TU AN SU-LUNG MONTE SUR LE TRÔNE DU YCN-NAN
ch'ieh-mieh-ch êng ^ (i^ ^ p^ ||J). Après sa mort (045), son fils Tnan Ssù-ying ( ^ ^ ^) lui succéda ; son règne fut marqué par les plus grands désordres. En 951, Tuan Ssûliang (^ ^ ^), son oncle paternel, le dépouilla, de la couronne et mourut peu de temps après, en laissant son fils Tuan Ssù-tBung (^ ^ flS) pour successeur.
Sous la dynastie des Sung (:7|^), la troisième année du règne de Fempereur Chao T'ai-teu (^ ^ jjg^), un mandarin nommé Wang Ch'ttan-pin (3Ë ^ J!^) fut chargé d'aller dans le Ssilch'uan comprimer une rébellion qui venait d'y éclater ; cette province apaisée, ce fonctionnaire proposa un plan pour la conquête du YUn-nan ; mais l'empereur, trop faible pour exécuter un tel dessein, y refusa son approbation.
970, avènement de Tuan Su-slmn (g^ ^ )|g). î>87, Tuan Stt-ying ( ^ ^ ^). Sous ce deniier prince, rapporte le Navchao-i-clmanj quelques tribus, qui, jusque là, avaient fait partie du royaume, s'en déta-chèrent et se battirent entre elles. — 1011, Tuan Su-lien (^ ^ ^). Ce prince régna quatorze ang et, à sa mort en 1025, le neveu de Tuan Su-ying, appelé TuanSu-lung (^ ^ ^), lui succéda. Peu de temps après, las des troubles continuels qui agitaient son pays, il abdiqua en faveur de Farrière-petit-fils de Tuan Su-lien, nommé Tuan Su-chên (^ ^ ^), ^t se fit bonze. Ce deniier eut, en 1029, son petit-fils Tuan Su-lising(gg ^ J^) pour successeur. Les tribus, épuisées par les guerres qu'occasionnaient les changements (le gouvernement^ se révoltèrent à la fois, et le désordre ftt porté au comble; renversé du pouvoir par le peuple, 'Tuan Su-lising ti'ouva la mort et fut remplacé par Tuan Ssû-licn
' n nous a été impossible de faire le rapprochement de ce nom; les vieilles cnroniqueg^ telles que Nan-chao-i-chuan, n'indiquent [»as sa position géographique.
(K ^B M)^ arrière-petit-fils de Tuau Ssû-piiig (1043); maii celui-ci, jugeant l'autorité royale un trop lourd fardeau, ab diqua en faveur de son fils, Tuan Lien-i (^ ||| ^).
Le nouveau roi envoya des ambassadeurs à l'empercu avec de nombreux présents. Il parvint, grâce à une ferm< et prudente administration, à étouifer ranarchie et à ramené la paix, et punit sévèrement ceux de ses subordonnés qu prétendaient se mettre au-dessus des lois; il fit aussi rentre dans l'obéissance plusieurs tribus qui jusque là n'avaien montré que de Tinsubordination. Un de ses ministres, Yanj I-chên (^ ^ ^), l'assassina en 1082 et usurpa le trône Le châtiment de ce forfait ne se fit pas attendre : au bou de quatre mois, un soulèvement général se produisit, et Ka( Chih - sheng (^ ^ ^), autre ministre du feu roi, fit donne la couronne au fils de Tuan Lien-i, appelé