SÉJOUR A TUNG-SHAN
^ec cordialité et, pour se montrer plus libéral avec eux
fa ne Test en réalité, il les invite à passer la journée à théâtre. La semaine de fêtes terminée, chacun retourne
ses affaires, et Ma Ju-lung lui-même va planter sa tente ta milieu de ses troupes afin de hâter les opérations mili- ^teires.
Durant notre séjour dans ce disti'ict, nous profitons de Fobligeance toujours empressée de Wu kuan-shih et de Wang tu-ssû pour aller visiter les mines de fer des environs. A 10 lis au sud de Tung-shan, dans une gorge rocailleuse au fond de laquelle coule un petit ruisseau, nous trouvons deux exploitations abandonnées depuis quelques années ; le minerai d'oxyde de fer qui se montre à l'entrée de la galerie supérieure parait de très bonne qualité et, d'après le dire des I-jên qui habitent près de là, la couche en est considérable. Le manque d'argent et le besoin d'une force motrice plus puissante ont fait abandonner les travaux. D'autres gisements à peu près semblables sont dispersés dans les environs, mais aucun d'eux n'est exploité.
Notre intention étant de visiter les fabriques d'acier de Lao-ln-kuan (^ '^ H) ^^ n'étant retenus par aucune affaire importante, nous décidons d'entreprendre cette excursion. Wu kuan-shih nous remet les recommandations nécessaires pour les localités que nous avions à traverser et nous envoie des guides.
De Tung-shan à Hsi-O-hsien (^ ^ ^) on compte 35 lis. La route, au sortir du hameau, se dirige vers l'ouest, traverse une partie de la plaine et contourne la base d'une colline dans un vallon planté d'arbres fruitiers; parmi les poiriers, pommiers, cerisiers, pruniers, pêchers, etc., nous
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renwirf|TiOTw de» chàtaîgnien^. le^ premiers que nocLs voyons 'ItrpTiw notre arrivée aa Yun-oan. Aa Djiimanr île la colline, nf>iw arrivons aa bameaa de Han-^^hni-tan '. *L>nt le:* mais^ins ATint en jrrande partie dUpiji^ées de façija à abriter les chevaux de pai^Ha^e: nn bureau de d«>oane. liiri^ par un mandarin de Ma Ju-Iung. perçoit le* Aïoité àur Ie« man^hanilisïes en traniiit
En ï^^irtant du village, on ne tanle pa» à monter les col- Hneii siur le^quelle^^ quelques carrières de pierre à plâtre ont <H<' exploitées et abandonnées pour d'autres plus pn^ductives, situées un peu plus à Touest. La route est assez accidentée: par d jiar là, dans les vallées, on traverse des villages d'I-jén et partout on croise des groupes d'aborigènes chargés de provisions qu'ils portent au marché de Ku-chéng: une femme, entre autres, tient à la main un magnifique faisan lady Aniherst qu'elle refuse de nous vendre sous prétexte qu'il est destiné au Tu-ssû de Tung-shan. Nous déb«>uchons bientôt dans une jolie vallée où tout a conservé l'empreinte sévère de» luttes que le peuple a eu à soutenir contre les bandes de maraudeurs; les cimes des mamelons sont encore hérissées de fortinn, les maisons situées à l'entrée de la vallée sont entourées d'un système de défense, et des meurtrières sont pratiquées dans les murs. Tous ces travaux, nous disent les habitants, ont été élevés contre les rebelles de Tung-kbu, qui, prévenus quelquefois par leurs espions du passage de grands convois venant du sud, se postaient dans les gorges, tuaient les muletiers et emmenaient chez eux bêtes et charge-
' (.'o hamcAii est situé sur la grand'route, qui va directement de Tuan-chiang  IlHiii-liHin^ et de là à la capitale. La douane, de même que toutes ceUea du dlMtrict d(; Hnin-liHin^, a été établie en 1870 par Ma Ju-hing pour faire face aux {\é\mm*H de sou exjwdition contre cett€ dernière ville.
