‹ La province romaine de DalmatieChapitre 9 sur 32 · SOUMISSION DE L'ILLYRIE GRECQUE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE L'ILLYRIE GRECQUE

à Rome même, on ne le regardait pas encore comme un ennemi dëclaréV Si l'on refusait de répondre à ses envoyés, on déléguait en mission auprès de lui A. Terentius Varron, C. Pletorius et G. Gicereius, plus tard encore Decimius, non sans espoir de Tentraîner à faire la guerre en commun*. Bien plus, M. Lucretius, frère du préteur, commandant la flotte, ayant trouvé à Dyrrachium cinquantequatre de ses navires, feignit de les croire préparés pour le service des Romains, les emmena à Corcyre, et de là à Cé^ phàllénie^ avec les vaisseaux des alliés^. Cette perte d'une partie de sa flotte, l'expédition des Romains contre les Carnes, la nouvelle de la marche de Cassius vers la Macédoine à travers l'IUyrie, la présence à Issa d'un magistrat romain, C. Furius, et l'arrivée dans cette île, que son séjour ne suffisait plus à protéger, d'une flotte de huit navires et de 2,000 soldats; l'occupation de Lychnidos par 4,000 soldats romains et 8,000 auxiliaires, le firent incliner vers Rome*, dont les forces le cernaient de tous côtés par terre et par mer. Mais Téchec d'App. Claudius dans sa première attaque d'Oicana (Dibra Sipéré *, sur le Drin noir), la reprise de cette ville par Persée, la vente des 500 jeunes lUyriens qu'il y fait prisonniers, sa marche rapide vers les frontières desLabéates, la dévastation sys-

* Liv., XLII, 29.

2/6ii.. XLII, 87.

3/2,id.^XLII, 48.

^ Gentium quoque regem jam diu dubium (cernens Perseus). Liv. XLIII. 18 (20).

^Uskup, selon Pouqueville et M. Desdevises; Voscopoli^ suivant Forblger.

tématique du pays\ événements qui effraient les Romains eux-mêmes et leur donnent à craindre des défections, font enfin pencher la balance du côté de la Macédoine.

Les ravages des Macédoniens avaient été si terribles que ce ne fut qu'au prix de mille souffrances* que les ambassadeurs de Persée purent gagner Scodra. Gentios était à Lissos. Malgré le tableau que lui firent Pleuratos et AdaBos de la puissance de Persée ^ il hésitait encore. Gomment faire la guerre aux Romains sans approvisionment et sans argent ! Persée était avare. L'ambassade le rejoignit à Styberra (Perlépé, près de Monastir*), où il vendait son butin. Il se plut à trouver obscure la réponse, pourtant si claire, de Gentios. La présence de Pleuratos, sans doute un des parents de Gentios, une de ses victimes, n'était-elle pas la cause de ses hésitations ?

Il adjoignit cette fois à Adœos un de ses gardes du corps, Glaucias, et un autre Illyrien sachant la langue du pays, leur donnant pour instruction, non pas encore de vaincre par des offres les derniers scrupules du roi, mais de lui faire déclarer à quelles conditions il pourrait s'entendre avec lui. Quand Gentios leur eut répété que l'argent lui manquait, Persée, rendu plus clairvoyant par l'approche d'une armée romaine, lui fit offrir par Hippias 300 talents d'argent, et le traité fut enfin conclu à Météon^ (Medeon^) chez les.Labéates, entre Gentios et Pantauchos,

1 Pol., XXVIII, 8 ; Liv., XLIII, 20, 21 (22, 23).

* Pol., loc. cit.

3 Heuzey; Mission de Macédoine, pag. 316.

* Medeon, sur la r. g. de la Boïana (Forbiger); Saint-Jean de Medoa

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an des intimes du roi de Macédoine. Il ne lui en coûta rien ie recevoir en grand apparat, en présence de son armée, Tambassadeur de Gentios, Olympien, les otages qu'il ii- Miraitel les agents qu'il envoyait pour toucher le prix convenu; mais, quand il fallut payer, Persée se montra moins magnifique. Déjà il avait perdu par ses lésineries le concours d'Eumène etdes Gaulois de Glondicus. Gomme Gentios s'était déjà compromis en envoyant Parménion et Morchos en ambassade à Rhodes avec les députés des Macédoniens, Pantauchos ne lui remit que 10 talents, et l'incident sur lequel comptait Persée le mit définitivement en guerre avec Rome. M. Perperna et L. Petillius arrivaient au même moment auprès de lui comme ambassadeurs : Gentios les accusa d'être venus comme espions et les fit jeter en prison. Le reste des 300 talents promis fut rapporté à Pella (AUah-Kilissia), où il devait tomber entre les mains des Romains victorieux.

