‹ La province romaine de DalmatieChapitre 10 sur 32 · SOUMISSION DE L*ILLTRIE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE L*ILLTRIE SEPTENTRIONALE

terminée, revint à Rome après deux années S . Il avait fallu plus d'une légion au proconsul* pour cette guerre, dont l'intérêt fut diminué par les événements de Thrace ; mais lorsque la guerre de LucuUus contre les Besses* eut achevé la soumission de la Thrace et des Balkans, l'Illyrie occidentale appela de nouveau l'attention des Romains ^

§ 3. — Soumission de l'Illyrie septentrionale.

La situation de la Dalmatie en face de l'Italie, entre la Gaule cisalpine et la Macédoine, imposait aux Romains, indépendamment de ce qu'exigeait la sécurité de la partie de riUyrie déjà soumise, la nécessité d'une prompte conquête. Il fallait fermer de ce côté le chemin à toute invasion nouvelle. La paix de l'Italie ne pouvait être assurée que par l'extension de la frontière jusqu'au Danube et la réduction de toutes les tribus fixées en deçà du fleuve. Bien que les armées romaines en eussent déjà parcouru victorieusement quelques cantons, l'/Z/j/ncî^m n'avait pas encore été désigné par le Sénat, sous le nom de Provincia^

* Butr., VI, 4.

2 Cic; Pro Cluentio, 35, 97.

3 Amm. Marc, XXVII, 4, 11; Eutr., VI, 10 ; Ruf.. IX. Région de VHemos (Balkans) et principalement vallée du Nestos (Mesta ou Karasou).

* Il est question, dans Frontin (II, 5, 28), d'un proconsul P. Licinius en guerre contre les lapydes. Aucun autre historien ne parle du fait, auquel on a voulu voir une allusion dans un fragment de Salluste (HisL» III, 74). Le personnage n'étant pas autrement connu et le fait ne pouvant se rapporter à aucun des Licinius, il est impossible de fixer une date à cet événement. (Cf. Zippel, Op.cit,, pag. 79.)

pour une conquête et une occupation définitives avant Tannée 78 et le proconsulat de Cosconius. Les expéditions dirigées dans cette contrée avaient été confiées, suivant les circonstances, aux gouverneurs de la Macédoine ou de la Cisalpine. La partie de l'IUyrie qui depuis la défaite de Gentios était sous la dépendance de Rome, assez rapprochée de la Macédoine pour être en partie plus tard confondue avec elle, était par cela même placée plus spécialement sous la protection du gouverneur de cette province, tandis qu'au contraire celui de la Cisalpine devait veiller sur les territoires voisins d^Aquilée et de Tergeste (Trieste). Tous deux pouvaient être au besoin, et avaient été en effet appelés à unir leurs efforts contre les peuples de cette région ; mais nous ne trouvons, avant Cosconius, aucune indication formelle d'une province d7i« lyricunij et l'issue des guerres, qui se terminaient le plus souvent, non par une prise de possession de territoire, mais par des traités et l'imposition d'un tribut, nous montre Rome plus préoccupée de la protection des provinces acquises que d'une annexion nouvelle.

Ce qui n'avait été, au temps de Cosconius, qu'une indication, se manifesta bientôt comme une décision formelle.

La loi Vatinia attribua, au mépris des lois antérieures, à César le commandement pour cinq années de la Gaule cisalpine et de l'IUyrie, auxquelles le Sénat ajouta la Gaule chevelue, «craignant, dit Suétone, que, s'il la lui refusait, le peuple ne la lui donnât encore *» . Quatre légions

» SMéU;César, 22; —Plut.; Ces., ii-, Pompée, 48; Cat. U., 33; Grassus,

Page 1