IISI-0-IISIEN. 131
trente; Os trouvaient ensuite à placer le produit de leui-s Tapines sui* les marchés des emirons.
Les collines entre lesquelles nous chevauchons sont couvertes de jeunes sapins ; dans les has-fonds, les terrams sont iacnltes et la population des villages est clair-semée. La Wlle, comme toutes celles de la province, est bâtie à l'exfrémité d'une petite plaine très productive; une rivière qui rfcseend des montagnes de l'ouest et qui confond, un peu plus bas, ses eaux avec une autre venant de Hsin-hsing, c^oiitînue sa course vers l'est et passe à Ciri-clnang-paï. Les remparts de la cité sont en terre et mal entretenus; à l'inte^rîeur, les habitations sont en partie en ruhies. Quoiqu'elle n'a-ît pas été occupée par leç rebelles, elle a eu à lutter contre eux, et les musulmans n'ont jamais pu s'y établir. l-*si population, composée en grande partie d'I-jen, paraît très laborieuse et s'occupe activement, outre les travaux des eliaxiips, de l'industrie du fer; celle-ci est en grande réputation ^îiris la province pour les grosses pièces en fer forgé qu'elle travaille* ainsi que pour la quantité des forgerons qu'elle emploie.
Depuis le début d<*s hostilités, cette ville a toujours été gouvernée par un chef I-jcn appelé Li Taï (^ fjj ) et par son frère Li Chung (^ ^). Les rebelles, repoussés du cœur de la province, et les chefs ne voulant pas se créer de difficultés avec les autorités provinciales, reconnurent ce mandarin jusque là resté passif, et peu à peu tous les intransigeants
' Ce que les Chinois appellent de grosses pièces sont simplement de grandes barres cylindriques de 5 à 8 centimètres de diamètre et d'environ 2 mètres de long, an bont desquelles sont soudées de grandes lames plates en forme de couteaux. Ces couteaux, dont le poids varie de 150 à 300 livres chinoises, sont employés {wr les mandarins de Tarmée. C'est en pratiquant l'exercice de ces espèces de hallebardes et celui de l'arc qu'ils obtiennent les grades militaires.
132 I>E Tf5-N'Ay-FU A ftSCÏ-H.SÎNG.
rentrèrent dans le devoir. Cependant, bien que n'exerçant pln.^ la dictamre, Lî Taï n'en a pas moins conservé un^ notable influence snr la pi>pnlation et dans beaucoup cL* eîrconstances, le Chîh-Lsîen a recours à son intermédiaire.
Jyhi notre entrée en vflle, un milicieu. auquel nous demai" dons de nous indiquer la demeure du chef, s'ofl&re luî-mêna à mius conduire et à annoncer n4)tre arrivée. L'ex-dictatet de Hsi-O était en train de fumer de Topium; malgré rino| portunité de notre visite, fl tînt compte des recommanda tions de Wu kuan-shih, nous reçut avec aménité et vouIk: absolument nous garder à dîner: sur notre désir de reparti aussitôt que possible, il fit écrire une lettre qu'il nous remr pour le Kuan-sbih de Lao-lu-kuan. En prenant congé, i nous fit promettre de passer une journée chez lui à notr retour.
