lo-lo noirs, qui

^"î^nnent des montagnes situées au nord de la capitale ; mais

l^nr nombre est si restreint qu'on ne saurait les confondre

^vec les indigènes de ces districts. Les femmes Lo-lo, de

^ï^Ciiie que celles du nord, sont robustes; elles courent les

foires, chargées comme des betes de somme, et aident leurs

lïiaris dans les travaux des champs.

Dès que le soleil décline à l'horizon, les débitants empilent leurs marchandises et chacun se dirige paisiblement vers sa demeure ; le départ du marché est aussi curieux que ^arrivée. Ceux qui se sont attardés dans les fumeries d'opium ou dans les cabarets causent avec bruit en marchant et quelquefois même perdent l'équilibre.

A notre retour, Ma Chiuig qui nous attendait, nous informe que Ma Ju-lung, ne pouvant revenir en ville, nous prie d'aller le rejohidre.

12C I»E YfX-NAN-rU A HSIN-nSI»;.

Xoîu; qnitt^nii^ Hj!iîn-hi?nig-<-hoii nn jour de la première lunfmars IsTl l à deux heures de rapres^-mîdî. La route passe pendant 10 lis enviivin. à Test de la plaine, en partie ei friche. Encore des vQIages en mines et. à chaque passag important des fortins pour en défendre les abords. Non montons une colline en pente douce, qui sépare la plaine d Hsin-hsing de celle de Hou-i-hsiang. Sur cette hauteur, le habitants du district ont établi une espèce de camp retranche où ils entretiennent à leurs frais un certain nombre de sol dats pour défendre Taccès de leur territoire contre les rebelle de Hsin-hsing: grâce à cette pR^aution. ces derniers n'or jamais pu pénétrer dans ce petit pays.

Sur le versant méridional de la colline, un paysage ravi.* sant se déroule devant le voyageur : les montagnes presqu pelées qui bornent la plaine font place à des érainence très boisées: chaque village est masqué par des massifs d verdure; de longues et sinueuses rangées d'arbres indiquer le cours des ruisseaux : partout la campagne est parfaiteraen cultivée. Au débouché d'un vallon, nous arrivons au ^^llag de Ku-chêng ( -jj^ |JJ). Les habitants ont profité de sa j>osi tion élevée pour y élever des fortifications. Tout y est propr et en ordre: la population, de race homogène, se conij>os de 40 à 45 familles, qui paraissent jouir d'une certain aisance.

Wu Kuan-shih (j^ ^ ^), informé de notre arrivée, non reçut très cordialement et se mit à notre disi>osition. Ayaii appris notre désir de voir ila Jn-lung, il nous dit que 1 général avait quitté ce village depuis quelques jours et s'ol frit à nous accompagner jusqu'à Liang-haï-ts'un, lieir d son quartier général. Bien que la distance qui sépare le deux IiK^alités ne soit que de G lis, il était nuit quand non

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