‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 89 sur 174 · VARIETES D'INDIGÈNES · texte numérisé non relu

VARIETES D'INDIGÈNES

voyante, complètent leur costume; elles ne portent jamais (le souliers ni de bas et ont des sandales en drap ou en paille. Celles qui ont séjourné quelque temps dans les villes ou qui sont mariées à des Chinois (cas très nombreux dans le même département et surtout à Meng-tzil), ont pris chez elles l'habitude de mettre des bas.

Dans ce dépcartement , comme au reste dans tout le sud et une grande pcartie du sud-ouest, où les vrais Chinois n'ont pu vaincre la résistance énergique des habitants et fmposer leur volonté, comme au centre et dans le nord, leur autorité n'est que Uimiinale. Bien que méprisant cette race qu'ils traitent de sanvage et qu'ils considèrent comme inférieure, il n'est pas rare de les voir choisir des femmes Lo-lo à grands pieds pour épouses légitimes; celles qu'ils prennent ensuite sont regardées ccmnne des concubines et doivent se conformer aux ordres de la première. C'est surtout après la conquête de cette province que les soldats auxciuels Wu San-kuei avait distribué les terres, ne trouvant pas à s'allier à des femmes de la même race qu'eux, finirent par s'unir aux fiHes de barbares. C'est de ce croisement, qui a en grande partie peuplé le Yiln-nan, que sont dmvés beaucoup de types particuliers, tels que les Kun-ming-jén, les Lin-anjen, les Hsin-p in-jén, les K'aï-hua-jên, les Ta-li-jén, les Tungchuan-jéii, etc.; en un mot, tous les Chinois qui se distinguent par une constitution robuste, une humeur indépendante et des coutumes rustiques. C'est cette dernière catégorie que nous appellerons les vrais Chinois du YUn-nan, qui dans bien des cas n'ont pas hésité à se ranger du CH)té des aborigènes pour faire opposition au gouvernement. Ceci nous ex])lique en partie pourquoi, même avant la rébellion, dans tous les départements du sud et dans une partie de ceux de l'est

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et (le Toueftt, raiitorité des mandarins n'a jamais été que nominale.

De même qne les Lin-annais sont fiers d'appartenir à ce dernitu- départ(*ment, les types que nous avons si^alés pins haut se croient supérieurs aux Chinois et disent franchement: ' Nous ne sommes pas Chinois, nous sommes du Yiin-nan », <îe (jui pour eux veut dire : « Nous ne sommes pas soumis anx » (!hinois, nous sonnnes indépendants ». Les Chinois pur sang de leur côté ne les considèrent pas comme civilisés et les ap])ellent Pén-ti-jén (^Js i^fc ^), « natifs du pays », qualifi- (îation (lui employée dans ce sens veut dire sauvage.

Les I-jén ont conservé l'organisation particulière que leur avait donnée Wu San-kuei, il y a plus de deux siècles. Ils n'ont rien à démêler avec les mandarins et, quoi qu'il leur arrivi», ils ne sont pas admis au Ya-mên, à moins d'y être (^xi)re88ément appelés. C'est par l'intermédiaire du chef du district auquel ils appartiennent, le T'u-sstl, que les mandarins traitent les questions qui les eoneenient. Chacun de leurs villaj^es, et ils sont nombreux, a un chef élu par le« habitants et placé sous la direction immédiate du Tu-ssû. Toute aitaire un peu considérable, crime, vol, etc., est de sa part Tobjet d'un rapport au mandarin, qui décide selon la loi chinoise. Quant aux affaires de moindre importance, oii les C!hinois ne sont pas mêlés, le Tu-ssù les règle luimême, et chacun se soumet à son jugement.