Nous sortons de la ville par la porte du sud pour aile traverser la rivière, un peu en amont, sur un pont de pierrt long d'environ une centaine de mètres. Nous quittons lî rive droite de la rivière pour sui^Te mi autre cours d'eau qui coule encaissé entre des montagnes, dont les flancs taillé à pie nous rappellent les gorges du Ssù-chuan. La physio nomie de ce site sévère ne manque pas d'une certaine gran deur. Après une quinzaine de lis de marche, les pente deviennent moins abruptes et le paysage s'égaie un peu; le hauteurs sont boisées et de temps à autre, dans les clairières nous trouvons des villages d'I-jên et des roues hydraulique qui mettent en mouvement des meules à décortiquer le riz des champs en culture, que nous avions perdus de vue depui Hsî-0, s'étendent de chaque côté du ruisseau; et dans le champs, hommes et femmes sont activement occupés à rei trer la récolte. Le cours d'eau que nous suivons est trt
tortueux, de sorte que, par moments, nous entendons le bourdonnement de voix humaines sans apercevoir personne. A la jonction de deux ruisseaux, nos guides ne savent quel chemin choisir. Sur l'indication d'une femme Lo-lo, nous loittons le torrent pour suivre le lit d'un ruisseau desséché. Li» vallée s'élargit pour se rétrécir ensuite avant d'arriver i Lao-ln-kuan. Les habitants de tous ces parages, à peu l'exceptions près, sont I-jên.
Nous sommes à Lao-lu-kuan à quatre heures. Le Kuan- »liîh, prévenu de notre arrivée, nous fait les honneurs de la Maison commune. Ce village, situé près d'un ruisseau, entre les montagnes dont les parois sont presque perpendiculaires, présente un aspect misérable. Une suite de fourneaux éta- Wîs pour le traitement de l'acier s'échelonnent sur la rive gatiche. Les maisons, au nombre de cinquante à soixante, *oiit construites en briques séchées au soleil et couvertes presque toutes de toitures plates en forme de terrasses. Le haineau tout entier, y compris les ouvriers et les cultivateurs, "^^ compte pas plus de cinquante à soixante familles, dont ^Î3c à peine sont chinoises ; le reste est de la race des I-jên. I-'^s habitants, malgré le manque d'air et la chaleur exces- **ve qui règne au fond de ces défilés, ne paraissent nulle- ^*^^iit incommodés. Durant le jour, le calme n'est troublé ^^e par le bruit intermittent des clapets du soufflet des ïOTumeaux en marche. Ces machines soufflantes sont disposes pour être mues par une chute d'eau, mais comme le aisseau est presque à sec, chaque soufflet est mis en mouve- ^^nt par deux ou trois femmes Lo-lo qui, tout en faisant Ï^Yconrir au piston toute sa coui-se, chantent à l'unisson des ^pèces de complaintes aussi lugubres que monotones. Les forgerons, fatigués par une nuit de travail pénible, dorment
AfrH r-ouprt (le iiiarteau jiur le W«x- «le métal êrincelant. C( ouvrierii. [ire.V|iie tous I-jéii. .s«»nt nus jusqu'à la ceîntun leur jfcau est si endurcie à ces rudes travaux qu'ils semblei pre^^iue inHf^nsibles aux étincelles ou aux scories qui à chaque -^ instant viennent 1rs atteindre: ils se contentent de jwrter 1^^ main à l'endroit lésé et tout est tini. Toute la nuit règn^^ la même activité; mais aussitôt que le jour parait, les forge^^ H étei^iient et cliacun rejçafrne sa chaumière, où il va chercher^ le re|K»H.
I^e Kuan-shiti, dont nous n'avons qu'à nous louer, est^ jirévenant au ]K)Ssîble; sur notre désir d'aller visiter les -^ galeries d'où Ton extrait le minerai traité dans le village, il se |>ro]Hme pour nous accompagner.