Le sort en était jeté. Gentios, excité par Pantauchos, semblait vouloir agir avec vigueur. Quatre-vingts navires allèrent ravager le territoire de Dyrrachium et d'Apollonie'j Caravantios, frèreutérin duroi, se jetaavec 1000 fantassins et 300 cavaliers sur le pays des Gavions, et, avec le reste des 15,000 hommes qu'il avait rassemblés, lui-même vint

(M. Desdevises); Medun, près de Spuj et de Podgoritza (M. Tomaschek; Die vorslavische Topographie der Bosna^ Herzegowina, Crna-gora und der angrenzenden Gebiete, ap. Mitiheilungen der h, k. Geographischen Gesellschaft in Wien, novembre et décembre 1880).

Bien que cette remarquable étude de M. Tomaschek ait été publiée depuis Tachôvement de mon travail, j*ai pu la consulter au cours de

l'impression et j'aurai souvent occasion de la citer.

assiéger Bassania^ à cinq milles de Lissos. La conduite de la guerre contre Gentios avait été confiée au préteur Anicius, tandis que les deux consuls devaient, l'un sur terre et Tautre à la tète de la flotte, mener les opérations contre Perséo.

Garavanlios, bien reçu à Dxjrniony avait été repousse par une autre ville, Caravantis *, et s'en vengeait par des dévastations. Mais les habitants des campagnes s'étaient soulevés, quelques-uns de ses soldats avaient été tués, et App. Glaudius, renforcé par des auxiliaires BuUiniens*, Apolloniates et Dyrrachiens, campait sur les bords du Genusos {^Q,o\imhï) , Anicius, ayant appris à Apollonie\Q% ravages faits par la flotte, alla se mettre à la tête de l'escadre romaine qui stationnait près de là, vint en hâte sur les lUyriens, les mit facilement en déroute, leur prit quelques navires et força les autres à rentrer dans leurs ports. Il courut ensuite rejoindre Glaudius, vola au secours de Bassania^ et par sa marche seule détermina Gentios à lever précipitamment le siège, sans même emmener toute son armée. Cette lâcheté indigna les soldats, qui se rendirent en foule au préteur; les villes l'accueillirent avec empressement, et il arriva enfin devant Scodra^. Le siège pouvait être long et difficile ; la situation de la ville, SOS défenses naturelles, la présence de tous les lUyriens

^ La situation de ces deux villes et du pays des Gavieas lui-môme est encore inconnue.

2 Habitants de Bullis ou Byllis (Gradista) sur VAoos, à trois lieues du golfe d'Avlona. (Pouqueville, Op. cit., I, pag. 275.)

^ Liv., XLIV, 31.

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courus en masse, le désespoir qui pouvait s'emparer )s défenseurs et du roi poursuivi dans son dertiier asile, avaient faire échouer l'entreprise. Mais les assiégés ent une sortie imprudente ; leur courage ne se soutint s, la déroute se mit bientôt dans leurs rangs ; plus de ux cents, enveloppés dans leur fuite, périrent aux portes imes de la ville, et la terreur fut si grande que Gentios voya aussitôt deux des principaux Labéates, Teuticos et llos, demander une trêve au préteur. Après trois jours, odant lesquels les Romains campèrent à 500 pas seuleintdela place, le roi, ne voyant pas arriver Garavantios, devant duquel il s'était tranporté en barque jusqu'au Labeatis (lac de Scutari), se rendit au camp duvain- )ur. Le successeur de Teuta s'accusa de folie, fondit en nés, se jeta en suppliant aux pieds du préteur et se dit à discrétion.

^.nicius le rassura, Tinvita à sa table, lui permit de )urner près des siens dans la ville, le traita pendant 'epas avec beaucoup d'honneur, et après le repas onna à ses hcteurs de le jeter en prison sous la le de G. Gassius, tribun des soldats. Les ambassaiTS furent rendus à la liberté et rétablis dans leurs oités. Perperna, envoyé à Météon pour s'assurer des is et des parents du roi, amena au camp de Scodra femme de Gentios, Etleva ou Etuta, fille du prince Dardanes , Honunos , à l'occasion de laquelle il it fait tuer Plator, avec ses deux fils Scerdilaedos et uratos et son frère Garavantios. La mère du roi, Euice, vint bientôt rejoindre les autres prisonniers. Fer-

perna alla porter à Rome la nouvelle de cette victoire, dont la captivité de toute la famille royale, qui le suivit à peu de jours, était un témoignage. La guerre n'avait duré que vingt jours. Ce fut la seule dont ou ait appris à Rome Tachèvement avant même d'avoir su qu'elle était entreprise*.

Pantauchos et les jeunes Macédoniens qui avaient été livrés en otage apportèrent à Persée cette funeste nouvelle, qu'il essaya vainement de tenir secrète : le royaume d'Illyrie n'était plus ! Celui de Macédoine allait bientôt succomber.

