‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 8 sur 174 · CHIN-K'OL · texte numérisé non relu

CHIN-K'OL

Le leiidemain fut nue riante jonnu'e (Vantonine; le soleil se leva dans un ciel sans nuaj>es et nous trouva voguant paisiblement entre les villag'es de Ifsiao-chun-shan (>J> ^ [|[) et de (■liin-kou (^ p ). Nous finies une courte halte dans cette deniiere localité, d'abord jiour donner le temps de nous rejoindre à une jonque qui était restée en arriére, puis pour faire nos adieux aux amis qui nous avaient suivis jusque là, ADI. Guéneau, gérant du consulat de France, et Dillon, emi)loyé des douanes impériales. Grâce au vent du matin, la flotille se remit rapidement en route.

Le voyageur qui part de Hankow pour se rendre au Ssficb uan a le choix entre plusieurs routes. La plus courte, et celle qui est généralement suivie par les mandarins et petits marchands, est celle des lacs que Ton prend à 30 lis audessus de Hankow; elle permet d'accomplir le trajet jusqu'à Sba-shih (^ TJj), point où on change de bateau, en huit jours, dans les conditions ordinaires de navigation. En suivant, au contraire, le cours du fleuve, on n'a pas besoin de transborder et l'on peut aller directement jusqu'à I-chang, trajet qui dure de douze à treize jours; mais, si par malheur le vent du n'ord, qui règne surtout en hiver dans ces parages, surprend le voyageur au milieu des immenses détours que fait le fleuve, il n'a d'autre ressource que celle de chercher un abri et d'y attendre avec* patience que le calme soit rétabli. Cette voie, bien qu'exposée à ces fâcheux contretemps, est d'ordinaire suivie par les grandes barques du 8sû-chiian qui trafiquent entre Ch\nig-chnig-fu (2 iS f^) ^^ Hankow.

La route que nous adoptâmes, oifre l'avantage de traverser une partie du Hu-naii (^ ^), ainsi que le lac Tung-fing (1^ J^). lé plus étendu de la Chine et probablement le ])liis intéressant au [loint de vue géologique. (.îet itinéraire est un

DE HANKOW A CHT^NGCH'ING.

peu plus long que par les lacs et plus court que par le fleuve. Les négociants qui se rendent au Ssù-cli'uan, le suivent rarement à cause des barrières ou douanes locales oîi leurs marchandises sont frappées de droits de transit, tandis que par les deux autres ils [)assent du Ilu-peli dans le Ssû-ch uan en n'acquittant qu'un droit à Kuei-chou-fu (^ j^ jjy^j, barrière de cette dernière pronnce.

Par suite du caractère officiel de notre voyage et les armes que nous avions à bord n'ayant rien à payer, puisqu'elles appartenaient au gouvernement, nous résolûmes, quoique la route fût un peu plus longue, de visiter cette partie du Hu-nan.

Après huit jours de navigation, nous arrivâmes à Yao-chou-fu Çj^ j^ j^^^ qui est situé à Feutrée du lac Tung-ting.

Cette ville, bâtie en amphithéâtre, est entourée de rempart.^, dont on aperçoit de loin les créneaux qui serpentent sur les flancs de la colline. L'intérieur est très bien construit, mais une malpropreté repoussante y aifecte aussi désagréablement la vue que l'odorat. Dans le quartier du commerce beaucoup de magasins mettent en montre des articles européens; les rues sont étroites, néanmoins les nuircliands ne craignent pas d'étaler leurs soieries aux couleurs voyantes pour attirer la clientèle. Yao-chou a un mouvement d'affaires assez considérable, entretient des relations directes avec Hankow et ajiprovisionne les villes de l'intérieur des produits de l'Europe.

Les habitants, comme tous ceux de la province, nourrissent ime liaine profonde contre les barbares de l'Occident. Nous devons ajouter qu'ils se distinguent par des sentiments de fierté et par un goût marqué pour le métier des armes. Durant la rébellion des T'aï-pnig (^ ^), cette province fut une de celles qui fournit le plus fort contingent militahe ; encore

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