Les exploitations sont situées à 20 lis du hameau, et \yo\\r y arriver il faut suivre un sentier ti'ès accidenté et pénible. Nous faisims halte devant un trou de 1° de large environ sur r",sO de profondeur; il paraît que cette galerie est la plus productive. Le percement, ouvert sur le flanc de la montagne, y pénétre sur une inclinaison approximative de 15 h 18 degrés. Le filcm de minerai est très puissant et offre jMir ])lac(»s des couches épaisses; rextraction n'en est pas précisément difficile. Les travaux paraissent être con- (luitH avec lenteur; il est vrai que le traitement (que nous exposerons dans un cha])itre spécial) est assez long; et, de plus, les proiiriétaîres de fourneaux, n'ayant pas de grands
débouchés pour leurs produits, à cause des frais de transport, ne font extraire le minerai qu'au fur et à mesure des coinmandes. L'acier que fournit ce district, d'une qualité relativement supérieure, n'est pas exporté au-delà de la capitale, toujours pour la même (rause : les droits de douane. Sauf cette industrie, qui, de l'aveu des intéressés, serait peu lucrative, et la canne à sucre qu'on cultive sur une grande échelle dans la vallée de Hua-nien, le district ne produit rien d'autre susceptible d'exploitation. En certains endroits, et surtout aux environs de Lao-lu-kuan, la contrée ^»*t très montagneuse; toutefois les vallées, {>râce à l'infatigfîible ardeur des indigènes, produisent un peu plus de céréales <iue n'en consomme la population.
La grande route de Yuan-chiang, délaissée depuis la rét^^llîon, reprend son ancienne activité; chaque jour nous voyons ^l-éiîlcr des caravanes qui apportent du coton et d'autres marchandises du Laos dans la capitale ou les villes de l'est, ^^ndis que d'autres, suivant la direction inverse, descendent v^rs le sud, chargées de toutes espèces de produits qu'elles vont échanger avec les peuplades de la frontière. Ces jours derniers, il est passé plusieurs troupes, de soixante hommes cLacune, qui transportent de la por(*elaine à P'u-erh-fu et recevront du thé en échange. Dans toute cette région les indigènes emploient les bœufs comme hétcs de somme pour Jes fardeaux de toutes sortes; ils les hanuichent à peu près k la manière des chevaux et obtiennent de ces animaux, qui ont le pied plus sûr que ces derniers, un excellent service dans t4)us ces sentiers de montagnes.
Notre intention était de pousser cette excursion jusqu'audelà de Hsin-pmg, où l'on nous avait signalé des gisements d'oxyde de cuivre, du charbon, de la galène et du fer; mais
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n'ayant reçu, depuis notre départ, aucunes nouvelles de Tungkou, nous résolûmes de retourner à Liang-haï-ts'ung, e^ ajournant l'exécution de notre projet à un moment plus fe vorable.
De retour dans ce \illage, nous reçûmes de Ma Ju-luc l'invitation de nous rendre au quartier général. Là, fau^ de maisons, notre hôte nous offrit une partie de sa tent^ La campagne se poursuivant avec activité, il nous fut permfc pour la première fois d'être témoins de la résistance opiniâtr des musulmans : ces fanatiques, embusqués dans les raviné se laissaient décimer par les Impériaux plutôt que d'aban donner leiu-s positions. Le village de Hsiao-tung-kou, qu'ils avaient forcé de faire cause commune avec eux, n'attcndai qu'une occasion propice pour s'en détacher; en effet, peu d< joiu's après notre arrivée, les notables envoyèrent, pendan la nuit, leur soumission, qui fut acceptée. Le lendemain dix-huitième jour de la deuxième lune (8 avril 1871), Mî Ju-lung prenait possession du village, à la grande conster nation des rebelles.
Nous profitâmes de notre séjour dans ces parages poiu aller visiter les villes des environs : Chiang-ch'uan, T'ung haï et Ning-chou, dont les territoires, du reste, ne présenten rien de particulier. Si l'on en excepte quelques gisemenfc de fer, des traces de houille et des amas de kaolin, cett< zone n'est pas intéressante au point de vue minéralogique Nous signalerons pourtant de nombreux gisements d'argih près de Ning-chou : elle sert à fabriquer dans le pays un( quantité considérable de poteries fort estimées dans toute h province.
