I04 SIR CHARLES BAGOT
les intérêts du Canada. En effet, l'Angleterre cédait aux Etats-Unis des millions d'acres de terre qui, de toute évidence, appartenaient au Nouveau-Brunswick. On abandonnait, en même temps, à la république voisine, dans la vallée de la Madawaska, au moins deux mille Français et Acadiens, qui se trouvaient à passer sous le drapeau américain.
Dans le premier discours qu'il prononça en Chambre, Eafontaine s'était exprimé comme suit : « ... le gouverneur reconnaît qu'il faut la coopération active des Canadiens-français, mais le gouverneur ne l'aura qu'à des termes qui ne puissent en rien diminuer ni affaiblir notre honneur et notre caractère ... «
...«L'Acte d'Union, ajoutait-il, dans la pensée de son auteur, a été d'écraser la population française ; mais l'on s'est trompé, car les moyens employés ne sont pas complets pour produire ce résultat. La niasse des deux populations dn Haut et du Bas-Canada a des intérêts communs, et elles finiront par sympathiser ensemble. . .'>
Le but politique poursuivi par Lafontaine pendant toute sa vie fut, en effet, cette union (ce qui ne veut pas dire fusion) des deux races, ou plutôt des meilleurs éléments des deux