Tuan Shou-lui (^ ^ )|^), en 1086. Dépossédé à son tour par Kao Sliêug tai ("^ ^ ^) en 1088, il céda le pouvoir au petit-fils d Tuan Ssû-lien, appelé Tuan Chêng-ming (g| j£ 1^); ce der nier abdiqua en 1 100, et le peuple élut alors Kao Sbêug-f ai qui prit le titre de Ta-chung-km (^ ^ S)* Le fils d celui-ci, T'ai-ming (^ Ç)J), suivant les avis paternels, refus de lui succéder et désigna pour souverain le frère d Tuan Chêng-ming, nommé Tuan Ohêng-cirun (g| îE }^ qui changea le titre de Ta-chung-kuo en celui de Hou-U-ku
Sous l'empereur Hui-tsung (0 ^), le roi du Yiiu-nan eu voya une ambassade avec des cadeaux. En 1108, Tuai Chêng-chun abdiqua en faveur de son fils Tuau Chêng-yei (S jE J^)- Une nouvelle ambassade fut envoyée en 111/ à l'empereur, qui, en retour, octroya au roi de Yîin-nan L titre de Ta-li-kuo Wang (:^ 3l g 3E) ou rot de Ta4l. C
TJQAN CHIH-HSIANG. 169
à partir de cette époque que ce pays fut connu sous le nom de royaume de Ta-IL
Sons cette dynastie, la capitale de l'empire fut transférée plus au sud, dans le Cheh-cliiang (^ *^), d'où lui vient son nom de Nan Sung (^ 5|c)-
Le roi du Yiin-nan, se conformant à l'usage établi, envoya en 1140 à l'empereur Kao-tsung ("^ ^), en signe de vassalité, des éléphants et des chevaux ; ses ambassadeurs furent très bien reçus et retournèrent dans leurs foyers, emportant des lettres de remercîments pour leur souverain et des titres pour eux. En 1153, Tuan Chêng-yin, roi de Tali, abdiqua en faveur de son fils Tuan Chêng-hsing ( ^x jE 90- ^^^' liant son règne, il soumit plusiem's tribus qui s'étaient séparées du royaume et répara en partie les pertes que les guerres de ses prédécesseurs avaient fait subir au pays. A ^ mort (1169), son fils Tuan Chih-hsing (g^ :^ Jgt) lui succéda. Obsédé par les Tu-fan qui menaçaient de lui dé- ^Wer la guerre, il conclut une alliance avec eux, mais il ^^ tarda pas à se repentir de cet acte de faiblesse. Dans ^* suite, il prit les armes contre le roi du Thibet. — 1198,
^^èuement de son fils Tuan Chili-lien (g iS M)^ ^^^ ^^^^^ ^^ ans et mourut sans postérité. — Son frère, Tuan Chih- ^^iang (J^ ^ Ij^), prit les rênes du gouveniement (1205). ^'^ fut, de tous les rois du Yun-nan, celui qui fit le plus ^^ bien à son pays : il fit fleurir non -seulement la con- *^orcle parmi ses sujets, mais, par l'autorité qu'il exerçait ^^^^ les peuples voisins, il sut conserver la paix. Après *^etite - trois ans de règne, parvenu à un âge avancé, il ^^diqua en faveur de son fils, Tuan Hsiang-hsing (Ex Â^ Jft)' ^^ 1236. Ce prince était sur le trône depuis six ans ^^and il apprit que les Mongols (^ -j^) le menaçaient
d'envahir ses États. Sou fils Tuan Hsing-ehih (^ ^ :$§) lu succéda.