Restait à régler le sort du pays conquis. Appien parle de 70 villesde Gentios pillées en une heure, sur un ordre du Sénat, dans des circonstances singulièrement déloyales, par Paul-Émile, un des plus honnêtes généraux de Rome cependant. Mais les autres historiens placent avec raison ces villes enÉpire, et les détails donnés par Tite-Live ne laissent sous ce rapport aucun doute. Le nom d'Illyriens, sous lequel cet écrivain lui-même désigne les populations qui furent atteintes, explique l'erreur d' Appien. Leslllyriens se répandaient volontiers sur tout le pays d'alentour, et l'on en trouve établis en Macédoine, ayant déposé leurs goûts d'aventure et de pillage pour devenir une population d'agriculteurs laborieux*. Le Sénat agit au contraire avec une grande modération vis-à-vis de peuples dont la soumission avait été si facile. Après avoir ordonné

4 Liv., XLIV, 30-32 ; Plorus, II, 13 ; App.; /«., 9. 2 Incolas quoque permultos Gallos et Illyrios, impigros cultores. (Liv., XLV, 30.)

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trois jours de prières publiques pour remercier les dieux, i] prorogea dans son commanderïient en Illyrie, jusqu^à ce que, d'accord avec les commissaires, il ait achevé la pacification du pays et décidé ds sa nouvelle forme de gouvernement, Anicius, dont la clémence et la justice avaient beaucoup contribué au succès * . Cinq commissaires furent nommés à cet effet: P. iEliusLigus, consulaire; C. Gicereius et Gn. Baebius Tamphilus, anciens préteurs; P. Terentius Tuscivicanus et P. Manilius*. Leurs instructions étaient des plus libérales : de même qu'aux Grecs, c'était la liberté et non la servitude que devaient apporter aux peuples de Macédoine et d'IUyrie les victoires des Romains, ccll fallait attendre, dit Montesquieu, que toutes les nations fussent accoutumées à obéir comme libres et comme alliées, avant de leur commander comme sujettes' d. La guerre n'étant pas encore terminée en Épire, Anicius laissa une garnison dans Scodra *, plaça des gouverneurs romains hRhizon (Risano) et à Olcinium (Dulcigno), et réprit la campagne. L'expédition heureusement achevée, il revint à Scodra, où il trouva les commissaires et y convoqua les notables de toute la province. « Là, du du haut de son tribunal et de l'avis de son conseil, il déclare que, par la volonté du Sénat et du peuple romain, les lUyriens sont libres; les garnisons évacueront

1 liv., XLIV, 31. Adjuvante inclinationem animorum clementia in omnes et justitia praBtoris romani.

2 Liv., XLV. 16.

3 Montesquieu, Gr. et déc, des Rom*, ch. 6.

* liv., XLV, 26.

toutes les villes fortes, toutes les citadelles, tous les forts. Les Isséens, les Taulantiens, les Pirustes de Dassarétie (bassin supérieur du Drin blanc), les Rhizonites et les Olciniates seront non-seul3ment libres, mais exempts d'impôts pour s'être ralliés aux Roma'ms quand Gentios régnait encore. Même faveur est accordée aux Daorses (à gauche de la Xarenta ), pour avoir abandonné Garavantios et passé en armes du côté des Romains . Les Sco* driens, les Dassarenses, du bassin deVOriundes (Moratcha) 5 les Sélépltans, à Touest du ffercetesios (Granmios), et tous les autres lUyriens paieront la moitié des redevances qu'ils donnaient au roi. Ensuite, il d.visa l'Illyrie en trois parties : la première fut celle que nous avons dite ; la seconde comprit tous les Labéates (entre le lac iaôeatw et le Drilo ) ; la troisième, les Agravonites ( habitants d\ic)uvium (Teodo) et de la partie sud du golfe de Gattaro), les Rhizonites et les Olciniates et leurs voisins.»

La suite que le Sénat romain mit toujours dans sa politique nous permet de suppléer aux lacunes de Tite-Live, et de reconstituer celte première partie de TlUyrie, dont la description qu'il annonce ne nous est pas parvenue.

Elle comprenait évidemment toute cette portion de pays qui plus tard fut rattachée à la province de Macédoine, avec Apollonie, Dyrrachium et le territoire des Dassarètes, des Parthins et des Taulantiens jusqu'à l'embouchure du Drin.

C'était là rillyrie romaine, la route de Macédoine, et les villes alliées A^ Apollonie et de Dyrrachium reçurent une bonne partie des 220 navires pris sur le roi Gentios.

