VU SAN-KUEI 8E DECLARE INDEPENDANT
coup mortel a la dynastie naissante des Tartares; nialheureusement pour lui son projet fut découvert la veille du jour où il devait être mis à exécution, et tous ceux qui y avaient l>articipé furent arrêtés. Malgré la gravité du crime, K'anghsi, ne voulant pas faire couler le sang de tant de coupables, en gracia une grande partie; les principaux seuls, et à leiu* tête le fils de Wu San-kuei, eurent la tête tranchée (1673).
Wu San-kuei, déjà maître des quatre provinces citées plus haut, se fit proclamer empereur et réussit à entraîner dans son parti les princes du Fu-chîen et du Kuang-tung, qui se soulevèrent en 1675. Non-seulement le mouvement national sacceutuait dans des proportions alarmantes en Chine, mais un autre orage se préparait en Tartarie. La dynastie mamlclioue ébranlée de tous côtés abandonna l'ouest de la Chine pour s'occuper de la Tartarie et fit ensuite tous ses eftbrts pour ramener à elle les princes du Fu-chien et du Kuang-tung. Les affaires de Tartarie aiTangées d'une façon satisfaisante, une armée tartare marcha en 1G7G contre le prince du Fuchien, qui finit par se soumettre ; peu après, celui de Canton, redoutant la colère des Tartares, rentra sous leur bannière en 1677.
Wu San-kuei, réduit à ses propres forces, ne perdit pas courage, évacua le Hu-kuang et se retira dans le Ssil-ch uan. II n'y rencontra plus la même ardeur pour sa cause et, malgré la défection de ses partisans, il eut l'habileté de s'y maintenir jusqu'à la fin de 1677, sans que rennemi, bien supérieur en nombre, osât l'attaquer. S'aperce vaut de jour en jour que son âge avancé secondait mal son courage, il se décida à repasser dans le Ylln-nan. A peine amvé, il réunit autour de lui ses principaux officiers, leur indiqua la conduite
qu'ils auraient à suivre pour se défendre eonti'e les Tartares et leur recommanda son jeune fils, encore enfant. Il mourut peu de temps après.
Wu San-kuei était un habile administrateur; il sut acquérir Taffection d'un peuple qu'il avait vaincu et laissa partout un bon souvenir. Pendant les quelques années de son régne, il fit beaucoup d'améliorations dans le Ylln-nan, province qu'il affectionnait, et ne négligea rien pour secourir les indigènes ; par ce moyen il fit prospérer son pays. C'est surtout sous son gouvernement que l'industrie des métaux, jusqu'aloi^s dans l'enfance, prit de grands développements; ce fut aussi lui qui, afin d'amener les aborigènes à de meilleurs sentiments, donna un peu d'importance à leurs chefs en reconnaissant les Tu-ssù.
Aussitôt que la mort de Wu San-kuei fut connue, l'armée tartare, qui jusque-là n'avait osé livrer bataille, se mit en marche pour le Yun-nan, battit les troujies du fils* de Wu San-kuei dans trois rencontres différentes et s'avança vers Yiin-nan-fu, qu'elle assiégea. La population de la capitale, en reconnaissance des services rendus à la province par Wu San-kuei, était disposée à se défendre jus(iu à la dernière extrémité plutôt que de voir tomber le jeune prince entre les mains de ses ennemis. Après avoir résisté pendant deux mois, il se pendit, et sa mort mit un terme à une révolte qui, dans le principe, menaçait d'anéantir la puissance tartare.
Une fois maîtres de la ville, les vainqueurs exterminèrent toute la famille de Wu San-kuei et firent exhumer le corps de ce dernier, qu'ils emportèrent à Péking. Au lieu de respecter les dépouilles de l'homme qui les avait amenés au
» Wu Shih-fan.