‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 53 sur 174 · SHA-PA · texte numérisé non relu

SHA-PA

que prennent les convois quand les eanx sont troj) liantes pour permettre de passer à gué; il est peu fréquenté des ^oyagenrs, car il exige un détour de i)rés de 15 lis pour revenir à la grand'route.

La plaine de Ch'i-cliiang, bien qu'en partie envahie par 1^ sable et les galets, compte, après Lin-an, comme une des plus productives de ce département, et cela grâce à son ^-liitiat salubre, très doux en hiver et peut-être un peu chaud ^^ été; ses habitants, actifs et travailleurs, favorisés par un ^^1 (Vune fertilité remarquable, font aisément deux récoltes I^^i' an. Comme presque toutes les plaines de cette province, ^H^ est enfermée dans un cirque de montagnes assez élevées ^^^i' nord, et qui vont en s'abaissant vers le sud. Cette dis- F^o^ition naturelle écarte les changements atmosphériques trop "^ï^Visques ainsi que les coups de vent et les ouragans. Des ^Oï^ditions avantageuses permettent la culture de certaines ^^ntes, qui ne se développeraient pas aussi bien si le pays it entièrement découvert. L'indigo, que nous avons vu ^^^^K8 la plaine de Hsin-hsing-chou, est ici de qualité supé- ^**î^Tire et croît beaucoup plus vite; il en est de même de *'oj[)ium et de la canne à sucre. A ces produits il faut K3<^iiter les récoltes ordin<aires, telles que le riz, le blé, les -A^es, la moutarde, le chanvTc et une foule de plantes oléag'îïieuses. Sur les terrains un peu élevés qu'il n'est pas facile ^'sirroser, on plante des arachides, qui poussent en très peu ^^ temps.

Le village de Sha-pa, près de la rivière, est solidement

fortifié; son enceinte rectangulaire mesure de 200 à 300

mètres en largeur et de 400 à 500 en longueur; elle est

^nquée de quatre tourelles, une à chaqu(* angle, qui servent

^^^ portes. Ce village, d'origine musulmane, a été fort mal-

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traité; quand la rébellion éclata, ses habitants, chassés de leurs foyers par les autres villageois, allèrent rejoindre ceux de leurs coreligionnaires qui habitaient Kuang-i, composé alors d'une population mixte. Une foule d'autres villages chinois et I-jên sont dispersés à l'ouest, au sud et au nord de la plaine, mais assez loin de la rivière.

Une petite chaîne de collines basses sépare la plaine de la rivière de Si-tsao-t ang ' ; * celle-ci coule de l'ouest à l'est, entre des mamelons et le plateau plus élevé sur lequel est bâti Kuang-i, Le passage de ce cours d'eau, presque à sec en hiver, a lieu sur un pont en pierre à deux arches, sur lequel les rebelles avaient établi des fortifications. Au-delà, on monte une pente douce par une chaussée dallée, ancienne route impériale, sur le plateau de Kuang-i.

Cette dernière localité, dépourvue qu'elle est de murailles en pierre ou en briques, n'en a pas moins autant d'importance que beaucoup de Hsien et même de Cliou. Ce qui a largement contribué à son accroissement dans le passé, c'est que, située à 90 lis de Lin-an, elle est la première station qu'on atteigne en sortant de cette ville, ou en descendant de Tung-liaï, dont elle n'est éloignée que de GO lis. Les musulmans, après avoir expulsé les Chhiois qui l'occupaient avec eux au début des hostilités en 1857 (la sixième année du règne de Hsien-fêng), en restèrent maîtres jusqu'en 1872, époque à laquelle elle fut rendue au gouvernement par capitulation *.

* Ce nom, qui veut dire basain pour se baigner, est porté par un petit village, situé à 10 lis de Kuang-i, dans une vallée très fertile. Près du village, qui a été rasé par les bandes, coule une source d'eau presque bouillante. Un lièvre, une heure après avoir été tué, a été plongé dans cette source, et en le retirant, les |)oil8 de sa peau tombaient sans efforts.

