‹ La province de Québec, son organisation politique et administrative, ses ressources agricoles, minieres et industriellesChapitre 22 sur 77 · VOIRIE · texte numérisé non relu

VOIRIE

Dans la province de Québec, la voirie est restée longtemps dans des conditions rudimentaires. La plupart des chemins, misérablement entretenus, présentaient par endroits des successions d'ornières, et ne pouvaient être suivis que par des voitures d'une construction toute spéciale ; mais grâce aux primes accordées depuis 8 ans par le gouvernement, la voirie a fait des progrès considérables.

Depuis 1899, des rapports des différentes municipalités qui ont fait l'acquisition de machines à réparer les chemins, ont été transmis au ministère. Ces rapports établissent qu'un grand nombre de chemins ont été réparés et qu'il y a un progrès indiscutable.

Comprenant l'importance qu'il y avait à mettre fin à ce régime désastreux, le ministre de l'Agriculture a offert à chaque municipalité de lui payer 350 francs sur le prix d'acquisition d'une machine à réparer les chemins.

Cette initiative prévoyante a porté des fruits immédiats, et l'on a vu bon nombre de municipalités se prévaloir de l'offre du ministre.

De plus, les conseils de comté ont été invités à faire l'acquisition de concasseurs pour l'empierrement des chemins, et le gouvernement leur vient en aide en payant la moitié du prix jusqu'à concurrence de 6200 francs.

L'on constate, dans une foule de localités, le désir de mettre un terme à l'esprit de routine qui a toujours prévalu, en même temps que la détermination d'adopter résolument l'usage des instruments modernes qui mènent d'une façon si rapide et si radicale aux résultats que l'on s'efforce d'atteindre, c'est-à-dire de bonnes routes.

INDUSTRIE LAITIERE

Comme il a été déjà dit plus haut, l'industrie laitière est aujourd'hui la principale branche de l'agriculture dans la province de Québec et pour mieux assurer la propagation des meilleures méthodes et le progrès en général de cette industrie, la province a été divisée, en

districts régionaux dans lesquels peuvent être établis des syndicats, composés des propriétaires de fromageries et de beurreries. Il y a 48 syndicats de fromageries et les fabriques qui en font partie sont visitées plusieurs fois durant l'été par des inspecteurs experts dans la fabrication.

Ces organisations font une très utile besogne.

Le gouvernement emploie aussi sept inspecteurs généraux pour visiter les fabriques de beurre et de fromage qui n'appartiennent pas aux syndicats. Ces visites ont déjà produit des résultats excellents.

Chaque inspecteur a charge d'un groupe de fabriques, réparties dans un district comparativement restreint, qu'il peut visiter aisément en un mois. De la sorte, les fabriques de tout district sont visitées régulièrement, ce qui rend les instructions données plus uniformes et assure plus de régularité dans la qualité des produits.

En outre des primes accordées pour le& constructions de beurreries et fromageries, le gouvernement provincial donne des subventions pour la construction de bonnes chambres

AGRICUI.TURE III

de maturation pour le fromage. Ces primes varient de 500 à 1000 francs suivant la dimension des chambres.

Afin que le lecteur ait sous les yeux une notion précise concernant le développement du commerce de beurre canadien, rappelons les chiffres comparés de l'exportation dans la Grande-Bretagne, pour les années 1897 et 1898 : la première donne le chiffre de 12,253,024 livres, et la deuxième celui de 17,568,880 livres. En 1904, l'exportation du beurre s'est élevée à

26,860,700 livres.

L'exportation des œufs et du lard fumé (bacon) a pris aussi un développement extraordinaire.

En 1897, le Canada exportait en Angleterre 5,687,690 douzaines d'œufs ; en 1898, 7A53^550 douzaines; en 1902, ii,353>525 douzaines.

En 1897, la quantité de "bacon" exporté en Grande-Bretagne était de 32,511,696 livres ; en 1898, de 60,018,448 livres; en 1902, 105,- 841,366 livres.

Le recensement général de 1901 fixait à 549,454 le nombre des vaches laitières dans la

province de Québec, contre le chiffre de 490,- 997 que donnait le recensement décennal précédent, celui de 1891.

L'exportation des chevaux du Canada a subi une diminution depuis 1896, mais celle des autres animaux a plus que doublé.

Depuis trois ans, à la suite d'une entente avec le gouvernement fédéral, plusieurs compagnies de navigation océanique ont pourvu leurs steamers de compartiments frigorifiques destinés à maintenir en bon état les produits périssables de l'arboriculture et de l'industrie laitière. Aussi, l'exportation de ces produits, particulièrement dans la province de Québec, at-elle pris, depuis 1897, un développement prodigieux. En outre, la qualité du beurre canadien a acquis une réputation considérable sur les marchés de la Grande-Bretagne. Il y a quelques années, on considérait le beurre canadien comme étant de troisième ou de quatrième qualité ; aujourd'hui, il obtient sur les marchés étrangers un prix beaucoup plus élevé et rémunérateur pour le cultivateur.

On peut dire que les deux tiers des crémeries du Canada sont aujourd'hui pourvues d'appareils frigorifiques pour la conservation du beurre, depuis le moment de la fabrication jusqu'à celui de la livraison. Les importateurs de beurre, en Angleterre, qui ont visité le Canada, disent que le beurre canadien, fraîchement fabriqué est, sous tous les rapports, comparable aux beurres les plus fins importés des autres pays par la Grande-Bretagne.

Les steamers pourvus de chambres frigorifiques ont une capacité totale de 200,000 boîtes de beurre ; ils le transportent, hiver et été, des ports canadiens de Montréal, Halifax et Saint- Jean aux ports de la Grande-Bretagne qui en font principalement commerce avec le Canada, (Londres, Bristol, Liverpool, Manchester et Glasgow.)

D'après le recensement de 1901, la valeur moyenne des chevaux sur la ferme était de $73.60 par tête ; celle des vaches à lait, $26.79 ; celle des autres bêtes à cornes, $11.09; celle des moutons, $3.63 ; celle des cochons, $7.71. La valeur totale des chevaux sur chaque ferme était de $159.90; celle]des vaches à lait, $151.16; celle des autres bêtes à cornes, $50.43 ; celle

des moutons, $18.12 ; celle des cochons, I23.00 ; celle des volailles et des abeilles, $9.57.

Le lait et la crème vendus aux beurreries et aux fromageries, au montant de $12,874,367 sont inclus dans la valeur des produits de la laiterie. Il y avait en opération, dans la province, pendant l'année du recensement, 1,992 fabriques, dont 340 faisaient du fromage et du beurre ; 1,207 du fromage seulement et 445 du beurre seulement. Elles ont produit 80,630,- 199 livres de fromage, valant $7,957,611 et 24,625,000 livres de beurre, valant $4,916,756, faisant un total de $12,874,367. Pendant l'année du recensement précédent, il y avait dans la province 617 fromageries et m beurreries dont la production totale était de $2,918,527. I/' augmentation dans la valeur des produits fabriqués de la laiterie depuis 1890 jusqu'à 1900, dans la province de Québec, s'élevait donc à $9,955,840, ou 341 pour cent.

Depuis quatre ans, le développement n'a fait que s'accentuer, et ce n'est pas être optimiste que d'avancer que, d'ici peu, les produits de l'industrie laitière atteindront le chiffre de $20,000,000 dans la province de Québec.

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