L'ETAIN. S()X TRAITEMENT
De même que pour les autres minéraux, les diverses manipulations forment deux parties distinetes : Textraetion et le traitement au fourneau.
LVxti'aetion a lieu selon les mêmes règles à jieu près que pour les autres exploitations. L'assoeiation que nous avons vue fonctionner pour la métallurjçie du cuivre est ici presque la mOme, et nous en avons sijçnalé les léfçères différences dans la paiHe de l'itinéraire de Sha-tien à Ta-chuanp: et à Kuo-cliiu.
Le minerai d'étain, avant d'être descendu à l'usine, reçoit un lavage sommaire sur les lieux même de l'extraction : il est débarrassé d'une partie de sa gangue, et vendu dans cet état par le chef ouvrier ou K'o-chang à celui qui commandite la mine. Le prix en est débattu entre les parties et adjugé au cours du jour; si le commanditaire refuse de racheter, le chef ouvrier est autorisé par le règlement à le vendre à d'autres industriels. Si dans le traitement au fourneau il y a perte, l'acheteur ne peut exercer aucun recours contre les mineurs. Du reste, les personnes chargées de faire ces achats ont une telle habitude du minerai qu'elles voient à première vue ce qu'il est susceptible de produire.
Le minerai amené dans l'usine est d'abord broyé sous de lourdes meules en pieiTe, armées de cuirasses en fer fondu et traînées par des buffles dans une auge en forme d'U. Puis il est passé à travers un tamis assez fin; les parcelles trop grosses reviennent sous le moulin, tandis que les autres sont envoyées au lavoir pour y être débourbées par deux lavages successifs. Ainsi réduit et nettoyé, le minerai est mis au fourneau, où on le mélange avec un cinquième de scories provenant du traitement précédent; on
augmente ou diminue la quantité, d'après la marche de Topération.
La figure 7 représente le profil et le plan du fourneau adopté pour ce traitement. Sa hauteur varie entre 3 et 4 mètres ; l'intérieur est garni de plusieurs couches de sable quartzeux. A environ 1",50 du fond, il y a une ouverture qui sert de porte de chargement. Le fond du fourneau, en sable réfractaire, forme un creux où vient se réchauflFer la matière fondue, avant de s'écouler par l'ouverture ménagée à cet effet; elle va se réunir ensuite dans le bassin extérieur, où elle est maintenue à une très haute température par la flamme qui s'échappe constamment de cette ouverture.
La machine soufflante est la même que celle employée pour les autres traitements; elle est mue à bras d'hommes. La disposition de la tuyère est ici très variable : certains chefs d'usine prétendent qu'une forte inclinaison est avantageuse, et d'autres affirment le contraire; cependant, elles sont toutes plus ou moins inclinées, et le museau plonge dans le fourneau.
On fait usage pour combustible de charbon de bois blanc, mélangé quelquefois avec d'autres essences. La difficulté de trouver près des exploitations le combustible nécessaire a commencé à se faire sentir. Tout ce massif, couvert à l'origine de forêts, est aujourd'hui presque déboisé; dans les environs tout a été coupé et le charbon employé actuellement est produit par les I-jên qui habitent les montagnes, éloignées de 30 à 40 lis du centre des chantiers. Par suite des frais de transport qui s'opère en général à dos d'hommes, le prix du charbon a sensiblement augmenté, surtout depuis quelques années; pourtant les industriels font des contrats
Fouracdu pour le tpaitcmeni du minerai d'étaia el de dalène arêenlifère.
Fie. VU.
Echelle
Z ÛMtehe' de- hrotfçue^.
5 uUoAf^ du' fourneaiu
^ ÙHiehe de- sable rj^xutaù^.
6 SotMet mis en.' mouvement par des hommes.
7 Jbù^nee' du^ jFoi^let .
8 JhHe de^ cha/yement.