‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 90 sur 174 · LES PA-I · texte numérisé non relu

LES PA-I

que les autres parties de la province; malgré cela, ils sont en général plus blancs que les Lo-lo; leur physionomie est plus douce; leurs traits sont allongés; quelques-uns portent des moustaclies claires et fines, et se coiffent d'im turban qui les fait ressembler aux Tung-kinois qu'on trouve du côté de Man-hao.

Les femmes Pa-i ont la peau d'une blancheur remarquable si on les compare aux Chinoises de cette région ; leur visage est généralement agréable ; elles sont actives, sans cette brusquerie de mouvements qu'on remarque chez les femmes Lo-lo ; cette douceur de caractère, que les Chinois prisent par-dessus tout, fait que dans certains endroits, et malgré la différence de race et de costume, ils les choisissent pour concubines. La façon dont elles s'habillent ne manque pas d'une certaine élégance : elles portent une petite veste, dont le col, ainsi que celui des femmes Lo-lo, est rehaussé de deux ou trois rangées de boutons d'argent; leurs boucles d'oreille ont différentes formes, mais la plus commune est le grand anneau d'argent. Elles roulent leurs cheveux en torsades autour de la tête, et se coiffent, comme presque toutes les femmes du sud, d'un petit chapeau qui les garantit des rayons du soleil. Elles n'ont pas de robes qui se boutonnent par côté comme les Chinoises, mais bien des jupons ajustés à la taille, en cotonnade du pays et bordés de larges bandes de calicot de couleur. De même que les femmes Lo-lo, elles vont jambes nues et chaussent leurs pieds de sandales en paille.

Le peu de temps que nous avons passé dans le snd ne nous a pas permis de nous familiîiriser avec les habitudes de ce peuple, comme nous avons pu le faire pour les I-jén, dispersés dans toutes les parties de la province. Les Chhiois des localités que nous avons traversées et auxquels nous

même que les tribus du sud, de Test et du centi-e, régis par des Tu-ssû.

II résulte de Fexamen que nous venons de faire dans les notes qui précèdent que tous les autochtones de cette région sont, sans exception, d'une race beaucoup plus forte et plus robuste que les Chinois, mais en revanche, ces derniers sont plus industrieux et habiles commerçants.

On est étonné, quand on voit ces indigènes de près, que le gouvernement n'ait pas cherché à faire par la douceur ce qu'il a été impuissant à imposer par la force. Au lieu de ramener vers lui ces puissants auxiliaires, cette classe de travailleurs infatigables qui auraient pu lui rendre les plus grands services dans les nombreuses exploitations métallurgiques qui ont toujours plus ou moins manqué de bras, il s'est appliqué, par orgueil national, à les maintenir dans l'ignorance; il a sans doute été mû également par la crainte de les voir un jour ou l'autre revendiquer leurs droits.

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