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Les Labéates étaient, comme Tont été les Monténégrins jusqu'à nos jours, exclus de la mer. Issa restait une dté libre fédérée * et les autres lies étaient sans doute rattachées au conventus de Rhizon^ dont le siège fut plus tard transféré à Narona. La similitude des instructions données aux commissaires de riUyrie et de la Macédoine» Tadoption à Tégard des deux pays d'une politique identique, la ressemblance complète des deux formules lues par Aricius à iScodra et par P. -Emile en Macédoine, amènent à conclure que l'organisation donnée aux deux pays fut la même. Les villes nommèrent elles-mêmes leurs magistrats annuels, jouirent, sauf dans le district de Scodra, où elles devaient payer un tribut, de tous les avantages accordés aux villes aimmunes et liberœio , mais n'en étaient pas moins assez sous la dépendance de Rome, comme toutes les villes dans ces conditions, pour que Tite-Live les désignât déjà sous le nom de ce Illyricv/m provincia *» .

Le triomphe d'Anicius'fut l'épilogue de la conquête. Celui de Paul-Émile, qui avait eu lieu quelques jours auparavant, nuisit sans doute à son éclat, mais le préteur, du moins, ne se le vit pas contester. Gentios, sa femme, ses enfants, son frère et plusieurs nobles lUyriens marchèrent devant le char du vainqueur, dont les soldats chantaient la gloire (168).

Le butin était plus considérable que ne l'eussent fait

4 Ces.; G. civ., m, 9. 1.

2 Liv., XLV, 26. Cf. Marqiiardi: Rom. Staats,,!, 3^0 et suW. * (L. Aoijcius, L.f. M. n. Gallus pro. pr. de rege a. dxxcv (i) (Genlio) et Illurieis Quirioalibus. (Act. Ir, cap., C, I. I», I, pag. 459.)

supposer la petitesse et la pauvreté du royaume. « Anicius fit passer sous les* yeux des citoyens beaucoup d'étendards et d'autres dépouilles, les meubles du palais du roi, 27 livres d'or et 19 livres d'argent, 3,000 deniers et 120,000 autres pièces d'argent d'IUy rie... Anicius prit sur le butin les gratifications qu'il fit distribuer aux soldats; chaque fantassin eut 45 deniers, chaque centurion le double et chaque cavalier le triple ; les alliés du nom latin eurent autant que les citoyens et les troupes de mer autant que celles de terre. . . Valerius d'Antium rapporte que la vente du butin produisit 20,000,000 de sesterces, sans compter l'or et l'argent qui furent portés dans le trésor public ; mais comme on ne voit pas trop d'où peut provenir une somme aussi forte, je me borne à citer, sans rien affirmer à cet égard *. »

Gentios et sa famille furent emmenés en captivité à Spolète, et de là à Iguvium [Eugubium, Gubbio) . L'Adriatique était délivrée d'une partie des pirates qui inquiétaient son commerce , mais l'intérieur de l'IUyrie n'était pas soumis, et les populations campées dans les montagnes devaient encore coûtera Rome bien des efforts.

g IL — Soumission de la Dalmatie.

La première tribu qui rappela les légions en lUyrie fut celle des Dalmates.

Cette tribu, composée sans doute, comme plus tard en

« Liv., XLV, 43.

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Germanie les Francs, des débris de populations vaincues ou décimées par' des guerres intestines, était arrivée par la révolte à une vie indépendante. De la haute vallée du TUurius (Gettina) et de Delminium (Gardun- Voynitch près deTrigl), d'où elle lire son nom, elle s'était, à la faveur des désastres des lUyriens de Gentios, avancée peu à peu jusqu'à la mer. Sortie parle défilé de Glissa des forêts de Ses impénétrables montagnes, elle plaçait les populations du littoral dans cette condition pénible où les possessions vénitiennes restèrent si longtemps vis-à-vis des Turcs, exposées à d'incessantes attaques, à de continuels dommages. Leurs voisins avaient dû se soumettre à un tribut en moutons et en blé* qui ne ]es mettait cependant pas à l'abri d'autres incursions et d'autres violences. Les colonies isséennes d^ Epetium (Stobrez) et de Tragurium (Trau) avaient surtout à s'en plaindre. Les ambassadeurs que les Isséens chargèrent de demander justice ayant été mis à mort, ceux-ci et les Daorses s'adressèrent aux Romains ^. Ces incursions barbares, dont l'Italie elle-même avait souvent à soufiFrir, n'étaient pas de nature à émouvoir beaucoup les Romains de cette époque ; d'autres motifs que le soin de la défense de clients et d'alliés les décidèrent à prêter Toreille à cet appel. «Il y avait douze ans que l'on avait terminé le guerre de Persée et les affaires de Macédoine. Ils voulaient donc, en faisant la guerre aux Dalmales, renouveler en quelque sorte l'ardeur et l'énergie de leurs propres troupes en même temps qu'effrayer

1 Pol., XXXII. 18-19.

2 Zonaras, IX, 25.

les lUyriens et les forcer à obéir, par la suite, à leurs ordres*. » C. Fannius fut donc envoyé près d'eux en mission. Non-seulement il n'obtint aucun des honneurs ni des prévenances que Ton accordait d'ordinaire aux ambassadeurs; mais après avoir reçu des Dalmates cette dure réponse a qu'ils n'avaient rien de commun avec les Romains », il se vit enlever ses chevaux et ne put éviter que par une fuite secrète des traitements plus durs encore.

