SHEN CH'AO-FU EST NOMMÉ CHEF DE LIN-AN
(levant Mêng-tzù. Sa retraite sauva les Impériaux qui, ne pouvant plus soutenir un siège aussi meurtrier, avaient pris la résolution de fuir la nuit* suivante.
Ma Hsien n'avait pas été plus heureux; tous ses eflforts étaient restés inutiles. A la fin, il conçut Fidée de creuser des mines aux quatre portes, afin de faire sauter les remparts; mais à peine ces travaux étaient-ils terminés que le changement de saison amena une pluie torrentielle, comme il y en a souvent au Ytin-nan; les galeries furent inondées et s'écroulèrent. Ce dernier échec décida le général à revenir à A -mi -chou, et de là dans ses quartiers de Kuang-i.
A Lin-an et dans ses environs, la défense se montra plus active que partout ailleurs. On se rappelle que, dès le début de rinsurrection, les musulmans furent chassés du village de Hni-lung. Plus tard, lorsque Ma Hsien vint menacer Mêng-tzû, les Lin-annais qui, jusque là, n'avaient qu'une organisation imparfaite, reconnurent la nécessité de rassembler toutes leurs forces et ils mirent à leur tête un riche Kuan-shih des environs nommé Shên Chao-fu (*^ |g ^). La milice armée constitua une force suffisante pour repousser les corps de rebelles, qui manifestaient l'intention d'effectuer une descente dans la plaine. Shên Ch ao-fu, homme d'un certain âge, manquait d'énergie et d'initiative dans les occasions difficiles; ayant conscience de ses défauts, il fit désigner pour le seconder un homme, jeune encore, du nom de Liang Shih-mei (^ Jt ^)- Celui-ci se fit remarquer dans ses fonctions par une volonté de fer et par une haine implacable contre les sectateurs de Mahomet. De plus, l'organisation et l'administration du département reçurent de lui
une forte impulsion; des douanes et des li-chin^ (Jg ^) furent établis dans toutes les villes et aux principaux passages; les revenus, considérablement augmentés de la sorte, lui permirent de compléter Tarmement des honmies placés sous ses ordres. La population vive et turbulente du sud, voyant les innovations introduites par ce jeune capitaine, le considérait déjà comme un libérateur et lui accorda son entière confiance. Shên Ch ao-fu, inactif, se vit délaissé pour son lieutenant; il tenta de ressaisir Fautorité; mais il était trop tard et il dut même la remettre toute entière à Liang Shih-mei. Celui-ci choisit parmi les siens dès gens capables et dévoués et leur distribua les commandements. Il réunit également les T u-ssil et les petits chefs des I-jên, auxquels il fit quelques avantages pour s'assurer de leur fidélité.
A peine Ma Hsien eut-il réparé ses pertes, qu'il apprit que la plupart des villages musulmans du nord étaient assiégés et sur le point de tomber au pouvoir des troupes chinoises. Il quitta Kuang-i à la hâte, délivra les points menacés qui étaient sur son parcours et résolut d'aller investir Ylin-nan-fu, la capitale (huitième lune de la septième année Hsiên-fêng, 1858). Il ne rencontra pas d'obstacles sur sa route. Les villes, loin de suivre l'exemple de Mêng-tzû, prévinrent les exigences de l'envahisseur et satisfirent à tous les besoins de l'armée. Comme lors de sa première marche, les aborigènes qu'il rencontra sur son passage lui oflFrirent leur concours. A la vue de l'attitude favorable de la population, il put croire un instant que la prise de la capitale viendrait couronner ses faciles succès, mais son illusion fut de courte durée.
» Les Lirchin (ou Li-kin)^ bureaux secondaires de douane, doivent leur nom à la taxe de l U (le millième du taël) qu'ils perçoivent sur toutes les marchandises.