‹ La province chinoise du Yün-nanChapitre 83 sur 91 · ROUTE DU FLEUVE ROUGE · texte numérisé non relu

ROUTE DU FLEUVE ROUGE

partie des provinces du sud, de l'ouest et de Test de la Chine. En effet, il suffit de jeter un coup d'oeil sur la carte de l'Indo-Chine pour être frappé de son court trajet, si on la compare à celles que nous avions décrites.

D'après les résidents de Man-hao, qui ont fait plusieurs fois le voyage, il ne faut pas plus de quinze à vingt jours pour remonter le fleuve, de la ville de Hanoi à Man-hao \ En supposant que le chiffre de vingt jours, donné plus haut, soit au-dessous de la moyenne et en l'élevant à vingt-cinq, ce qui est beaucoup plus qu'il ne faut, nous constatons une économie de temps considérable : les bateaux peuvent faire deux voyages pendant que les marchandises parties de Hankow arrivent à Shui-fu, où elles quittent le Yang-tzù-chiang pour la route de terre. Si nous ajoutons les dix journées nécessaires pour se rendre par terre de Man-hao à YUnnan-fu, le total nous montre que trente-cinq jours sont plus que suffisants aux marchandises venant de la mer pour être rendues à la capitale, c'est-à-dire au cœur du YUn-nan.

Si les marchandises sont expédiées à bord d'un vapeur (le Saïgon, de Hong-kong ou de Canton, nous devons ajouter cinq jours de plus pour la traversée jusqu'à Hanoi, de sorte que dans l'espace de quarante jours les négociants de la capitale pourront recevoir des expéditions des ports du littoral.

L'économie de temps et de frais de transport ne sont pas les seuls avantages que le commerce retirera de cette route. Saïgon et Hong-kong étant des ports francs, les marchandises européennes ou autres qui en partiront à destination

> Plusieurs d'entre eux nous ont assuré que, avant que le fleuve ne fût fermé au commerce, les marchandises, embarquées à Canton sur des jonques chinoises, leur parvenaient souvent, après avoir été transbordées dans le Tung-king, dans Tespace de trente jours.

du Yun-nan éviteront des frais de douane et n'auront à payer qu'un droit de transit en faveur du Tung-king, où elles seront transbordées, et un droit d'entrée à la frontière du Yttn-nan; elles s'affranchiront ainsi des droits onéreux des péages de provinces.

L'Angleterre, cela n'est pas douteux, a un grand avantage à établir une route commerciale qui puisse relier ses possessions de l'Inde avec le sud-ouest de la Chine. De son côté, la France n'a pas un moindre intérêt, à cause de sa colonie de Cochinchine et du protectorat qu'elle exerce sur le Tungking, à faciliter le développement commercial de la voie en question.

Le fleuve Rouge, dans son état actuel, peut, d'après nos informations, être remonté par des bateaux à vapeur d'un tirant d'eau de 60 centimètres environ, même pendant la saison des basses eaux. De mai à décembre (saison des crues), il est facile à des bateaux calant jusqu'à 1",80 de remonter jusqu'à Man-hao, sans nulle crainte de toucher. Cependant, en raison des nombreux rapides qui se trouvent entre Lao-kai et Man-hao, et plus particulièrement entre Hsin-kai et Man-hao, il y a lieu de croire que Lao-kai, vu sa position limitrophe du Yun-nan et du Tung-king, deviendra le point extrême de la navigation à vapeur et l'entrepôt du Yttn-nan. Pour arriver là, une seule difficulté est à vaincre, c'est la vitesse du coui'ant, qui, au témoignage des personnes qui ont navigué à l'époque des hautes eaux, est moindre que sur le Yang-tzù-chiang.

H sera nécessaire d'exécuter quelques travaux hydrographiques, de faire disparaîti-e plusieurs barrages de galets, et de purger les rives du fleuve des pirates au pavillon noir qui en infestent le cours. La sécurité ainsi établie.

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