Nous avons vu que le Yun-nan était partagé entre diver chefs qui avaient formé des principautés indépendantes. Ta-l était la capitale d'un de ces états que Hu Pi-lieh (JQ^ jj^\ ^|J entreprit de réduire. Le premier qu'il rencontra sur le Cliin sha-chiang (^ jjj? ^) et qu'il soumit, fut Moussoman\ A h onzième lune, Hu Pi-lieh envoya YU Lii-chu (3Ê ^ Tit) P^i* traiter avec le roi de Ta-li; quelque temps après, ne voyan pas revenir son ambassadeur, il partit avec son armée pou assiéger la ville de Ta-li. Tuan Hsiang-hsing y régnait alors c'était un prince d'un esprit borné et sans autorité; Kac chang (^ §g) et Kao-ho (^ ^1^), deux frères qui étaien ministres en même temps, avaient pris siur lui un tel ascen dant qu'ils dirigeaient toutes choses à leur fantaisie. L'arrivé des troupes de Hu Pi-lieh produisit une vive impression dan Ta-li. La première bataille qui se livra dans ses environ coûta la vie à Kao-ho; son frère prit la fuite, mais, arrêt par les envahisseurs dans la ville de Chao-chou, il fut rai à mort. Sur ces enti*efaites, Hu Pi-lieh, ayant appris que so envoyé avait été massacré dans cette ville, ordonna d'e passer tous les habitants au fil de l'épée; mais le sag Yao Shu (^ |g) et Lin Shih-chung (^ ^ 4*) ^^ ^^^1 plièrent de faire grâce, en l'assurant qu'Us n'avaient pris au cune part au meurtre de son envoyé. Cédant à leurs instanccîil fit faire un grand nombre d'étendards en soie sur lesquel on inscrivit en gros caractères qu'il était défendu sous pein de mort d'attenter à la vie des habitants; ces étendard
* Nous ne pouvons reconnaître dans ce nom que le pays de Mousso, dont 1 race du même nom habite aujourd'hui la partie comprise entre Li-chian^-fu et I Thibet.
HU PI-LIEH AU YCN-NAN. 171
fiirent plantés tout autour des murailles, et quelques jours après, fe clément vainqueur fit son entrée dans la ville, sans avoir versé d'autre sang que celui de Kao-chang et de Kao-ho, véritables instigateurs de la mort de YU LU-cliu. Hu Pi-lieli donna à Lin Shih-cliung le grade de HsUan-fu-sliili^ (^ ^ ^) et le désigna pour aider le roi Tuan Hsing-cliîh à rétablir Tordre dans son royaume (1254).
Après que le pays de Ta-li eut entièrement reconnu Tautorîté des Mongols (1257), Hu Pi-lieh rentra à la cour, laissant à Lin Shih-chung et à Tuan Hsing-cliih le soin de conquérir les peuples voisins de Ta-li. Liu Sliili-chung attaqua ensuite les Tu-fan, dont la soumission lui coûta plus de peine <iu.'il ne l'avait pensé; leur chef Ying Ta-li (^ -^ |g) soutînt longtemps les efforts des Mongols et les battit en plusieurs rencontres. Hu Pi-lieh continua de faire la guerre aux Sung (:5fe) et inaugura en 1280 la dynastie des Yllan (jf;) ou ilongols.
A peine Hu Pi-lieh fût-U sur le trône que Tuan Hsing-chih,
^^ï de Ta-li, quitta sa capitale pour aller le féliciter de son
^^"^tiement; mais, trop vieux pour entreprendre un si fati-
^^nt voyage, il mourut en route. Son fils Tuan Hsin-chieh-jih
^^^ ^ ]^ 0) lui succéda. Hu Pi-lieh, ne voulant plus
^^oîr de roitelets dans son empire, se borna à le nommer
^^'^Ung-kuan (^ ^) de Ta-li; l'année suivante (1282), bien
^^'il n'eût pas obtenu le titre que sa famille avait porté
^^puis si longtemps, il entreprit le même voyage dans lequel
'^ïi père avait succombé et porta de magnifiques présents à
"u Pi-lieh, qui, au lieu de l'investiture souveraine, lui con-
^^ï^a le titre de Ping-fu^ (J^ ^). A son retour, Tuan Hsin-
* Ce grade éqiii valait à cette époque à celui de juge et gouverneur en même temps. ^ Grade conférant des pouvoirs militaires illimités; sorte de dictature.
ch'ieli-jih comprima une révolte qui avait eu lieu dans Toue ce qui lui valut de l'empereur les titres de Tu-yiian-sh (SU 7C êlll) et de HsUaii.fu-shih (^ ^ ^) eu 1283. 1294, Hu Pi-lieli mourut dans sa quatre -vingtième année la trente -cinquième* de son règne. Son fils, Cliêng-tsui lui succéda sur le trône impérial.