Revenu à Rome, le légat fit le récit de sa mésaventure au Sénat, qui, indigné, déclara la guerre aux Dalmates, pour venger Tinsulte faite à son ambassadeur. Le cas était prévu et Texpédition justifiée. Mais une guerre contre ce peuple grossier et barbare ne semblait plus rien à Rome, habituée à combattre et terrasser d'autres ennemis. On la traita même avec trop de dédain, car au débute. Marcius Figulus fut battu (156), forcé dans son camp et contraint de reculer jusqu'au iVaro/i (Narenla),dansla direction d'où était sans doute partie Texpédition. Mais Figulus ne voulut pas rester sous le coup d'un échec; l'hiver approchait, et le moment où un nouveau consul viendrait prendre le commandement de l'armée. Il pouvait espérer aussi que, selon leur usage, les barbares, une fois Tennemi repoussé, se seraient dispersés. Il reprit donc rapidement l'offensive. Contre son attente, il les trouva rassemblés hors de leurs villes, prêts à défendre leur capitale, autour de laquelle il les resserra bientôt. C'est

jr.

* Pol.; loc. cit.

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ainsi que les Illyriens de Gentios avaient aulrefois réuni toutes leurs forces autour de Scodra. La prise de Delminium devait donc, comme celle de Scodra^ terminer d'un seul coup la guerre. La ville succomba; mais quel fut le vainqueur ? Appien et Florus* désignent formellement Figulus; Slrabon, Frontin, Aurélius Victor, Zonaras et les Fastes triomphaux, Nasica. Ces différentes assertions sont loin d'être inconciliables. Le récit d'Appien*, les détails qu'il donne sur les opérations du siège de Delminium par Figulus, sont des plus précis, a Ne pouvant rien par un coup de surprise contre une place aussi forte que sa position élevée mettait en outre à Tabri des machines, il enlève, en passant, les autres, vides de défenseurs à cause de la concentration dans Delminium, Puis il fait jeter par des catapultes dans Delminium des bâtons de deux coudées avec de la poix, du soufre et des étoupes. La force du jet leur faisait prendre feu quand ils tombaient. Une grande partie de la ville fut brûlée, et ce fut la fin de la guerre de Figulus contre les Dalmates.» Les Dalmates étaient comme décapités ^ . Nasica, succédant à Figulus arrivé à la fin de son commandement, n'eut plus qu'à en retirer le profit et la gloire. Ce n'était pas la première fois qu'un général se voyait ravir ainsi par un autre le fruit de ses succès. Sylla et Pompée, entre autres, devaient ainsi avoir plus tard le bonheur qui échéait à Nasica. En présence de l'incendie de leur capitale, les

« Slrab., VII, 5, 5; Front., III, 6; Aur. Vict., 44; Zoo., IX, 25.

2 App.; m., 11.

5 Quasi detruncaverat. (Florus, IV, 12.)

Dalmates se retirèrent dans les villes encore libres, mais leur dispersion et leur petit nombre ne leur permireut pas d'opposer une résistance victorieuse. Toutes tombèrent entre les mains de Nasica, qui revint ensuite sur Delminium vide de défenseurs ', et les soldats, dans leur enthousiasme pour un si facile succès là où ils craignaient de trouver une résistance semblable à celle qu'avait éprouvée Figulus, saluèrent leur général du titre d'imperator. Le Sénat, à leur suite, lui décerna le triomphe, mais Nasica refusa modestement un honneur qui revenait mieux à Figulus (155). La ville fut rasée, son territoire transformé en pâtis*; les prisonniers furent vendus et la sécurité assurée pour quelque temps aux voisins des terribles Dalmates.

Ce résultat suffit à Rome, peu soucieuse d'établir sa domination dans ces pauvres montagnes. L'expédition que fit vingt ans plus tard Fulvius Flaccus contre les Ardiéens et les Paraliens, qui tenaient les deux rives de la Narenta, n'eut pas d'autre motif ni d'autres conséquences. Ce sont toujours les plaintes de l'IUyrie romaine qui forcent le Sénat à jeter les yeux sur le rivage oriental de l'Adriatique. Gomme toujours, on envoie d'abord une mission pour blâmer et contenir ces peuples ; ceux-ci n'en continuent pas moins leurs excès, et une armée marche contre eux. Ces populations, plus voisines de la mer, n'avaient pas la fougueuse ardeur des Dalmates. Elles se laissent eflfrayerpar l'approche des légionnaires aunom-

^ Vacualam auxiliis. (Frontinj Str,, III, 6.) 2 Str., Vil. 5, 5.

