‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 41 sur 174 · VISITE AU HAUT FOURNEAU · texte numérisé non relu

VISITE AU HAUT FOURNEAU

quelle, qui ne mesure pas moins de r",r)0, égare souvent

le tir (lu chasseur. Les I-jen, qui connaissent à foiul leurs

lial^îtiides, en prennent au lacet et les vendent au marché

pour la modique somme de 100 à 150 grosses sapèques

(environ 0%40 à 0^',50). Leur corps est hien moins gi'os que

celui du faisan ordinaire et leur chah* n'a pas gi*and goût.

I^liis has, à une cenfciine de mètres, un ouvrier de l'usine

110UB fait remarquer trois chèvres sauvages, qui cessent de

l^router à notre approche et s'enfuient en bondissant. C'est

la seconde fois, depuis notre arrivée dans cette province,

H^iiî nous avons occasion de voir ces animaux à l'état sau-

va^çe, mais trop loin pour essayer d'en tuer. D'après les

indigènes que nous avons consultés dans différents disti-icts,

ils vivent très retirés et par troupes; se tenant d'ordinaire

^lans Içs lieux les plus ina(*cessibles, ils s'approchent bien

rarement des habitations. A plusieurs reprises, nous avons

promis une bonne récompense pour la capture d'une de ces

^lièvres; mais il n'a pas été possible de les surprendre.

t>'iine taille semblable à celle de leurs congénères d'Europe,

^Ues ont le poil long et grisâtre, le corps élancé, le cou long

^t gros, les conies développées.

Nous arrivons à l'usine. Le fourneau, qui est la pièce la pins importante de l'outillage, est en pleine activité ; le soufflet marche au moyen d'une roue hydraulique ; quelques I-jén concassent du minerai tandis que d'autres préparent les charges de matière. Deux contre-maîti'es, tout en surveillant l'opérah'on, fument, suivant l'habitude générale dans cette provin(»e, des feuilles de tabac roulées en forme de cigare et qu'ils enmanchent dans leurs longues pipes.

Pendant notre visite, une troujie d'I-jén, hommes et femmes, apjiortent du charbon de bois, qu'ils déposent dans un hangar

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(le l'usine; le char])on, en bûches de 30 à 40 centimètres, n'est qu'à demi brûlé. Tous ces gens ont l'aspect misérable; la plupart sont en guenilles et n'ont même pas aux i)ieds de sandales en paille; certaines femmes portent, outre leur fardeau sur le dos, un enfant sur leur poitrine. Le charbon pesé et les comptes réglés, chacun, avant de s'en aller, tire de sa poche un morceau de linge, dans lequel est enveloppé le déjeûner, qui consiste soit en galettes de sarrasin, soit en riz rouge, qu'on fait gi'iller sur les plaques de fonte encore chaudes, en y mêlant du piment. Le maître désaltère ces pauvres diables à ses frais en leur donnant une infusion d'une herbe sauvage, qui croît sur les hauteurs et qu'on nomme Shan-cha (thé de montagne).

Les chefs des villages qui ont demandé des avances viennent s'entendre avec nous, et, après avoir entendu les explications qu'ils nous donnent sur la situation pécuniaire des montagnards, il est convenu qu'on leur accordera ce qu'ils réclament.

De retour au village et au moment de jiartir, des paysans des environs nous offrent du musc, au prix de T' 1,75 les deux bourses, prix d'autant plus raisonnable que, les bêtes ayant été tuées la veille, nous sommes assurés que la marchandise n'a pas été fraudée, comme il arrive si souvent quand on l'achète au marché.

Fa\ retournant à Hsin-hshig, nous laissâmes la voie que nous avions déjà suivie pour en prendre une autre au sud, qui nous permettait de visiter, en passant, des gisements de minerai de fer, situés seulement à 45 lis de la ville. A peine avons -nous fait 30 lis. vers l'est que nous tombons dans un hameau habité par douze familles d'I-jén; moyemiant rétribution, un guide nous conduit au milieu d'une ancienne

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exploitation. Le minerai en est de très honne qualité ; mais, paraît-il, la cherté du combustible qu'on était obligé d'aller chercher au loin, à cause du déboisement des environs, réduisait à rien les bénéfices. De cette mine, jadis florissante, il ne reste que le fourneau tout à fait hors de sei-vice.

Rien de nouveau n'avait eu lieu depuis notre départ de Ta-ying-tmi. Dans chaque village on commence à faire des préparatifs pour ' recevoir la seconde récolte qui, favorisée par une douce température, s'annonce sous de bons auspices. Le prix des céréales, qui avait sensiblement augmenté, diminue dès les premiers arrivages du sud, où la récolte est pins précoce. Le Chih-chou (sous-préfet), h qui nous faisons mite en passant à Hsin-hsing-chou, nous apprend que le gouverneur pour faire face aux exigences de la guerre, lui a donné l'ordre d'opérer des réquisitions en argent et en nature aw^i bien chez les I-jên que parmi les Chinois. Malgré tous les efforts du Fu-t'aï, Kuang-I n'avait pas encore été pris; VangYu-ko était le seul chef qui eût, dans l'ouest, remporté <|uelque8 avantages.

l^epuis cette époque jusqu'au mois de septembre 1873, la situation politique du YUn-nan changea tout à fait de face au bénéfice du gouveniement impérial. Dans le sud, l'entreprise du Fu-faï ayant réussi, Liang Shih-meï fut assassiné 'c cinquième mois. Cette partie de la province, jusque là î'estée entre les mains du dictateur, fut définitivement rendue ^ l'administration régulière. Dans l'ouest, llsia-kuan, cette forteresse naturelle que les troupes de Yang Yu-ko contemplaient depuis plusieurs mois sans oser l'attaiiuer, ayant été W^rée par le traître Tung Fei-lung, aucun obstacle sérieux ne Pouvait désormais empêcher les Impériaux d'avancer. Cette

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dernière victoire ehaugeâ le* deâseinâ du Fu-faï. Lui, qui avait juré de se venger d'une manière exemplaire de la réîsisjtanee héroïque des habitants de Kuang-I, tourna ses reganU vers l'ouest et se décida à offrir des concessions aux assiégés, qui capitulèrent ^

Bien que certains (Knnts de la province fussent encore •>ccn[>és par les reWUes, la cimliance dans Faveiiir commençait à renaître: les propriétaires, écartés pendant plusieurs années de leurs foyers, revenaient peu à |>eii, et bien des endroits, naguère déserts et en friche, étaient maintenant habités et mis en culture: c'est surtout dans les districts éloignés des grands centres que cette amélioration se faisait le plus sentir.

Nous allons intern>mpre le cours de notre récit i>our donner une esquisse historique du iiays que nous venons de parcourir et où nous sommes ap|>elés à résider pendant quelque temps.

' ViAr. ao cha|iitiv A*. K^ ilêtaib iinr la rêttelKoD musulmane.

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