‹ La Province du CanadaChapitre 28 sur 42 · FIN DU MINISTERE LAFONTAINE-BALDWIN · texte numérisé non relu

FIN DU MINISTERE LAFONTAINE-BALDWIN

LA troisième session du troisième parlement s'ouvrit à Toronto le 14 mai 1850. Elle fut prorogée le 10 août suivant. Le discours du trône, très chargé, mentionnait plusieurs mesures importantes que le ministère soumettrait à l'approbation des Chambres.

Quelques changements ministériels s'étaient opérés ; MM. L.-INI. Viger, Caron et Cameron avaient démissionné. Ce dernier devait se rallier à l'opposition, et, en s'unissant au D"" Rolph, donner naissance au parti connu sous le nom de clear grit pour le distinguer du parti grit. Ce parti eut plus tard pour chef George Brown. Les clcar grits s'unirent à Papineau et firent une lutte à mort au ministère Lafontaine-Baldwin. Il fallait que ce gouvernement fût bien fort pour résister à l'assaut de trois groupes d'hommes coalisés, les ultra conservateurs, les clear grits et les libéraux ou démocrates.

Pour la seconde fois, Lafontaine ramena son projet de loi remodelant la représentation. La population avait considérablement augmenté, surtout dans le Haut-Canada, et il était évident qu'une réforme s'imposait. Lafontaine voulait porter la représentation à 150 députés, soit 75 députés pour chaque province au lieu de 42, tel que l'édictait l'Acte d'Union. Pour que ce projet devînt loi, il était nécessaire qu'il recueillît les deux tiers des voix de la Chambre, c'e.stà-dire 56 votes. Il n'en réunit que 51.

Cet échec, et d'autres qu'il eut à subir, firent naître chez Lafontaine la détermination d'abandonner la politique ; auparavant, toutefois, il devait rendre d'inappréciables services à son pays.

Papineau qui, à lire l'histoire des dernières années politiques de sa vie, fait l'impression d'un homme résolu d'avance à combattre toutes les mesures du gouvernement, prit parti, en cette occasion, avec l'opposition. Il adopta pour programme la question de la représentation basée sur le chiffre de la population, question qui provoqua tant de discussions orageuses et qui devait aussi finalement, et avec raison, croyons-nous, triompher. Ici, et pour une fois, Papineau avait raison contre

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