Le T'u-ssil, fonctionimire reconnu par le gouvernement et dans certains cas nommé par lui, est toujours un Lo-lo, qui jouit d'une certaine influence dans le distiîct, parlant bien le chinois et ayant mtMne quelque instruction. Chaque Fu, Tnig, Chou, Hsien relève d'un ou de plusieurs Tu-ssû, selon l'importiince du distiict et la population des montagnes. Le

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salaire de ces fonctioimaires est bien minime; c'est plutôt un emploi honorifique; néanmoins, comme ils sont responsables vis-à-vis des mandarins, ceux-ci leur permettent en certains cas de prélever une faible somme sur toutes les taxes qu'ils perçoivent pour le compte du gouvernement. H y a des localités où le mode de rétribution diffère, et n'a rien de régulier; dans les endroits où il est indemnisé comme nous l'avons dit, il ne reçoit rien de l'autorité centrale. En d'autres, au contraire, c'est-à-dire quand il ne prélève aucun droit sur les taxes, il est alloué au Tu-ssû un traitement égal à celui de Sliou-pei (^ ^). Mais, à cause de l'insuffisance de cette ressource, les habitants pourvoient aux frais qu'exige son déplacement. Ces montagnards aiment beaucoup leurs chefs et leur témoignent le plus grand respect: s'ils ont dans leur basse-cour un beau chapon ^ ou tout autre animal supérieur à ceux qu'on peut trouver sur les marchés, ils ne manquent pas d'aller le leur offi-ir. Ces cadeaux en nature, joints au peu d'argent qu'ils reçoivent d'ailleurs, sans compter le revenu de leurs propriétés, tout cela constitue aux T'U'SSil une situation très enviable.

Du mélange des Lo-lo avec les Chinois, les Lao-tiens au sud, les Thibétains au nord et les peuplades encore barbares qui habitent le midi du Ssil-ch'uan, sont sortis une foule de types que l'on désigne par des dénominations différentes. Les Min-chia^ et les I-chia^ sont les plus notables et ceux

' Les chapons abondent au Yiin-nan. Les habitants de cette province paraissent professer un goût particulier pour la chair de ces volailles. Il y a dans toutes les plaines des individus dont le métier est de châtrer les jeunes coqs; une opération de ce genre coûte 10 à 15 sapèques (1 à 2 sous). Sur les marchés on trouve le Yeii-cki (chapon), à un aussi bas prix que les autres volailles.

2 Nom formé des caractères min T^^)» natif, et chia (^^)» famille.

3 Ce nom se compose du mot / (^)j sauvîige, non civilisé, et chia (3^), famille.

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qui Hc Hinit le hioîiih écartés de leur origine. Les* ll»-*4tti liahiteiit Icjs plaines et les eu\iroiis de Ta-lî jiiâ^|a*à Cix^ iiaiM'Iiou ; ils s^uit iHiUs agriculteurs, très actifs, se Imtit â relevé des bestiaux, traient les vaches, et fc«t aret le lait une espèce de fromage qu'ils sèchent avant de le vemire: ce produit, que les CIiin<ûs nomment Jon-pin. est apprinê jusqu'à la capitale^ oii il est très estimé des habituit». Ailleurs ils font aussi du beurre, mais en petite qoandtê. et ne le mettent pas dans le commerce. Les I-c*hia. plus nombreux que les précédents, s'étendent depuis Ta-li jn-v qu'au sud et même au centre de la province, et s'occupent à peu près des mêmes travaux ; ils sont tous sonmis à la même oijcanisation civile que les Lo-lo, c'est-à-dire qu'ils ont pour chefs des Tu-ssfi.

Les IVi, que nous désignerons comme les aborigènes du sud <»t du sud-ouest du Ylln-nan, sont divisés par les Chfaiois en deux branches : les Han-pa-i^ et les Shui-i)a-i.

<\*ttcî race, (pie les (finnois prétendent être les autochtones du Ylln-nan méridional, semblent être les anciens habitants des cjnci Mêng (juc Mêng Sliihhsîiudo, le premier roi du Ylinnan, vainijuit et réunit à ses états. Ils s'étendent depuis le départ(»nient iW K aï-liiia jusqu'au Tung-khig et à l'ouest jus- (in'an Laos, (^fuoique occu])ant les mêmes massifs montagneux (|nc les Lo-lo et ayant même fait longtemps cause commune avec eux, ils se mêlent rarement à ces derniers et ont leiu^ villag(»K sé|)arés. La région où ils résident est plus chaude

' \A't< CliiiioÎN. îitiii «le «listin-^niiT li's Pa-i de hi inontu^^ne et ceux qui s'étal»liHMrnt prrs des cours iVvun. ont ixynxtv à leur ikmh de trilm les mots Aan (â). <|ui veut dire née, et .shtii ( ^ ), eau, de sorte (jue les inemiers sont ap|K')ê.s I/au-pn-i et leM seeouds tShffi-pn-i.

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