MIEN-TIEN-ERH
légère et brûle presque sans fumée; tout à fait semblable d'apparence à nos meilleures houilles grasses, elle se détaolie sans difficulté et en blocs. Les galeries, dont la plus profonde ne dépasse pas 150 mètres, n'exhalent aucun gaz iiiflanimable, car les ouvriers travaillent sans précaution" aucune, et a.vec de grosses lampes ordinaires suspendues, au bout d'un l>fitml>ou fixé à leur turban. Des sondages exécutés depuis peu Ique distance, ont signalé la présence d'une couche non puissante qui court de l'est au sud, c'est-à-dii-e suit les collines qui se divisent en deux branches dans cet endroit. ï^^piiis que les rebelles ont détruit les voies de communication ou du moins depuis que ces voies ne sont plus entretonnes par les mandarins, le combustible, qui avait uii débit ^^ssuré dans les mines et villages des environs grâce au bas l>rîx auquel il pouvait être vendu et à la facilité avec la- <inelle on le transportait sur des charrettes, ne sert plus aujourd'hui ou peu s'en faut qu'à alimenter la plaine de Lin-an; on Vy emploie avec succès dans les fabriques de boissons alcooliques et les sucreries.
En reprenant la bifurcation que nous avons quittée pour nous rendre aux mines, la route se rétrécit beaucoup et suit le flanc des collines du côté de l'est pour descendre peu après dans la vallée de Mien-tien-erh (p0 jj^ j^). D'après les ravins creusés par les pluies, nous étudions la nature du sol, qui change, pour ainsi dire, à chaque chaîne de collines : ici domine le granit; là le grès friable et le bigaiTé présentent d'épaisses assises; la stratification est très régulière dans quelques endroits, tandis qu'en d'autres elle a été très tourmentée. Dans la vallée, quelques sources qui coulent des L montages dénotent la présence du fer par la rouille qu'elles
K déposent sur leurs bords.
DE HSm-H8IN6 A HËNG-TZO.
Le village de Mien-tien-erli, séparé de Lin-an par une distance de 35 lis, est situé à gauche d'un cours d'c^u formé i)ar les torrents. H n'a presque pas d'importance, surtout pendant tout le temps que le commerce local est resté stationnaire ; quelques auberges pour les voyageurs et les muletiers sont seules visibles à l'entrée, et de toutes parts, des fortins eu ruines rappellent que la lutte a été engagée contre Teimemi commun. Les habitants, non satisfaits d'avoir eu à repousser les rebelles, ont, à la suite de querelles survenues entre chefs de villages voisins, continué à guerroyer entre eux. Ainsi, non loin de là, sur un pont en pierre, il y avait encore, au moment de notre passage, un détachement de paysans ennemis qui, le fusil à la main, défendait contre les gens de Mien-tien-erh l'accès du pont; on avait même élevé des fortins à droite et à gauche de la rivière. Rien de plus curieux à étudier que ces velléités d'indépendance, ces coups de tête belliqueux entre chefs : ils demeurent longtemps à s'observer de part et d'autre, sans cependant commander le feu, et ils n'en viennent aux mains que si l'un des partis essaie de forcer le camp ou les positions de son adversaire. Ces querelles, causées le plus souvent par des motifs futiles, tournent quelquefois au sérieux, et alors il est rare de les voir se terminer sans effusion de sang. Un fait curieux, c'est que les gens étrangers au district peuvent circuler dans les deux camps sans être molestés le moins du monde. Bien souvent, lorsque des différends de ce genre traînent en longueur de façon à devenir nuisibles aux parties belligérantes, les chefs du voisinage s'assemblent, imposent leur médiation et réconcilient en général les adversaires, qui rentrent alors chez eux eu songeant à ce que la guerre leur a coûté.