LE CHEF REBELLE MA HSIEX
honorable, et destiné de bonne heure au sacerdoce, Ma Hsien apprit l'arabe sous la direction de Ma Tê-hsing ; mais l'élève montra si peu de dispositions pour (*ette étude que sa famille le laissa libre de suivre ses goûts pour les exercices gymnastiques, auxquels le portait, d'ailleurs, une constitution robuste. Il s'adonna ensuite aux travaux de mines; l'expérience qu'il y gagna ainsi que ses aptitudes administratives lui valurent le titre de Ko-chang\ 11 prit également quelques leçons chez un professeur qui i)réparait les candidats aux examens militaires, et fut, plus tard, gi'âce à sa force physique, à son agilité et à son adresse au tir à l'arc, reçu bachelier militaire. Ses connaissances et son énergie firent prospérer l'association mniière à laquelle il appartenait; il visita les gisements de l'ouest et, quand le massacre commença, il était à Ma-lung-chang (iS| fi J^)^ département (le Chu-hsiung.
On a vu comment la mort de son frère lui inspira des idées de vengeance et contribua à le placer au premier rang des insurgés. Quittant les mines de l'ouest, aloi-s en plein rapport, il se rendit à Hui-lung, où il se distingua par son audace téméraire pendant tout le temps que dura le siège; ce fut lui qui, assumant la responsabilité d'une retraite de nuit, sauva ses frères d'une perte certaine. Quelques mois avaient suffi aux défenseurs de Hui-lung pour fortifier solidement le village de Kuang-i et réunir toutes les provisions nécessaires pour continuer la campagne.
^ Le K^o-chang T^t ^) est une espèce de contre-maître qui dirige un certain nombre d'ouvriers et indique ce qull faut faire en cas d'interruption dans les filons, n est aussi chargé de vendre aux agents des fourneaux le minerai extrait. Ce poste est très important, surtout dans les mines d'argent, où le minerai, en raison de sa grande valeur, exige la présence d'un homme qui, -du premier coup d'œil, puisse former un jugement exact sur sa nature et son rendements
Les talents dont Ma Hsien avait fait preuve dans ces circonstances difficiles lui valurent l'estime et la confiance de ses coreligionnaires, de sorte qu'il fut, par la force des choses, appelé au commandement des troupes que la révolution naissante se proposait de lancer contre ses pei'sécuteurs. Leurs rangs, gi'ossis tous les jours par de nouveaux exilés, formaient alors une année imposante. Les premières questions de sûreté générale réglées, Ma Hsien, à la tête d'un corps de 20,000 hommes, composé de musulmans et des I-jên qui avaient suivi leur fortune, se mit en marche. Son plan était de sui'prendre les villes du sud, où il espérait, tout en châtiant les Chinois, trouver des ressources pour l'entretien de son armée.
Ne voulant pas suivre la grand' route qui mène directement à Lin-an, de crainte de se heurter aux forces en voie d'organisation dans cette ville, il conduisit son armée par les sentiers mal tracés qui se croisent dans les montagnes boisées du sud-est. Sur tout le parcours, il trouva beaucoup de sympathie de la part des I-jên qui habitent ces parages; ceux-ci, par suite de la haine qu'ils avaient vouée aux Chinois et dans l'espoir du pillage, se mirent en foule sous ses ordres. L'armée, renforcée de la sorte d'une multitude de gens dont la seule utilité était de faire nombre, arriva sous les murs d' A-mi-chou (jSj* ^ ^), avant que les Chinois eussent eu connaissance de ses mouvements.
Au bout de quelques jours de siège, les musulmans donnèrent l'assaut, escaladèrent les murailles et s'emparèrent de la ville. La population, saisie d'épouvante, ne lui opposa qu'une faible résistance. Les aborigènes de la place, ignorant que beaucoup des leurs se trouvaient parmi les assaillants et prêtant l'oreille aux bruits malveillants que les