OCCUPATION DEFINITIVE PAR LES T ART ARES
pouToîr et ajouté, par son génie militaire, de nouveaux territoires à leur empire, ils livrèrent ses ossements au feu et en jetèrent les cendres au vent.
L'occupation du Ylln-nan par les Tartiires donna lieu à une vive effervescence et causa dans la vie sociale une sorte de révolution. La i)opulation chinoise s'accrut, et les aborigènes, qui avaient rendu tant de services, furent refonlés de toutes parts, ti'aîtés avec mépris et réduits à l'impuissance.
La dernière lutte que les T.artares eurent à soutenir contre les indigènes du Yiin-nan remonte à 1775. A cette époque les Miao-tzû des frontières du Ssù-ciruan, les Man-tzû, habitant la région située entre Pin-chuan (^ j|| j^) et Chaotung jusqu'à la frontière du Kuei-chou, les Ming-chia, I-chia (M |S) et Li-su de l'ouest, les Hei-lo-lo (^ ^ ^^), les Pai-lo-lo (Q ^ 1^), les Shui-pa-i de Han-pa-i et une foule d'autres tribus qui jusque là avaient été très divisées, • firent cause commune contre leurs oppresseurs. Ce mouvement, qui menaçait de s'étendre dans le Kuei-chou, donna de graves inquiétudes aux Tartares qui, poussés à bout, accordèrent des concessions; avec le temps les esprits se calmèrent et l'ordre fut rétabli. Depuis cette époque, le gouvernement impérial, malgré sa persistance à faire disparaîti'c ces races si vivaces, il y a deux siècles, mais bien divisées aujourd'hui et n'ayant pas de chefs capables, rencontre parfois de la résistance à l'exécution de ses mesures politiques. Ces peuples qui, du nord au sud et de l'est à l'ouest du Yiin-nan, ont conservé presque intactes les mœurs et coutumes de leurs ancêtres, sont partout animés d'un sentiment hostile contre le pouvoir central, auquel ils ne pardonnent pas la conquête de leur territoire et l'humiliation de leurs chefs
particuliers. Souinis en apparence, ils n'oublient pas leurs griefs ; aussi tous les troubles qui ont eu lieu depuis Tavènement de la dynastie actuelle ont toujours recruté parmi eux de nombreux partisans. Il n'y a pas de doute que si les fonctionnaires avaient su, par une administration sage et éclairée, s'attirer la sympathie des aborigènes au lieu de les mépriser, et s'ils n'avaient voulu chasser de la province les habitants dont les mœurs, coutumes et religion diffèrent des leurs, la foimidable rébellion qui, pendant ces derniers temps, a dévasté ce pays, n'aurait pas eu lieu, et cette province, presque . dépeuplée aujourd'hui et couverte de ruines, serait aus^si prospère que par le passé.