‹ La Province du CanadaChapitre 15 sur 42 · SIR CEI ARLES BAGOT IO · texte numérisé non relu

SIR CEI ARLES BAGOT IO

races, de façon à obtenir justice par de nnituelles concessions.

Pour parvenir à cette fin, il songea à s'allier avec Robert Baldwin.

Baldwin appartenait à une famille qui avait fait partie à.w fainily compact. Quelque temps avant de mourir, le père de Baldwin s'était querellé avec ce parti et son fils s'était jeté dans le camp des réformistes.

]\I. Kaye, l'auteur de la vie de sir Charles Metcalfe, fait le portrait suivant de M. Baldwin, portrait fait, suivant toute probabilité, d'après des notes prises par le secrétaire de Metcalfe :

« Baldwin, dit-il, était beaucoup plus capable et plus énergique que M. Lafontaine. . . il y avait en lui une espèce de sublime égoïsme, d'orgueil magnifique, qui faisait qu'il se considérait comme un grand j)atriote, tandis qu'il travaillait à la satisfaction de son ambition, de sa vanité ou de son dépit ...»

C'est là un portrait peu flatté, et aussi peu mérité, car Baldwin était certainement un grand patriote, et le seul fait qu'il s'est toujours montré le véritable et sincère ami des Canadiens-français, est suffisant pour montrer son désintéressement.

Le même M. Kaye a écrit ce portrait de

Io6 SIR CHARLEvS BAGOT

Lafontaine où les éloges sont mêlés à des restrictions étranges :

« Ayant, dit-il, pendant de longnes années, Intté contre l'égoïsme oppressif de la race dominante, aigri par l'injustice, il était devenu méfiant et soupçonneux ; et les doutes qui flottaient continuellement dans son esprit avaient naturellement engendré Tindécision et l'irrésolution. INIais c'était un homme juste et honorable. Ses motifs étaient à l'abri de tout soupçon. Rempli d'attachement pour son pays, ne recherchant en tout que le bonheur de ses compatriotes, il devait sa haute position à ses qualités morales plutôt qu'à ses qualités intellectuelles. Il était estimé et respecté, plutôt qu'admiré. Comme chef d'un parti important et uni, il occupait une large place aux yeux du public ; et, sans être absolument à la hauteur de sa position, il allait jouer un rôle important dans les grands événements qui s'annonçaient.»

Baldwin avait fait partie du ministère Draper, mais il n'avait pas tardé à donner sa démission, comme on l'a vu, car ce ministère ne possédait pas sa .confiance ; on a donné une raison plus patriotique de sa démission par le fait que l'élément français n'y était pas repré-

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