IJ ANG-HAÏ-TSTN
atteignîmes le village. Dès que nos cartes lui eurent été présentées, Ma Jn-lung lui-même vint nons recevoir à la porte arec rnie amabilité et nne bonhomie rares chez un fonctionnaire chinois. A peine avions-nous eu le temps d'échanger les politesses d'usage et de lui faire nos compliments sur le succès qu'il venait d'obtenir contre les rebelles, qu'il nous pria de passer dans un local voisin, oii il avait fait servir on repas. A dix heures, pensant que nous avions besoin de repos, il nous accompagne jusqu'au logement préparé à notre intention.
Wang Tu-ssù, dans la maison duquel nous recevons l'hos-
Pîtalîté, est le chef immédiat des I-jên de tout le district.
^ïi père, originaire de Nan-king, descendait d'un de ces
noTOl)reux soldats de fortune qui, durant le seizième siècle,
^ attachèrent au conquérant Wu San-kuei et, par la suite,
^ établirent dans le pays. En récompense des services rendus
J^^îs par ses ancêtres dans la soumission de la province, le
ffoiivemement impérial octroya à sa famille le titre héréditaire
^*^ Commandant (J^ ^). Ce chef, îlgé seulement de vingt-
^^^cj ans, quoique habitué à vivre au milieu de ses subor-
^^^nés, a des manières très distinguées, la physionomie
^^"^nante et douce; son teint plutôt pâle que bronzé lui
^ ^"^ne on air féminin, et il est si timide qu'il répond à peine
^^^ questions qu'on lui adresse.
XiC village de Tung-shan, qui sert passagèrement de quar- ^^^ général à Ma Ju-lung, n'est distant que de 30 lis de ^ ^Xng-haï, l'un des foyers de la résistance des rebelles; malgré ^^ dangereux voisinage, la population de la vallée de Liang- "^^-ts'un, où nous avons provisoirement fixé notre résidence, ?^Taît peu s'occuper de ce qui se passe autour d'elle et Continue H vaquer à ses occupations journalières. Après n'avoir
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eu sous les yeux que le spectacle des ravages faits par la guerre civile, ou est heureux de les arrêter sur ces endroit» favorisés. Dans les hameaux de Ku-ch'êng, Tung-shan ( j^ \}\\ Liang-haï-ts\in (^ j^ j^ij-), Hun-shui-tan (j$;|C^), et<;., les maisons sont en bon état et bien construites.
Depuis quelques jours, on fait de grands préparatifs pour célébrer la fête de Ma Ju-lung, qui se trouve être le 24 de la première lune. La coiu- de la maison qu'il habite a été transformée en théâtre ; tous les jours, des wei-yuan^ envoyés l)ar les hautB fonctiomiaires ou par ceux que les affaires retiennent chez eux, apportent des lettres et le cadeau traditi(mnel, dont la valeur varie selon le rang et la fortune du donataire. Comme il est impossible au général de recevoir tous les fonctioimaires qui accourent à l'envi pour lui présenter leurs compliments, une tente particulière a été dressée à l'entrée de la porte, et là son aide-de-camp reçoit les visiteurs et fait inscrire leurs noms sur un livre destiné à cet usage; les cadeaux sont mis de côté et marqués du nom du donateur. Cette cérémonie terminée, les Wsîteurs sont introduits par des officiers dans la salle du banquet; autour d'un grand nombre de tables ils prennent place à un repas, dont le service continue toute la jouniée ; pendant ce temps, une troupe de comédiens joue siu- la scène improvisée les pièces en vogue. De tous les coins du district les paysans et les montagnards sont venus en foule, non pas précisément pour offrir leurs hommages à Ma Ju-lung, mais bien pour assister aux représentations théâtrales, dont tout le monde raffole. Les rebelles aussi veulent profiter de la fête du général pour obtenir des conditions moins dures, car ils ont député des notables pour faire des propositions, qui ne sont pas acceptées ; le général ne les accueille pas moins