‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 55 sur 174 · POIRES DANS LES VILLAGES DE LA PLAINE DE LIN-AN · texte numérisé non relu

POIRES DANS LES VILLAGES DE LA PLAINE DE LIN-AN

rfe tout autre métal et quelquefois ornées de pierres précieuses, suivant la fortune du propriétaire. Ce fourreau est Assujetti au côté* gauche, au moyen d'une ceinture en soie, ^e couleur voyante, qu'on passe sur l'épaule droite et qui fait ensuite plusieurs fois le tour de la taille. Cet arrangemeiit très simple permet de tirer aisément les lames du fourreau, sans gêner la liberté des mouvements. Les moins belliqueux ou ceux qui ne veulent pas s'embarasser d'armes OBtensibles se contentent de petits couteaux, longs de 16 centimètres, également disposés par paires dans un fourreau de Tnême genre, mais fixés en dedans de la ceinture que (^aclie leur espèce de jaquette; d'autres, qui ont pu se procurer le luxe d'armes plus reelierchées, ont un pistolet à la ceinture, parfois même des revolvers qu'ils portent de la même façon, mais, par prudence, fixés par un cordon quelconque. Ces dernières armes sont habituellement familières aux individus V^i ont fait campagne pendant les longues années de guerre ^^vile. Enfin les paysans et ouvriers qui, bien qu'ayant servi ^^^8 les drapeaux, n'ont pu être équipés d'une manière aussi ^fl^ectîve (le matériel des armes à feu ayant à peine suffi à ^*^er un dixième des hommes valides) ont conservé les tri- ^^lîts, les fomThes ou les lances qu'ils avaient fait fabriquer J^Urse défendre; ce sont ces armes primitives qu'ils emportent ^tites les fois qu'ils vont à une foire.

Ayant assisté, dans la plaine de Lin-an, de Hsin-hsuig ^^* ailleurs à des réunions de ce genre, nous ne fûmes pas t^^^u surpris de trouver dans une d'elles, tenue aux environs ^^^ Liii-an, un bazar, où figuraient pêle-mêle certains articles - ^^xopéens, tels que jouets d'enfants, aiguilles, fil et surtout "^« boîtes d'allumettes anglaises et d'autres, plus petites,

TOarque allemande, contenant chacune 82 allumettes, et

216 DE HSIN-HSING A MENG-TZU.

vendues pour la modique somme de 35 Tao-kuang-ch'^^^^ (^ 3fe ^) ^^ grosses sapèques. On est frappé du ^^

marché extrême de cette utile marchandise ' quand on rér^

cbit à la distance qu'elle a dû parcourir et au temps qc^^

lui faut pour pénétrer dans cette province reculée, aux "^ nombrables barrières à traverser et par conséquent à to les droits qu'on exige d'elle. Sachant qu'à cette époque depuis quelques années déjà, la voie du Tong-kin, la pi directe de toutes et la seule qui permette de vendre 1 produits européens à bas prix en réalisant de beaux bén fices, était fermée, nous cherchâmes à connaître le chemi qu'ils avaient pris pour arriver jusqu'au Yun-nan. Les alli^^ mettes chimiques, de même que beaucoup d'autres article^-^ d'Occident, sont importés dans cette province par les Wei ^ ^ yiian, agents inférieurs qui sont envoyés en mission auprè des hauts fonctionnaires des auti-es provinces. Comme le? gouvernement les rétribue médiocrement, il leur accorde des pièces officielles et des passeports, qui leur donnent le privilège de passer en franchise des bagages ou marchandises et aussi de réquisitionner des corvéables dans chaqufe ville qu'ils traversent. Les autorités locales, prenant en considération leurs modiques appointements, ferment les yeux sur cette sorte d'abus, tout autant que les commerçants ne s'en plaignent pas. Voilà comme il arrive jusqu'au public une certaine quantité de marchandises qui n'ont acquitté aucun droit, et qu'il est possible d'acheter à bas prix. Quant aux produits des provinces méridionales et à la majeure partie de ceux de l'Europe, ils arrivent par la voie de Canton et par

* Dans le sud, les petites sapèques n'ont pas cours; on ne trouve sur les marchés que la monnaie fondue sous les empereurs Tao-kuang et Hsienfông.

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