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bre de 10,000 fantassins et 600 cavaliers, promettent réparation, n'exécutent pas leurs promesses, et y sont contraintes par la force. «Cette guerre ne fut qu'une promenade, car je ne lui trouve pas de conclusion précise », dit Appien * , Il suffisait à Rome d'avoir éloigné de la mer ces audacieux pirates, et de les avo.ir fait renoncer à leurs brigandages. Repoussés dans l'intérieur, réduits à cultiver la terre, ils se lassèrent bientôt de cette lutte contre un sol ingrat et stérile, sous un aussi rude climat, et dépérirent complètement ou peu s'en faut*.

Rome, ailleurs si avide de conquêtes, semblait n'avoir dans ces contrées d'autre souci que d'assurer la sécurité du présent. Ces guerres « sans conclusion précise » étaient donc inévitablement bientôt suivies d'autres guerres. Le premier moment de terreur passé, dès que la génération qui avait vu la dernière guerre avait disparu, les vaincus, poussés par la nécessité de vivre, le voisinage de peuples turbulents, etc., à des invasions nouvelles, reprenaient courage, et les brigandages recommençaient. Les succès sur leslstriens, la destruction de la ville fondée par les Gaulois, la fondation à'Aquilée^ n'avaient terminé que pour un temps les difficultés au nord de l'Adriatique. Là où finissait la zone littorale et commençait le Karst, là aussi s'arrêtait la protection de Rome. De ces côtés, comme plus au sud, les mouvements de population, lés guerres intestines, les mélanges de tribus, la formation de peuplades nouvelles, amenaient des ébranlements dont les territoi-

4 App., m,, 10.

«sir., VII, 5, 6.

110 DALIfATIB.

res placés sous la suzeraineté de Rome ressentaient le contre-coup.

Établis au nord de T Adriatique, entre Tlstrie et laPannonie, près du mont Albios (Garso liburnien), «qui termine les Alpes* D, les lapydes avaient les mœurs des Thraces et les armes des Gaulois. Le Timave formait leur frontière*, et delà jusqu'au Tedanius^ (Zermagna) ils occupaient, sans toutefois s'avancer jusqu'à la mer, comme le dit Slrabon, les deux revers des Alpes. L'âpreté de leur sol, qui les condamnait à ne vivre que d'épeautre et de millet, contribuait à entretenir et développer chez eux le goût des aventures et du pillage. Pandusias Tiberius et P. Sempronius Tuditanus furent envoyés contre eux*. Gonmie Figulus, ils furent malheureux d'abord; mais Sempronius, secouru par G. Junius Brutus, le vainqueur de la Lusitanie, répara bientôt sa défaite par une éclatante victoire. Les lapydes en deçà des Alpes firent une apparente soumission, et il obtint les honneurs du triomphe ^ (430).

Dix ans plus tard, une nouvelle guerre fut nécessaire. Cette fois, les deux consuls L. Gotta et Metellus pénétrèrent jusqu'à l'extrémité du pays des lapydes. Les Ségestans, après la prise de leur ville {Siscia, Sissek), semblèrent, eux aussi, domptés, mais se révoltèrent bientôt*.

* Str., VII, 5, 4.

2 Sali.; Fr.

3 PI.; Hist. nat., III, 25.

* App.; IIL, 10.

^ Pline; ni, 23. G. Sempronius Cf. G. n. Tu'iitan(us) a. dcxxiv cos. delapudibus k. oct. (Act. Ir. cap., C, I. L, I, pag, 459.) ^ App.; m., 10.

SOUMISSION, DE l'iLLYRIE CENTRALE. 111

Metellas, sentant combien ses succès sur eux étaient peu décisifs, et voulant obtenir un triomphe, au lieu de revenir par la Macédoine ou la Cisalpine, d'où étaient dirigées et sur lesquelles s' appuyaient toutes ces expéditions, traversa le pays parle centre et pénétra chez les Dalmates. ccCeux-ci le reçurent comme un ami ; il prit ses quartiers d'hiver à 5aton«, revint à Rome et eut un triomphes (il 8). Le crDalmatique» voulut perpétuer la mémoire de son heureuse campagne, et le butin fait sur la Dalmatie et les Ségestans servit à l'édification d'un temple à Castor. Les victoires d'iEmilius Scaurus sur les Carnes*, le succès du préteur M. Gosconius sur les Scordisques ^, nous montrent ces peuplades toujours battues, jamais domptées, et conservant toujours leur indépendance, qu'elles ne perdront que sous Octave.

L'extension de la domination romaine mettait la République en contact avec des peuples nouveaux contre lesquels il lui fallait incessamment défendre ses frontières et son territoire. Les Scordisques, restes de l'invasion de Bellovèse, établis sur les bords de la Save *, s'étaient rendus maîtres de la plus grande partie de la Thrace et d'une grande partie deriUyrie. Les Autariates, les Dassarètes,

i App.j IlL, 11; Liv., ep. LXII ; Eutr., IV, 23; Ad. tr, cap,,C. /. L. I, pag. 460 ; L. Gœcilius L. f. Q. n. Metellus ann. dcxxxvi Delmatic. procos. de Delmateis, III n (v).