Le 15 juin 1871, nous nous mîmes en route pour des cendre à Hsin-hsing-chou. Depuis vingt jours déjà, la saisoi
RETOUR A HSIN-HSING. 137
des pluies avait commencé; de tous les côtés les simples
ruisseaux étaient transformés en torrents impétueux. Dans
les plaines, toutes les communications étaient interrompues;
Jes cours d'eau avaient renversé leurs digues et des champs
entiers étaient devenus leur proie. Les pluies, qui, cette
année-là, se succédèrent pendant cent sept jours, détruisirent
une grande partie des récoltes.
Dans la capitale, le vice-roi et le Fu-faï, afin de mettre
obstacle à l'irruption des eaux qui avaient inondé non-seule-
meont la plaine, mais la partie basse de la ville où un gi'and
nombre de maisons s'étaient écroulées, décidèrent dans leur
haute sagesse, que le dragon noir de la source, que nous
con.naissons sous le nom de Hei-lung-fan, étant la seule
^axise du fléau, il était urgent de le contraindre par la force
^ X"entrer dans sa tanière. En conséquence, ils quittèrent la
^^I^itale en grande pompe, accompagnés d'une forte escorte
*^^.Snant à sa suite deux canons pour bombarder le dragon
^^ Vielle; arrivés dans l'endroit suspect, les artilleurs exécu-
ent leurs ordres et tirèrent pendant deux jours sur cette
ce bouillonnante. Cette ridicule démonstration n'eut, cela
sans dire, aucun résultat; et pourtant elle suffit à con-
^-încre le peuple et les mandarins qu'on avait ainsi prévenu
^^^ plus grands désastres.
Retenus dans le village de Ta-ying-fou, situé dans la t^l^iine de Hsin-lising, pour y surveiller l'établissement d'une ^^^nderie de canons et d'une fabrique de munitions de guerre, ^^ ne fut qu'au mois de novembre 1871 que la marche ^^tisfaisante des travaux nous permit de continuer notre excursion jusqu'au-delà de Hsin-ping-lisien.
Nous quittâmes Ta-ying-tmi par ime journée claire et une température très douce. Sur notre parcours jusqu'à Lao-lu-
138 I>K YCX-NAX-FL' a HSINHSIXG.
kuaii iioiw trouvâmcft les cliefs ou Kuan-shih aussi prévenants (|ue par le passé. La population de ce deniîer village, si calme criiabitude, était un peu alarmée : la peste venait de se montrer dans le voisinage et avait déjà fait quelques victimes. Le Kuan-sliîli se préparait à aller camper sur les hauteurs; aussi nous engagea-t-il de toutes ses forces à quittiT ces parages malsains et surtout à ne pas passer outre, car, nous dit-il, le fléau sévit sur toute la route. Malgré ses assurances, nous décidâmes de continuer notre voyage.
Kn sortant de Lao-lu-kuan, la route s'élève sur les hauteurs, (»lle est étroite et pierreuse. Nous croisons plusieurs caravanes chargées de coton et de thé de P\i-erh-fu; des convois de bœufs ([ui rapportent du sucre de Hua-nien à Ilsi-O, Le chemin est quelquefois si resserré qu'il est dîf- — ^ ficile de faire place aux voyageurs. Sur les plateaux, autant :* J que la vue peut s'étendre, on aperçoit un massif de mon- — i tagnes, entrecoupées i;h et là de gorges profondes qui faci- — i litent récoulement des eaux. Dans les bas-fonds la végéta- — ^ tion est vigoureuse, tandis ([u'elle est à peu près nulle siu* ^^^ les sommets. Les 1-jcn, presque les seuls habitants de eette;:^ ---région, tirent un bon parti de la canne à sucre. Après avoir:, traversé (luelques bourgades insignifiantes, au centre d'ui vallée en pleine c^ulture, nous faisons halte, dans l'aprè ^. midi, sur un petit plateau oii Therbe encore fraîche enga: ^^-c> nos muletiers à faire rejuiser leurs bétes.
