LES INDIGÈNES DE L'OUEST
premiers. aborigènes qui se sont trouvés en contact avec les conquérants, ou ceux qui par leurs relations ont réussi à se procurer quelque bien-être, ont, soit par intérêt, soit par imitation, embrassé une religion quelconque; ceux-là, on les voit encore, ainsi que les Chinois, se rendre les jours de fête dans les temples, faire des offrandes, brûler des parfums au dieu de leur culte.
Quant à des monuments écrits, les chefs actuels, qui sont d'habitude choisis parmi les notables, n'en ont jamais connu, et les documents chinois que nous avons eus entre les mains n'en font aucune mention. Si ces peuples, qui, depuis plus de dix-huit siècles, et malgré les croisements survenus sur différents points, ont réussi à conserver intactes leurs mœurs et coutumes, avaient eu un système quelconque d'écriture, ils auraient également conservé quelques manuscrits et les annales chinoises y feraient allusion. La seule écriture dont les gens un peu instruit parmi eux ont connaissance est récriture chinoise. Nous devons dire que les lettres sont peu cultivées par eux ; bien souvent il est difficile de trouver dans un village quelqu'un capable de lire le plus simple écrit chinois. Quand un indigène a une lettre ou un document chinois quelconque à lire, il est toujours obligé d'avoir recom-s à un Chinois pour traduire la langue écrite en langue parlée, et souvent un deuxième interprète est nécessaire pour traduire le chinois en lo-lo du district auquel il appartient.
Nous ne parlerons pas d'une foule de tribus de peu d'importance qui habitent l'extrême ouest et le nord-ouest de la province. Nous nous contenterons de dire seulement que les Hiii-fan, les Tu-fan, qui ne sont autres que le produit du misement entre montagnards et Thibétains, sont tous, de
même que les tribus du sud, de Test et du centre, régis par des T'u-sstt.
H résulte de l'exameu que nous venons de faire dans les notes qui précèdent que tous les autochtones de cette région sont, sans exception, d'une race beaucoup plus forte et plus robuste que les Chinois, mais en revanche ces derniers sont plus industrieux et habiles commerçants.
On est étonné, quand on voit ces indigènes de près, que le gouvernement n'ait pas cherché à faire par la douceur ce qu'il a été . impuissant à imposer par la force. Au lieu de ramener vers lui ces puissants auxiliaires, cette classe de travailleurs infatigables qui auraient pu lui rendre les plus grands services dans les nombreuses exploitations métallurgiques qui ont toujours plus ou moins manqué de bras, il s'est appliqué, par orgueil national, à les maintenir dans l'ignorance; il a sans doute été mû également par la crainte de les voir un jour ou l'autre revendiquer lenrs droits.