2 M. iEmilius M. f. L. n. Scaurus cos. (an.) Dcxxxnx de Galleis Karleis V... (de) G. (C. L L., I, pag. 460). Cf. Zippel; Op. cit., pag. 139.

3 Liv., ep. LVI.

* Justin, XXXII. 3.

112 DALMATIB.

les Hybrianes et d'autres peuples encore avaient domptés par eux et leur territoire pillé oc jusqu'à ce qu'ils aient rendu le pays désert et couvert de forêts sans route pendant plusieurs jours * m. Un tel pays convenait bi^ i un peuple^ que les historiens nous disent barbare et sans lois, cruel et féroce, sacrifiant ses prisonniers à Bellone et à Mars, et buvant avidement le sang humain dans des crânes*. Ils s^élaient déjà plusieurs fois trouvés en face des légions. En 159, ils s'étaient unis auxDalmates* et a\^ient été battus avec eux. En 195, Gosconiusles avait vaincus en Thrace, et leur ville de Siscia (Sissek) était tombée en 1 1 9 sous les coups des consuls Gotta et Metellus. La Macédoine, sans cesse en butte à leurs attaques et à celles de leurs redoutables voisins, les Dardanes et les Mandes (à Test du 5<ri/»iioii) «barbares entre les barbares*;», et « qui ont mérité d'être appelés brigands par les brigands eux-mêmes*», était pour le Sénat l'objet d'une préoccupation constante, et pour les consuls et les légions un théâtre de luttes continuelles.

En 117, poussés par les Cimbres, les Scordisques s'ébranlèrent en masse. Ils se dirigèrent d'abord vers la Thrace, descendirent sur Sa Ionique ^ et rencontrèrent dans la plaine du littoral, près de VAxios (Vardar) , non

* Str., Vil, 5, 12.

^ Silvarum et montium situs cum ingenio consentiebaat. (Florus, III, 4.) 3 A mm. Marc, XXVII, 4.

* Jul., Obs. 16.

» Florus, IV, 12.

«Str., VU, 5, 12.

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loin de Lété*y que devait menacer encore plus tard une invasion des Msedes (78), le consul Sextus Pompée à la tôte d'une armée. Le consul fut tué, l'armée refoulée dans son camp. Le questeur M. Annius parvint à le sauver, tuant un grand nombre de barbares et prenant une grande quantité d'armes et de chevaux; mais il dut rappeler à sa défense toutes les garnisons voisines et abandonner le pays aux envahisseurs. Pendant que les uns restaient en Macédoine, les autres pénétrèrent en Thessalie et descendirent jusqu'à Delphes ', où ils mirent le temple au pillage ; d'autres s'avancèrent à travers la Dalmatie jusqu'à l'Adriatique*, et, arrêtés par la mer, lancèrent leurs traits dans les flots, comme leurs ancêtres les avaient autrefois dardés vers le ciel. M. Annius repoussa une seconde attaque contre le camp, malgré l'assistance prêtée aux assaillants par les Maedes et leur roi Tipatès, osant même reprendre r offensive, aller leur offrir et gagner une nouvelle bataille; mais, quelques pertes qu'aient éprouvées les barbares en hommes et en chevaux, la sécurité ne fut pas assurée pour longtemps. Trois ans après, un nouveau consul subissait en Thrace un nouveau désastre. Le consul Gaton échappait presque seul à la destruction de son armée*.

* Elç Toùç xecr'ajoyoc roTvorjç, Duchesne ; Revue arch.^ 1775, Iqs3. et Ciomment. A Argos en Macédoioe, suivant M. Zippel. Le fr. de Salluste (Hisi., 81, 82) qui parle de l'invasioa des Maedes vient à l'appui de l'opinion de M. Ducbesne sur le lieu de la bataille :cApud Lete oppidum »— c repulsus a Lete oppido ».

2 App,; III,^ 5.

3Floras, III, 4.