' Voir dans les notes sur la rébellion les détails du siège et les événements qui raccompagnèrent.

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Aujourd'hui presque en ruines, Kuang-î était, avant les hostilités, un lieu de halte pour toutes les caravanes qui montaient ou descendaient vers le sud; des auberges bien garnies, des vastes écuries^ des élégantes maisons particulières avec terrasses, des temples et des mosquées, il ne reste qu'un amas de décombres. L'aisance a fait place à la misère, et c'est bien péniblement que la population, après avoir longtemps erré, commence à se relever. Les Impériaux, durant un siège mémorable dans les annales de la rébellion, n'ont rien épargné pour se rendre maîtres de ses défenseurs;. mais ceux-ci, quoique en petit nombre et assiégés par des forces puissantes, ont préféré se défendre jusqu'au dernier plutôt que d'être livrés sans merci au bourreau. Ce fut alors que le Fu-taï se décida à accepter les conditions de capitulation qui lui étaient soumises.

A partir de cet endi'oit, le mode de bâtisse change : presque toutes les maisons sont construites en teire avec des terrasses qui leur servent de toits; cette disposition donne plus d'espace pour réunir les récoltes et a, en outre, l'avantage de produire plus de fraîcheiu-.

Le petit plateau de Kuang-i, naguère si bien cultivé, est encore en friche, et malgré l'empressement des habitants à rentrer en possession de leurs terres, il leur faudra quelques années encore pour recouvrer leur ancienne prospérité. Autour du plateau, le sol, déchaussé en maint endroit par les eaux des pluies, laisse à découvert les différentes couches dont il est formé : la partie supérieure paraît formée d'une épaisse couche de terre végétale, tandis que les parties basses et intermédiaires se composent de grès blanc et coloré, très friable, et entremêlé de galets de quartz de 'forme arrondie.

Un peu plus au sud, et aussitôt qu'on quitte le plat pour les collines, la nature du sol paraît plus liomogèi^^ Après une faible marche de 8 lis, on arrive au grand can^;^ de Liang Shih-mei\ assis sur un lumulus, entre la route les collines. On passe un pont nommé par les iudigèn Paï-ma-clnao (Q ^Bl ^} ^^ P^^'f^^ du Cheval blanc.

A partir de là, la route est caillouteuse, et les collinesS' se rapprochent de façon à former un défilé entre lequel s'étend un vallon jadis bien enti*etenu, livré à présent avLsm herbes sauvages; çà et là, sur les côtés, quelques pans d^ murs et des fortifications délabrées marquent la place d'uiM hameau disparu. Sur tout ce parcours, la population a fuE devant les voisins aussi farouches que les gens de Kuaiig-i. A 20 lis de ce dernier village, un hameau que protégeait luu fortin n'a plus que deux maisons habitées ; la terre est inculte aux alentours. Dans ces parages presque déserts aujourd'hui^ la végétation est active; la vallée est fermée au sud par une montée très raide, au faîte de laquelle on arrive par des sentiers eu zigzags. En descendant sur l'autre versant pour entrer dans le vallon de Li-chia-jring (^ ^ ^), on rencontre un torrent qui suit, en contournant les collines, la direction de l'ouest, et deux hameaux qu'on aperçoit de la route.

La marche devient pénible; après avoir fait quelques lis au milieu d'une gorge très sombre envahie par une végétation tropicale, l'horizon, que nous cachaient les montagnes, s'ouvre, et nous passons dans une vallée plus riante. Les grès colorés deviennent plus rares à mesure que nous avançons, et dans plusieurs endroits nous trouvons le même grès friable,

* Ce chef fit bâtir cette espèce de camp retranché, où il entretenait une forte l^amison, afin d*empêcher les habitants de Kuan^-i d'aller faire des razzia» dans les \illa|[[es situés an sud de cette partie du département.

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