L'autre partie de la route jusqu'à llsin-pmg ne pi^^'^^c^^ -j^f
rien d'intéressîuit. Cette dernière ville, construite à pevv /
cluKse près sur le modèle de celles que nous connaisseur^
siius impi^rtance au point de vue administratif. De ^^ ^
■ ^>ii'me
que ses voisincvs, elle n'a pas été é|ï;^rgnée \^\t la r^^W^^ii-
et. de plus, si*s chefs, non contents d'avoir eombs^^^ ,
^^^*^u les
HSIN-FING. 139
Musulmans, en vinrent aux armes pour des questions péronnelles. Au moment de notre passage, la querelle était terminée, cependant chacun n'en restait pas moins sur le qui ^ive. Dans tout ce district, les I-jên sont les plus nombreux. Ihe grande partie des familles chinoises que la révolte a chassées de leurs foyers n'y sont pas encore rentrées. Le ^1 de ces vallées, que favorise une chaude température, est partout fécond, et les habitants paraissent y réparer prompte- ^^nt leurs pertes.
n est très difficile, malgré les lettres qui nous recom- 'ïiaiiclent expr^sément aux notables de l'endroit, d'obtenir ^^s renseignements précis siu- les gisements métallifères qui '^oiis ont été signalés; il règne une telle incohérence d'opinions à ce sujet que force nous est de repartir sans avoir ^^ <•
1*1 en pu obtenir de précis.
Ainsi que les jours précédents, la route est pénible et étroite; tous les villages que nous traversons sont peuplés ^^^I-jên, auxquels sont mêlés quelques Pa-i. Vers le milieu ^e la journée, im accident nous oblige à retourner siu- nos pî^s : un cheval monté par un petit mandarin qui nous accompagne s' étant abattu, son cavalier a été jeté à terre ^Vuîie façon si malheureuse qu'en tombant il s'est démis le genou droit. Les soins que nous essayons de lui donner ne calment pas ses douleurs, et il faut envoyer au village le I>liis proche pour faire fabriquer une litière, qui permettra lie transporter le blessé. Les paysans se font un peu tirer l^oreîlle pour s'engager comme porteurs, et ce n'est qu'en doublant le prix ordinaire qu'ils acceptent cette corvée. De retour à Hsin-pmg, notre malade reçoit les premiers soins d'un charlatan, qui se qualifie de médecin. Soit confiance en ce prétendu disciple d'Hippocrate, soit tout autre motif.
140 DE YCN-NAN-FU A HSIN-HSING.
il finit par cesser ses lameutations, lui qui se croyait mort quelques heures auparavant.
Cette ville, qui paraît tout à fait morte, prend un peu d'activité les jours de marché; on y trouve des écuries spacieuses, destinées aux bêtes de somme des caravanes qui la traversent. Dans un de ces mortien (auberges-écuries), nous apercevons quelques balles de coton et du thé de P\i-erh-fu. D'après ce que rapportent l'hôte et les marchands qu'il loge, le coton s'est vendu sur le dernier marché T^ 22 (154 fr.) le picul, soit 100 livres chinoises, environ 60 kilos. Ces marchands, à qui nous demandons de nous expliquer la différence de ce prix avec celui de l'an dernier, assurent que la récolte a été excellente dans le sud et qu'en outre, le nombre de chevaux circulant entre la frontière et les villes de la province ayant beaucoup augmenté, le prix du transport qui était de T^ 0,45 (3 fr. 15 c.) par jour est maintenant réduit à T^ 0,30 (2 fr. 10 c). Nous ne voyons pas de cotonnades européeimes ; presque tous les Chinois qui nous entourent sont vêtus en cotonnades tissées dans le pays ; quelques-uns portent un veston en drap d'Europe, mais ils sont rares. Un Kuan-shih, qui avant la rébellion s'est beaucoup occupé des mines, nous signale un gisement de galène argentifère au sud de la ville, dans les montagnes, et regrette que le manque de bras l'empêche de l'exploiter.