A la mort de Tuan Hsin-ch'ieh-jih, son fils Tuan Ch'iiig succéda. Hu Pi-lieh refusa de lui donner le titre de (Wang), mais lui laissa celui de Tu-ylian-slmai qu'av porté son père et le nomma Tsung-kuan. Par la suite, i fils Tuan Lung (g ^) et son arrière-petit-fils, les deux d niers de la famille, n'eurent que le titre de Tsung-kuan.
Wen-cliili (^ ^), ministre d'état, rappelant à Teniperi les vastes conquêtes de son prédécesseur Hu Pi-lieh, lui j) posa d'illustrer son nom par une expédition guerrière con un état sauvage jusque là resté en paix, situé au sud-ou du Ylln-nan. Cirêng-tsung (j^ ^) prêta l'oreille à un con qui s'accordait avec son humeur belliqueuse, et confia le c mandement de cette expédition à Liu-hsUn (^ ^). Du la marche, les maladies exercèrent de si grands ravages l'armée, forte au début de 30,000 hommes, qu'en arr au YUn-nan, Liu-hsUn se trouva hors d'état de rien i prendre. Pour combler les vides, il leva de force la lation du YUn-nan, réquisitionna les mandarins et tax; ticulièrement la femme (Shén-tui) d'un Tu-ssù du ] 9,000 taëls d'argent et à un gi-and nombre de qI Cette mesure inique révolta les indigènes et Sung Lu (tIc ^ /è)' ^^^ ^^^ principaux d'entre eux, donna 1<
' Il avait régné dix-neuf ans en Mongolie avant son avènement a Chine; il régna en tout trente-cinq ans dans les deux pays. Il est coimu 80UB le nom de KoubUa'L
174 ESSAI HISTORIQUE SUR LE YCN-XAN.
joui auparavant, et que Chu Ko-liang, dans sa haute sagesse, lui avait laissé. Cette sage résolution ne fut pas sans doute mise en pratique, car, en 1330, le prince de Tu -chien se souleva, s'empara d'un district et l'organisa en principauté. D'autres chefs suivirent son exemple, prirent plusieurs villes, rasèrent des forteresses et mirent le feu aux magasins publies. Les généraux chinois envoyés contre eux trouvèrent l'état des affaires pire qu'ils ne l'avaient cru. Les chefs indigènes, soumis depuis longtemps, au lieu d'étouffer la révolte, firent cause commune avec les Lo-lo (^ |j^) et les peuplades voisines. Les Impériaux furent battus et forcés d'implorer du secours. L'ordre fut donné aussitôt de lever 25,000 hommes dans les pro^nnces du Hu-kuang (^ ^), du Chiang-hsi (;^ g) et du Hu-nan (J§Q ^) et de les envoyer en toute hâte au YUn-nan. Cette dangereuse rébellion fut enfin vaincue par le général mongol Chieh-I (H| |^). Un chef, La-yu (^ 3È) ^* *^^^^ fi^® ^^^ Tu-chien réussirent à s'enfuir dans les montagnes.
Cette rébellion, toutefois, ne fut pas la dernière; les habitants, de mœurs indépendantes et guerrières, se pliaient difficilement aux exigences des conquérants et, malgré leurs divisions, faisaient éprouver de graves inquiétudes à la dynastie des Yuan.
Dans la vingt -neuvième année de Shun-ti (j|g •j^), ei 1362, les hommes au turban rouge, appelés Hung-chin-ts< (jji r|l 9Sc)i reparurent sous les ordres d'un chef nomi Ming YU-chên (Ç^ 3E 3^)? P^^^ nombreux qu'auparavant^ s'emparèrent d'un grand nombre de forts, brûlèrent plusl^ ^^ villes et envahirent le YUn-nan tout entier ainsi qu'une u^ . ^ du Ssû-ch uan. Le général mongol Cho-li (^ j^^ q\û ^.^ ^ mandait dans le Shen-hsi, les battit en partie ^t les con ^