‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 58 sur 174 · LA PLAINE DE CH'I-TIEN · texte numérisé non relu

LA PLAINE DE CH'I-TIEN

itte Toute, naguère fréquentée par une quantité de cliar- «, est dans le plus grand désordre, et en maint endroit a été emportée par les toiTents. A gauche de la vallée, "villages semblent avoir moins souflfert, tandis qu'en ceux la droite, où nous passons, presque tout a été détruit, et v^^étatîon se réduit à des buissons de ronces et à quelques ï*C8. Cette partie du trajet est assez accidentée; on y hit plusieurs chaînes de collines pom* descendre ensuite j)ente douce dans une vallée assez grande, où était le e de P an-chih-hua ^ (|^ if^ :j!;g), dont il ne reste rien '^is qu'il a été livré aux flammes. Toutefois les habitants, ersés par la tourmente, reviennent peu à peu et se con- 3sent des abris provisoires au milieu des décombres, eus suivons toujours la vallée ; les collines qui la bordent plantées de jeunes sapins très clairsemés; celles que gravissons ensuite sont assez nues et n'oflFrent rien de iculîer. Les postes de soldats, que Liang Shih-meï avait tiennes le long de cette route pour y maintenir la sé- 3té, sont remplacés par des braves (Yung) à la solde du vemement. Quoique rétribués par le district auquel ils iennent, cela ne les empêche pas de réclamer de fortes tifications aux marchands ou particuliers qui voyagent ^^8. On ne peut contester l'excellence des services rendus ce genre de surveillance, malheureusement il tourne trop à Fabos; ceux-là qui en sont chargés ne songent plus ^V^'à en profiter, et au lieu de protéger l'homme sans défense, ^ spéculent sur sa venue pour lui extorquer une rançon.

* Nom d'an arbre originaire de ces parages : il produit une matière qui res- Nmble beaucoup an coton, mais qui ne peut être filée ; les indigènes s'en servent JKmr gandr les coussins qu'on place sous le bât des chevaux })our les préserver dei éeoichures; on en fabrique aussi des matelas de voyage.

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Il est vrai d'ajouter que la plupart des soldats qui occupent ces postes sont si mal rétribués que leur solde suffit à peine à leurs premières nécessités, et comme beaucoup d'entre eux fument l'opium ou aiment les liqueurs fortes, ils trouvent dans leur métier les ressom'ces nécessaires pour assouvir leurs passions.

A travers les collines, le terrain est très pien-eux; des rochers de quartz bigarré découvrent leurs cimes noircies par les intempéries de l'atmosphère. Nous voici en vue de la plaine de Ch'i-tien (^ jj'), qu'entoure, comme toutes celles de la province, une ceinture de montagnes plus ou moins hautes. Une , rivière qui prend sa source dans le sud-est serpente au milieu et l'arrose à peu près dans tous les sens. A mesure qu'on descend, l'air, frais sur les hauteurs, devient chaud et lourd.

Un pont en pierre, d'une seule arche, est jeté sur la rivière; semblable à celui de Mien-tien-erh , il n'a pas été déblayé de ses fortifications, et c'est avec peine que nos chevaux de charge parviennent à le franchir sans encombre. Dès les premiers pas dans ce disti'ict, très riche à en juger par. la nature du sol, on constate qu'il n'a pas été épargné par le fléau destructeur; comme d'habitude, des ponts obstrués, des maisons en ruines et la rareté de la population, voilà ce qui à première vue frappe le voyageur. Cette plaine qui, d'après les gens du pays, est des plus fertiles, se relève difficilement de tous les désastres qu'elle a éprouvés, quoique depuis quelques années il y règne une tranquillité complète. Une grande partie des rizières, naguère en pleine culture, sont envahies par les herbes, faute de bras pour les entretenir. Les villages que l'on traverse sont habités tantôt par des I-jên et quelques Chinois, tantôt par des

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