LE ROI DE NAN-CHAO FAII' LA OUERRE AU TONG-KIN
li'empereur I-tsxing, dont le caractère débonnaire s'accommodait beaucoup plus de la société des bonzes que de celle des gnerriers, se contenta de changer ce gouvemem-, qui fit relâcher l'officier du roi et le renvoya à son maître en grande cérémonie. Ce fut peut-être pour reconnaître cet acte de justice qu'en 869 le roi du Ylln-nan envoya un ambassadeur à Tempereur ; mais à peine eut-il franchi la frontière du Ssfich uan, que ce dernier fut arrêté et mis à mort par Li Shihwang (^ 0Î0 ^), commandant des ti'oupes chinoises, lequel était un ennemi personnel du roi. Outré d'un pareil aifront, C*hitt-lung envahit le Ssû-ch'uan (870) : il s'empara des villes de Chia-ting (^ ^), de Yao-chou et alla jusqu'à Ch eng-tu-fu; rarrivée du général Kao-p'ien ("^ ^) avec des renforts V obligea de battre en retraite. Durant la seconde lune (874), Chin-lung mourut, après avoir ruiné ses états pour faire la guerre à la Chine.
Son fils Fa (^) lui succéda et prit aussi le titre de Imang-tL Maig, au rebours de son père, il abandonna à ses ministres le soin des affaires publiques et ne songea qu'à se plonger dans les plaisirs ; aussi l'un de ses premiers soins fut-il de conclure la paix avec son puissant voisin (875). Toutefois ce ne fut qu'en 881 qu'il se reconnut le vassal de la Chine. Comme marque de reconnaissance, Tempereur Hsi-tsung (^ ^) lui donna une princesse chinoise ^ en mariage. Son fils Shun-hua (^ >flj), qui monta sur le trône en 885, fut avide^ cruel et oppresseur, se fit beaucoup d'ennemis et finît par être assassiné par son ministre Chêng Maï-ssil (^ ^ |^). Comme il n'avait pas d'enfants, la famille de ]\Iêng-shih (^ ^), qui régnait au Yiin-nan depuis environ huit siècles, H éteinte (899).
' Voir le T'ung-chien-ka^vj-mu (M ^ )l8 B )*
Après la mort de Slmn-hua, plusieurs tribus se révoltèrent le pays tomba dans Tanarcliie. Chêng Maï-ssù, qui s'étaî emparé du pouvoir, réussit à rétablir Tordre; il prit le titr de Ta-chaiig-ho'kuo (^ ^ ^ S)* ^^^^ de notable n'ar riva durant son règne non plus que durant celui de son fil Chêng-min (^ ■^), qui dura dix-sept ans (910 — 927). Ai reste, la Chine était alors en proie à un trouble profond : à Is dynastie des T ang (^J, tombée violemment sous le fer d'ui soldat ambitieux, avait succédé une sorte de féodalité, et le; gouverneurs qui s'étaient rendus indépendants de l'autoriti centrale avaient trop à faire pour s'occuper des états tribu taires.
Chêng-lung (^ ^), fils de Chêng-min, régna un an à peine La première année du règne de l'empereur IVCn-tsung ( ^ ^) un mandarin de Tung-chuan (^ j||), appelé Yang Kan-chêi (^ f ]k)i du grade de Chieh-tu-ssù ' (||î ^ ^), le tm et proclama roi Chao Shan-chêng (^ ^ j^). Ce nouveai monarque prit le titre d^empereur et nomma son tenîtoin Ta-t'ien-hsing-kuo (^ ^ J^ S)* ^^^^^ ^^ mandarin qu l'avait porté au pouvoir, mécontent de sa conduite et du titr< qu'il avait pris, le chassa du pays (930), prit sa place et adopfc pour sa dynastie le nom de Ta-i-ning-km (^ ^ ^ @J En 936, le Chîeh-tu-ssù de Tung-haï (^ %\ appelé Tuai Ssù-pmg (H ^ ^), se souleva contre Yang Kan-chên e le chassa à son tour du trône; celui-ci trouva la mort dan sa fuite. L'année suivante, Tuan Ssû-p ing, devenu puissant prit le titre de roi de Ta-li et donna à son royaume l nom de Ta-li-kao (^ ^ H)* U établit sa cour à Yang
ï Mandarin spécial, dont les attributions étaient de veiller aux finances d la province qui était sous ses ordres; il avait aussi la direction de« aflfaire militaires.