‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 32 sur 91 · ARRIVÉE DU VICE-ROI LAD · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DU VICE-ROI LAD

L'arrivée du nouveau vice-roi du YUn-nan fut saluée avec joie par la population et déchargea Ma Ju-lung des fonctions administratives qu'il avait dû exercer depuis son retour de Lin-an. Le Fu-fai, comme nous Favons vu, avait été frappé d'aliénation mentale lors de l'irruption de Ma Yung dans la \ille; il succomba quelque temps après à la suite d'une longue maladie. Ma Ju-lung, quoique s'étant débarrassé de Tadministi-ation civile, conserva une grande influence sur le \ice-roi, qui avait de la peine à se retrouver dans le désordre actuel de l'administration. En effet, la situation était encore très tendue; non seulement les esprits étaient surexcités, mais les ressources commençaient à manquer, de sorte que le vice-roi s'en remit entièrement à Ma Ju-lung, qui était plus à même que tout autre de parer aux événements. Il fallait sans retard envoyer des troupes pour arrêter la marche des rebelles. En conséquence. Ma Ju-lung expédia deux corps, l'un sous les ordres de son ami Ts en YU-ying, qui devait prendre pour objectif Chu-hsiung-fu, et l'auti-e, qui devait opérer vers le nord, fut confié au musulman Yang Chêng-pêng^ (^ jE |j|). La campagne fut des plus désastreuses : ce dernier général était parvenu jusqu'à Pineh'uan-chou (^ )\\ ^), lorsque les rebelles, qui avaient laissé ce point dégarni, accoururent en force et lui infligèrent des pertes cruelles. Le général fut fait prisonnier et conduit en triomphe à Ta-li-fu. Au sud, Tsên Yu-ying ne fut guère plus heureux. Arrivé à Chu-hsiung, il voulut s'y foi-tifier; mais les bandes de Tu Wen-hsiu lui coupèrent la

^ Cet homme, d'une force et d*ane adresse peu communes, avait passé de très beaux examens mUitaires : on Tavait reçu Chm-shih (j^É it)» ^^ P^"^ ^^^^ (les grades conférés pour les exercices de corps, et qui donne au titulaire le droit d'avoir un mât dressé devant sa demeure.

retraite et il essuya une défaite désastreuse. Les débris de son armée rentrèrent à Yun-nan-fu après avoir laissé tout le matériel aux mains des vainqueurs.

Ce double désastre suggéra l'idée d'envoyer un parlementaire au nouveau sultan dans le but de lui faire des propositions et aussi de demander la liberté de Yang Cliêng-p'êng, s'il n'était déjà exécuté. Ma Ju-lung communiqua cette idée au vice-roi, qui l'approuva. Il s'agissait de trouver une personne qui put se rendre sans crainte d'être inquiétée dans le territoire de Ta-li ; ce fut Ma Tê-hsing qui, en sa double qualité de grand-prêtre et de natif de Ta-li, fut choisi pour cette mission.

Connaissant le caractère altier et impérieux de Tu Wenhsiu, Ma Tê-hsing envisagea cette démarche sous toutes ses faces et fit part de ses appréhensions à Ma Ju-lung et aux mandarins ; pourtant, afin de leur être agréable, il se décida à partir (septembre). Cette mission était d'autant plus délicate que les succès du sultan l'avaient enflé d'orgueil et que son entourage s'appliquait à le représenter comme le plus puissant et surtout le plus terrible des monarques. D était assez téméraire d'aller offrir à un tel personnage un simple grade dans l'armée impériale \

Sur tout son parcours, il fut, quoique rallié à l'administration chinoise, traité avec beaucoup d'égards. En arrivant à Hsia-kuan, il fit connaître son arrivée au sultan en lui demandant audience. Celui-ci le reçut avec quelque froideur,

1 Les détails qui suivent nous ont été communiqués, en 1872, par Ma Tê-hsing lui-même , avec son journal à l'appui. l\ fut décapité par le général Ma Chung rjÊ jfe), le 26 mai 1874, suivant Tordre du Fu-t'ai, qui, n'osant agir pendant que Ma Ju-lung était présent, profita du départ de ce dernier pour Pékin pour iissouvir sa haine.

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