‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 8 sur 91 · LES PA-I · texte numérisé non relu

LES PA-I

qne les auti-es parties de la province; malgré cela, ils sont en général plus blancs que les Lo-lo; leur physionomie est plus douce; leurs traits sont allongés; quelques-uns portent des moustaches claires et fines, et se coiflFent d'un turban qui les fait ressembler aux Tung-kinois qu'on trouve du côté de Man-hao.

Les femmes Pa-i ont la peau d'une blancheur remarquable si on les compare aux Chinoises de cette région ; leur visage est généralement agréable ; elles sont actives, sans cette brusquerie de mouvements qu'on remarque chez les femmes Lo-lo ; cette douceur de caractère, que les Chinois prisent par-dessus tout, fait que dans certains endroits, et malgré la différence de race et de costume, ils les choisissent pour concubhics. La façon dont elles s'habillent ne manque pas d'mie certaine élégance : elles portent une petite veste, dont le col, ainsi que celui des femmes Lo-lo, est rehaussé de deux ou trois rangées de boutons d'argent; leurs boucles d'oreille ont différentes formes, mais la plus commune est le grand anneau d'argent. Elles roulent leurs cheveux en torsades autour de la tête, et se coiffent, comme presque toutes les femmes du sud, d'un petit chapeau qui les garantit des rayons du soleil. Elles n'ont pas de robes qui se boutonnent par coté comme les Chinoises, mais bien des jupons ajustés à la taille, en cotonnade du pays et bordés de larges bandes de calicot de couleur. De même que les femmes Lo-lo, elles vont jambes nues et chaussent leurs pieds de sandales en paille.

Le peu de temps que nous avons passé dans le sud ne laous a pas permis de nous familiariser avec les habitudes de ce peuple, comme nous avons pu le faire pour les I-jên, dispersés dans toutes les parties de la province. Les Chinois des localités que nous avons traversées et auxquels nous

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avons demandé des renseignements, nous ont assuré que leur genre de vie n'a rien de différent de celui des Lo-lo: leur alimentation est la même, leurs maisons sont aussi bâties et distribuées de la même façon, sauf qu'au lieu d'un toit en tuiles, elles se terminent en terrasses, suivant l'usage de la contrée. Leur langage seul diffère et se rapproche beaucoup du laotien. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, les Lo-lo, qui sont répandus dans toute la province, ne se comprennent pas d'un département à l'autre; pourtant le fonds est le même. Cette contradiction s'explique par le fait que les habitants du sud, en contact journalier avec d'autres indigènes, ont fait de larges emprunts à J'idiome de ces derniers, soit Pa-i, soit Tung-kinois. Ainsi ceux de l'ouest ont puisé dans le birman, ou dans la langue des Shan, des Lissou, et de plusieurs autres peuplades encore peu connues. Chacune de ces tribus a plus ou moins mêlé à son langage celui de ses voisins, de telle sorte qu'il est très difficile, a moins de faire des études longues et coûteuses, de savoir quelle est la langue primitive de cette race, aujourd'hui très divisée.

Ces différentes tribus, dont nous venons de décrire ce qu'il nous a été possible d'apprendre pendant nos voyages dans la province, n'ont, à notre connaissance, ni religion primitive ni monuments écrits. Les chefs que nous avons vus ont avoué ne connaître aucune religion. Les Man-tzû, de même que les Pa-i, prétendent être dans le même cas; ils n'ont ni temples ni idoles, et les Chinois avec lesquels ils sont en rapport constant nous ont donné la même assurance. Ce qui a pu faire croire que ces tribus professaient une religion, c'est que depuis l'occupation chinoise les

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