En passant devant Hsi-0, Li Taï, dans la demeure duquel nous nous arrêtons quelques instants, paraît désolé de l'insuccès de notre excursion. Afin de soulager nos porteurs, il nous en donna quatre de plus, qui, malgré la différence de langage (c'étaient des I-jên) s'arrangèrent bien vite avec les nôtres. Nous rentrâmes à Ta-ying-t'ou sans
RETOUR A HSIN-HSING. 141
fiien de nouveau n'avait eu lieu depuis notre départ. Ma Ju-Iung, guéri de sa blessure, était parti pour Tung-kou, oô ses troupes, par la négligence des chefs, avaient été battues.
DE HSIN-HSING A FA-CHTJNG.
^Janvier 1872. — Un mois après notre retour, un mes- ^^^e, venant de la part du directeur et propriétaire de la ^ï^îne de fer de Fa-chung, nous apprit que, les pluies ayant ^«ilommagé une partie des fours à charbon, les I-jên deman- ^^^-îent des avances pour faire les réparations nécessaires; ^'tt^, sans cela, il allait être forcé, faute de provisions de "OuîUe^ d'arrêter la fourniture de fonte. H nous priait, en Conséquence, de nous rendre sur les lieux pour régler cette
provision de fonte de l'arsenal étant presque épuisée, *^oiis nous rendons sans retard à son invitation. Mais le iarin, qui nous a accompagnés une première fois dans ^tte localité, semble fort ennuyé d'avoir à recommencer ce
^ous quittons Ta-ying-t'ou de bonne heure et traversons
^ plaine pour prendre les montagnes qui la bordent à l'ouest ;
^ ^ïïxontée est si raide qu'il est difficile de se tenir à cheval,
** encore moins en chaise, comme nous l'avions tenté au
^^\>iit. Le pays, vu à vol d'oiseau, présente le même aspect
^Ue les endroits que nous connaissons déjà : toujours cette
^^Bse confuse de montagnes, qui se profilent à l'horizon.
*^^ïi8 les ravins, creusés par les pluies torrentielles, la végé-
^^on est active; dans les vallées et sur le plateau sont
142 I>E Y(ÎN-NAN-FU A HSIN-HSING.
dispersés quelques villages d'I-jên; ou retrouve ces iufatigables travailleurs partout oîi le terrain est susceptible de produire. Nous montons et descendons plusieurs chaînes de collines cultivées ou plantées de sapins et de chênes; nous rencontrons des bûcherons qui font du charbon de bois.
Le rainerai de fer doit abonder, car les lits des toiTcnts en contiennent tous. Dans chacun des villages que nous avons traversés depuis le raatin, il y a une ou deux ruches d'abeilles, particularité d'autant plus frappante que les fleurs font absolument défaut sur ces hauteurs. Il y a aussi des troupeaux de moutons, de chèvres ou de bœufs, et nous en avons vus qui, sous la garde d'un pâtre, paissaient l'herbe des montagnes. Chèvres et bœufs sont en général de petite taille; le mouton, bien que plus petit que celui d'Europe, paraît être de la même famille, car il n'a pas la queue plate comme celui du littoral chinois.
