‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 56 sur 174 · ATT · texte numérisé non relu

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le Ssû-ch uan. Tous les habitants des différents villages, aux costumes bariolés et parés de leurs plus beaux atours, s'occupent avec ardeur à vendre ce qu'ils ont apporté, tandis que les chalands, ceux qui sont venus dans l'intention de faire des provisions, s'efforcent d'acheter le moins cher possible; aussi en voit-on passer quelquefois, à la fayon chinoise, des heures entières dans l'acquisition d'un objet, et encore est-il rare que l'affaire se conclue sans l'intervention d'un tiers.

Le costume national (nous parlons des gens de Lin-an) diffère de celui des autres districts : il consiste en un veston fermé sur le devant par de gros et larges boutons d'argent, ^n un pantalon à la zouave, en cotomiade ou en soie, relevé à mi-jambe; en bottines d'étoffe, bas blancs à décou- ^"crt, et chapeau pointu en paille tressée et vernie, décoré au commet, outre quatre boutons symétriquement disposés, d'une Petite garniture d'argent en fîligi'ane sur un fond de drap roiige^ Ceux qui n'ont pas de bottines en draj) bordées sur toiia les côtés portent des sandales aussi en drap, genre de ^^^«ixissure assez usitée en été et qui dispense de mettre des ^^s. Dans certains villages de Lo-lo * (^^ 3|^ ), peu éloignés ^'^^ la plaine, on s'est conformé à la nicme coutume, et tous, ^^tnines et hommes, en se rendant aux foires chargés de *^rdeaux comme des bétes de somme, ont aussi leurs armes défensives ou offensives. Parmi cette foule bigarrée accourue ^^8 plaines et des montagnes voisines, l'indigène de Lin-an se feit remarquer par son attitude qui respire rindépendance et par ses dehors d'homme satisfait de lui-même. Etre de Lin-an est im titre de gloire ; il en est très fier, et si Ton se trompe «or sa terre natale, il a soin de relever proniptement l'erreur.

* Diaprés Williamb, ce caractère ( ^B^ »e prononce Kno. Nous avons cru bien faire en conservant la prononciation du Yiin-nan qui est Lo-ïo {Jjpj^ |-^}*

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Les femmes de ce pays sortent plus souvent que cell du nord de la province, et quand elleft ont affaire au dehoi au lieu de monter en chaise, comme cela se pratique dai la capitale et ailleurs, ce qui est du reste le bon genre < Chine, elles vont à pied, armées d'un parapluie rouge franges pendantes, tout à fait semblables à ceux des ma darins, et qu'elles manœuvrent de façon à dérober leu traits à la vue des passants. A côté de ces chétives timides Chinoises, de fortes et vigoureuses Lolotes\ do les pieds n'ont pas été torturés par une absurde coutura ne craignent pas de gâter leur teint en bravant les intei péries de la saison, en s'occupant des travaux des chamj ou en transportant de lourds fardeaux; elles ne craigne pas non plus de se montrer en pleine foule et vienne bravement faire elles-mêmes leurs emplettes; et, le marcl fini, elles font encore sans fatigue quarante ou cinquante J pour regagner leurs montagnes et reprendre leurs rude travaux.

Le voyageur qui veut aller dii-ectement à Man-hao (^ E peut éviter de décrire dans son trajet ce grand angle (^ qui, partant de l'extrémité nord de la plaine, a pour soir::: la ville de Lin-an, en se rendant à Ma-chia-ying (j^ ^ village situé à 10 lis à l'est, pour prendre la route conduira à Man-hao. Celui qui, partant de Li-chia-yii veut pas s'arrêter, suit la route qui longe les coUinei qu'une pagode à plusieurs étages, et peut atteindy^ difficulté Mien-tien-erh (0 f^ j^) dans la même ^ tandis qu'en passant par Lin-an, la route, plus ^g^è^>^^ le touriste, est allongée de 25 lis.

» Femmes des Lo-lo ou I-jên.

MA-CHIA-YING. 219

En allant à Ma-cbîa-ying, on suit, pendant 10 à 12 lis, ane chaussée entretenue avec le plus grand soin; partout la population semble vivre dans l'aisance. Le village que nous venons de citer a été le théâtre d'une vengeance de Liang Shîli-meï, qui voulut faire expier aux habitants la sympathie qu'ils avaient montrée à Ma Ju-lung au moment où ce dernier avait marché contre lui K Tous les villages des environs s' étant ligués contre Liang Shih-meï, il se vit forcé de battre en retraite, mais auparavant il fit brûler les temples extérieurs, qui avaient servi de magasins d'approvisionnement au:x: troupes du général Ma. Ces murs calcinés et ces débris sont les seules ruines que l'on trouve dans cette partie de la plaine.

Située presque au fond de la plaine, Ma-chia-ying possède une population laborieuse, adonnée aux travaux des mines, mais qui, depuis des années, est tenue en échec par les discordes civiles. Les vieillards, qui ont vu se développer l'industrie minière et qui ont traversé toute une période où 1^ pays était en paix et florissant sous tous les rapports, prennent plaisir à raconter les histoires de cette époque et s'animent au récit de leurs aventures dans les nombreuses ^ttines dont les flancs généreux semblaient ne devoir jamais *^^^rir ; ils espèrent encore voir, avant la fin de leur existence, B^rriver le moment où le commerce et l'industrie refleuriront comme par le passé. C'est aussi avec émotion qu'ils relatent l'importance du trafic qui s'opérait entre les villes du sud ^t le fleuve du Tong-kin; plusieurs d'entre eux, propriétaires de chevaux ou intéressés dans les aflîiires, ont eu à subir des pertes considérables, mais quelque pénible et ruineuse qu'ait été la fermeture inattendue de cet important débouché,

* Voir le chapitre sur la rébellion musulmane, tome IL

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ils attendent avec impatience qu'il leur soit rendu. E beaucoup de mines, le travail n'a point été repris parce les moyens actuels de transport à dos de mulet ne permet pas aux produits d'aller loin; mais ces mines se rouvri aussitôt que la voie sera déclarée libre, et toute cette ps de la province qui, en ce moment, est plongée dans sorte de torpeur, reprendra son activité.

En sortant de Ma-chia-ying par la porte de Test, on pi sur un magnifique pont en pierre à trois arches, jeté su rivière, presque sans eau à l'époque de la sécheresse; c ces terrains sablonneux, les paysans élèvent des barn de distance en distance afin de retenir au moins la quai d'eau nécessaire à l'irrigation de leurs cultures qui couv les deux rives.

Peu après avoir quitté le village, on s'engage parmi hauteurs, et la poussière est si incommode dans la pi qu'on remonte avec plaisir dans le pays haut. La r d'abord très large, se rétrécit et finit par se diviser en embranchements; sur tout son parcours, des buffles tn des charrettes^ chargées de houille et descendent pa ment vers Lin-an, puis, une fois déchargés, ils repr le même chemin que nous pour retourner aux lieu: traction, que nous allons visiter.

L'exploitation a lieu par galeries et d'une façon ré la couche est épaisse et suit à peu près la direc ouest. La houille extraite est très homogène, exccj^

* Ces véhicules ressemblent à ceux que nous avons vus à

(^â j|£ iti)' ^^" ^^® °^*^ entrée dans la plaine. Les animaux tels que buffles, bœufs, moutons, chèvres, etc., sont beaucoup plus district que dans aucun autre du Yiin-nan, et ils sont en gêné qn*en Europe.

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