* Ibid,

La route de la Macédoine était de nouveau ouverte. Enivrés par ce succès, les barbares se dispersèrent, pillant en tous lieux, mais ils furent chassés par le préteur M. Didius * , qui vengea Téchec de Caton comme Ànnius avait vengé celui de Pompée, et reçut môme les honneurs du triomphe. Rome» après Tépouvante causée par deux désastres aussi rapprochés, effrayée en même temps par r invasion des Gimbres, multiplia les témoignages de sa reconnaissance à ses généraux victorieux. L'année même où Gaton était vaincu par les Gimbres à Noreia ( Neumark en Styrie), son collègue Metellus Caprarius ' triomphait pour ses victoires en Thrace(113). En 112, Drusus, continuant la poursuite, les rejetait jusqu'au Danube^ qu'il les empêchait de franchir. En il enfin, les barbares ayant, dans un dernier effort, pénétré de nouveau jusqu'à V Hebros (UdinlzB) j M. MinuciusRufus% lançant contre eux sa cavalerie sur le fleuve gelé, acheva de les détruire, au prix, il est vrai, d'un grand nombre d'hommes et de chevaux emportés par un dégel subit, et obtint un magnifique triomphe *. Rome déploya une sauvage et impitoyable rigueur. On retourna contre eux leurs habitudes cruelles et sanguinaires, les tuant parle fer et le feu, et, par un rafiBnement inouï, leur coupant les mains en les laissant survivre à cet affreux supplice *. Ge qui échappa

^ Ingenti (iestiaatione pressit. (Amm. Marc, loc, cit.)

2 Eulr., IV, 25.

3 Eutr., IV, 26; Plorus, loc. cit.

* Vell. Pat., II, 8, 3.

^ Florus, III, 4.

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à cette deslrucLion systématique se joignit aux peuplades restées indépendantes et prolongea longtemps encore la lutte contre les Romains * .

Toute la presqu'île des Balkans était au reste en ébullitlon. Les attaques se succédaient, des barbares contre la Macédoine et des Romains contre les barbares : en 104 *, en 97 ', en 92*. C'est une véritable ligue des tribus fixées entre les limites de la protection romaine et le Danube, que les légions ont à combattre. Ainsi, lors des invasions germaniques et normandes, on verra les bandes se grossir de tous ceuxqui,tropfaibles pour résister, aimeront mieux se joindre à elles qu'essayer une défense inégale. Il ne faut donc pas s'étonner de voir des Dalmates au nombre des alliés de Mithridate, luttant contre Sylla*, avec les Dardanes, lesScordisques, lesMaedes, les Densélètes", les Enètes et les Sintes'. Les colonies isséennes et l'IUyrie romaine étant fermées à leurs attaques, une partie des Dalmates dut, comme autrefois lès Âutariates s'étaient unis aux Gaulois, se mêler aux Scordisques, s'associera leurs courses et à leurs combats, parcourir avec eux la Maxîé-

1 Amm. Marc. XXVTI, 4, 10; Strab., VII, 5, 6, Il et 12; Eatr., VI, 2.

2 J. Obseq. c. 43. C'est à cette date que M. Zippel place l'expéditioa de T. Didius. (Gic; In Pis., 25, 61 ; Pro Plancio.)

3 J. Obseq., c. 48; Eusèbe; Chr.

* Liv., ep. LXX; J. Obseq.

^ Eutr., V, 7.

* Liciniaoi qu» supersunt, 1. XXV. Les Densélètea ou Denthélètes habitaient les hautes vallées de VOEscos (Isker) et de VHebros (Maritza).

7 Au sud des Mœdes, cours moyen du Strymon, App.; G. Mithr., 55.

doine et la Grèce, piller Delphes et partager leur défaite par L. Scipion * (85). De ces peuples, les uns, Maedes et Dardanes, qui avaient corrompu Scipion avec l'or sacré et obtenu de lui la paix, furent vaincus par Hortensius et par Sylla(85), dont cette victoire enrichit l'armée^ Les autres firent soumission^, les Densélètes sans doute, que Cicéron' représenteraplus tard, malgré leur défection passagère , comme de fidèles amis de Rome, même dans ses malheurs. Leurs alliés de la veille ne tardèrent pas à reprendre la lutte. Les Dardanes et les Maedes* se jetèrent de nouveau dans la Macédoine, où ils assiégèrent Lété (78), les Dalmates sur Tlllyrie. Pendant qu'Appius Glaudius allait mourir en Macédoine après avoir imposé aux Dardanes et à quelques autres tribus du Rlwdope un tribut que Curion fit payer comme il put *; tandis que Gurion était forcé de lutter trois ans (75-73) d'une guerre rude et dangereuse, odieuse aux légions*, et de courir jusqu'au Danube, où il arriva le premier des généraux romains^ avant d'obtenir le triomphe*, G.Gosconius était envoyé comme proconsul en lUyrie (78). «Il soumit une grande partie de la Dalmatie, prit Salone, et, la guerre

^ App.; ///., 5. M. Zippel pense que Scipion était préteur ou propréteur.

2 Licin.; XXXV; Eutr., V, 7; Plut.; Sylla, 23.

3 de, In Pis., 34, 84; 40, 96.

*Sall.; FrJnsL, T, 81, 82.

6 Amm. Marc, XXVII, 4, 10; Sir., VII. 5, 6, 11 et 12; Eutr., VI, 2; Sali.; Fr.hist., II.

«Frontin; Strat., IV. 1, 43.

'' Rufus, VII.

«Eulr., VI, 2; Liv.. ep. XGIL

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