Après une fatigante journée de marche, nous arrivons à destination. Le village de Fa-ch'ung, qui s'élève sur le flanc nord d'une colline, est entouré d'une épaisse plantation de noyers qui dérobe la vue de ses maisons basses et étroites. Wang, le chef du village, bachelier militaire et propriétaire de l'usine, vient au devant de nous et nous oflre l'hospitalité. Il y a ici un mandarin militaire de notre connaissance qui régit un octroi pour Ma Ju-lung ; il perçoit des droits sur tous les articles de consommation qui entrent dans le district. L'heure trop avancée ne nous permettant pas d'aller à l'usine, notre hôte, fier de son administration, nous propose de visiter les environs du village. On ne saurait trop admker le zèle des I-jên, leur amour du travail et leur patiente industrie; dans les endroits secs, ils ont profité des eaux torrentielles pour kriguer leurs champs au moyen de grossiers aqueducs
ARRIVÉE A FA-CHTNG. 143
élevés sur les pentes des montagnes. Notre guide nons désigne à l'est du village une montagne, de laquelle il prétend avoir vu couler une rivière de feu qui allait s'éteindre dans le ruisseau. Cette historiette nous fait rire; mais les indigènes qui nous accompagnent, plus crédules que nous, pressent le Kuan-shili de questions sur le prétendu phénomène. Dans les idées superstitieuses de ce dernier, il était dû à quelque mauvais esprit et présageait des calamités prochaines; afin de les éloigner en même temps que leur malicieux auteur, les habitants n'avaient qu'à se réunh* tous ensemble en frappant sur leurs gongs avec le plus de vacanne possible.
De retour au village, un frugal repas nous attendait; du rîz blanc, mets de luxe dans les montagnes, un chapon, des légumes frais et salés, composaient le dîner. Notre hôte, selon l'usage cliinois, et malgré noti'c insistance, refusa de 8 asseoir avec nous à table et surveilla le service. A peine '* unit close, les paysans revenus des champs, poussés par ^ sentiment de curiosité, se présentèrent chez leur chef P^ur voir les étrangers; mais, comme nous avions à parler d^ifaires, les portes furent fermées et personne ne fut in- .^oduit
Le matin, au lever du soleil, nous nous mettons en route P^Ur aller visiter les exploitations. Malgré l'heure matinale, 4^elques habitants attendent notre sortie, nous adressent des ^^mpliments et s'informent si notre séjour se prolongera parmi ^^^. L'un des curieux, sachant que nous allions aux mines, » empresse de nous conter que, la veille, un mulet qui pais- ^it sur la montagne avait été dévoré par un léopard (Pao- ^), et que ces fauves étaient assez nombreux dans les en-
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Au sortir du village le chemin est des plus mauvais, et nos montures, bien que habituées à faire journellement la haute école, avancent avec difficulté. En haut, le terrain change complètement d'aspect; des montagnes aux cimes aiguës s'étagent, pour ainsi dire, à perte de vue. Dans ce« altitudes peu fréquentées croissent des arbustes et des chênes nains, dont les bouquets forment des fourrés peu élevés mais presque impénétrables. Nous quittons la route qui conduit à I-mên pour tourner à gauche, et bientôt après nous atteignons un plateau, couvert de jeunes sapins : c'est là le centre de l'exploitation minière de notre guide. Toute l'éminence sur laquelle nous faisons halte n'est qu'un immense amas de minerai de fer; quelques galeries horizontales ont été ouvertes et abandonnées ensuite pour l'extraction à ciel ouvert. Si l'on en juge par la direction des filons, on est porté à conclure (et les affleurements le prouvent) que le district entier recèle de riches dépôts de minerai de fer. Nous mettons pied à terre pour descendre, par un sentier en zigzags, jusqu'au fond d'un défilé, où gronde un torrent ; c'est en cet endroit qu'on a installé le haut fourneau afin d'utiliser le cours d'eau comme force motrice.
Le gibier paraît assez commun dans ces parages écartés; car, dans notre descente, nous avons fait lever plusieurs faisans lady Amherst, qui s'envolent à tire d'ailes et dont la longue queue en éventail cache presque tout le corps. Cette espèce d'oiseaux, qui se rencontre particulièrement dans les montagnes du Ytin-nan et au nord du Ssù-chuan, est d'un caractère très farouche; aussi ne les trouve-t-on que sur les hauts plateaux et dans les endroits sauvages. La poursuite en est difficile; ils courent parmi les herbes et se lèvent rarement à l'arrêt du chien; leur vol est très rapide et leur