‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 20 sur 91 · MA HSIEX S'EMPARE D'A-MI-CHOU · texte numérisé non relu

MA HSIEX S'EMPARE D'A-MI-CHOU

Chinois répandaient sur le compte des musulmans, n'eurent aucune confiance dans la lettre que Ma Hsien, avant de livrer Tassant, leur avait fait parvenir; ils se préparaient même à résister lorsque les assiégeants pénétrèrent dans la nlle. Malgré la méfiance dont ils avaient fait preuve à l'égard de ces derniers, ils furent épargnés, tandis que les Chinois convaincus d'avoir pris les annes furent mis à mort. Les villages de la plaine qui avaient participé au massacre des mahométans furent brûlés et leurs habitants dispersés. Dans l'intention de rattacher plus solidement les I-jen à sa cnme^ Ma Hsien leur confia la police et l'administration de k ville, à condition qu'ils lui fourniraient la quantité de riz nécessaire à l'entretien de ses troupes. Ils acceptèrent avec reconnaissance cette proposition, et nommèrent une commission de notables, qui fut chargée des affaires municipales. Les Tu-ssû* des districts relevant de la juridiction d' A-michou se joignirent à la population urbaine, prirent le commandement de la milice et ne tardèrent pas à chasser les Chinois qui restaient encore dans la ville.

Sur ces' entrefaites les musulmans du département de K'aihua-fu étaient expulsés et obligés de se réfugier à Ta-chnang (i^ JE)? village à 30 lis au sud-est d' A-mi-chou. L'élément chinois représentait les deux tiers de la population de ce village, qui tomba, après une faible résistance, aux mains des musulmans, et les réfugiés des environs, y trouvant une hospitalité cordiale, s'y fixèrent, après s'être emparés des hiens et propriétés des vaincus.

Cependant, la prise d' A-mi-chou ne procura pas aux vain- <iueurs les avantages auxquels ils s'attendaient. Les habitants

' Chefs directs des I-jên, comme nous l'avons déjà dit.

des villes voisines, effrayés des progrès que faisait la rébellion et des récits exagérés de la conduite des musulmans faits par les Chinois aux I-jên (presque en majorité dans tout le sud), s'apprêtèrent à défendre énergiqueraent leurs foyers.

Après avoir réglé toutes les questions pendantes avec les I-jên, Ma Hsien installa des mandarins chargés de l'intendance, et dirigea des troupes sur Mêng-tzû-hsien (^ ^ ip^), ville située à 60 lis au sud de l'endroit où il se trouvait. L'armée traversa sans difficulté les collines qui forment la ligne de démarcation entre les plaines de ces deux villes, laissant à l'est Ta-chuang avec ses murs en terre. Les villages de la plaine de Mêng-tztt, la plupart occupés par des I-jên, voyaient passer cette armée avec une certaine appréhension. Arrivé à 15 lis de la ville, le général apprit par ses espions que la population aborigène, entraînée par l'élément chinois, était fermement décidée à résister. Avant de commencer l'attaque, et afin de ne p^s être inquiété par les gens de la banlieue, qui, en cas de défaite, auraient pu rendre sa retraite désastreuse. Ma Hsien envoya un corps de 1,000 hommes, sous les ordres de Ma Ch'êng-lin ( J| ^ ;J5|i), occuper dans les environs quelques points stratégiques et s'emparer des riches mines d'étain de Kuo-chiu (g ^), situées à 35 lis de la ville. Ce petit district, perdu au milieu des montagnes et habité en grande partie par des mineurs et de riches industriels, se défendit avec opiniâtreté. Le chef musulman, qui avait compté sur une victoire facile, fut désappointé lorsque, après trois jours de combats sanglants, et au prix de grands sacrifices, il ne réussit qu'à se rendre maître d'une partie des faubourgs. Il aurait, néanmoins, atteint son but, mais manquant de provisions, il revint sur ses p'as et alla rejoindre la petite armée qui opérait

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