LE VILLAGE DE SHA-TIEN
Pa-i (^ ^y Ces familles, revenues depuis que le calme est rétabli, ont, comme partout, rebâti des espèces de refuges avec les débris des vieilles constructions et elles vivent là misérablement en attendant que leurs ressources, qui, à force d'économies, augmentent chaque année, leur permettent d'agrandir leurs exploitations. Après avoir subi l'invasion des Musulmans du Nord, ce district rompit ses relations avec ceux de Slia-tien (jj^^ J^) et leur déclara la guerre; entreprise malheureuse où il fut battu et refoulé dans ses foyers.
En franchissant la chaîne de montagnes qui borde la plaine de Ch'i-tîen au sud-est, on entre dans l'arrondissement de Mêng-tzû. Au pied de la montagne se ti-ouve la bifurcation qui va directement à Sha-tien, éloigné seulement de 15 lis \ tandis que l'autre voie, celle qui longe la plaine, permet d'arriver à Mêng-tzù après un trajet de 40 lis.
Afin de presser notre voyage, nous allions adopter le chemin le plus court, lorsque les notables et Kuan-shih, prévenus de notre passage, vinrent nous inviter à passer quelques jours à Sha-tien et à Ta-chuang, avant d'aller affronter, en descendant à Man-hao, les fièvi-es des bois et les miasmes malsains (Chang-cln, ^ ^)- qui régnent continuellement sur les bords du fleuve. Malgré notre vif désir de voir M. Dupuis et d'autres compatriotes, nous acceptâmes la cordiale hospitalité qui nous était offerte. En conséquence, quittant la grande route de Mêng-tzû, nous nous dirigeons avec nos hôtes vers Sha-tien. La petite rivière qui descend de ce village rentre, à quelques centaines de mètres de cet
' Le K, nous croyons l'avoir déjà dit, équivaut à 500 mètres environ. ^ Nom que les indigènes donnent aux exhalaisons miasmatiques qui se dégagent des forêts.
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eiulioit, au milieu des eollînes et va se, jeter au-delà d'A-mi-
eliou (P^ ^ fH)^ ^^^^^^^ "^^ eours d'eau qui vient de Ta-eliuang.
En arrivant sous les murs de Slia-tien, quelques chefs, ((ue nous avions connus à la capitale, vinrent nous présenter leurs devoirs et nous souhaiter la hien venue; entre autres Sai-ts'un, ancien colonel, nommé général de brigade par Ma Ju-lung pendant la campagne de Tong-k'ou.
Sha-tien, adossé à une petite éminence, n'a aucune imi)ortance au point de vue du commerce ou de l'industrie; c'est un pays purement agricole. Il a heaxu*oup souffert du siège de Liang Shih-meï et Chang T^ao-pan; toutefois il s'est relevé rapidement. Ses habitants, qui sont musulmans, semblent aisés et leurs maisons sont d'une propreté qui étonne quand on les compare à celles des Chinois.
Dès que nous fûmes installés à Sha-tien, notre premier soin fut de chercher un homme dévoué pour porter une lettre à M. Uupuis que nous pensions être sur le point d'arriver à Man-hao. Malgré les efforts de nos hôtes, ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et seulement sous promesse d'une récompense pécuniaire, qu'on vint à bout de trouver im paysan pour faire ce voyage, mais, au moment de partii*, il réfléchit qu'il pourrait peut-<*tre bien tomber malade en route et il demanda qu'on lui adjoignit un compagnon ; grâce à la bonne volonté du premier, il fut relativement facile d'en trouver un second et, conventions faites, ils se mirent en route. Ils devaient passer quatre à cinq jours à Man-hao et revenir ensuite, s'ils n'avaient eu alors aucune nouvelle de M. Dupuis.
Les courriers partis, le Tsung-t'ung, qui était venu nous faire visite, voulut absolument nous emmener avec lui, et comme celui de Sha-tien avait besoin d'aller à Lin-an pour