‹ La province romaine de DalmatieChapitre 12 sur 32 · Gés.; G. civ · texte numérisé non relu

Gés.; G. civ

* Liv., ep. GX.

' His Antonianos milites admiscuerat. (Ces.; G, civ., III, 4.)

126 DALXATIB.

à la côte et ceux qui le montaient s'enfuirent par le continent ; r autre, monté par mille (?) Opitergins que commandait Yulteius, opposa tout un jour à l'ennemi une résistance héroïque, après l'insuccès de laquelle tout l'équipage, plutôt que de se rendre, se donna mutueUement la mort' .

La guerre ne fut pas toujours aussi heureuse pour les Pompéiens, même sur mer, et la victoire de Curicta (Yeglia)ne fut qu'une mince compensation à l'échec, bien autrement grave, que subit le reste de la flotte en arrivant trop tard pour empêcher le débarquement de César en Épire. En vain Bibulus échelonna alors tous ses vaisseaux sur la côte, de Salone à Orict^m (Palaeocastro)' • En vain Octavius avec la flotte liburnienne détacha Issa du parti de César et s'unit aux Dalmates et aux autres Illyriens soulevés *; il ne put entraîner Salone et fut contraint d'en faire le siège.

Adossée à une colline voisine du lader (ladro) , sur la rive droite de cette petite rivière; fortifiée surtout vers le nord, du côté où Ton pouvait la dominer, la ville était enfermée dans une enceinte dont les matériaux avaient été fournis par les carrières du voisinage et dont les blocs énormes rappellent ceux de constructions plus anciennes. Elle avait environ 2,780 mètres de tour et deux portes. Tune

* Toutccl épisode manque dans les (7omm^^airw. Selon les critiques, il était raconté à la 6n du deuxième livre de la Guerre civile. (Note de M. Mommsen.) Il forme un des plus émouvants passages du quatrième livre de la Pharsale (v. 402-530).

2 Ces.; G. civ.. III, 8.

3 Goncitatis Dalmatis reliquisque barbaris. (Gés. ; G. civ., ITI. 8.

SOUMISSION DE l'ILLYRIE SEPTENTRIONALE. 127

au levant, Tautre au couchantV Les citoyens romains qui y étaient établis ajoutèrent encore des tours de bois aux défenses de la ville; ils appelèrent les esclaves aux armes; les femmes donnèrent leurs cheveux pour en faire des cordages*. En vain Octavius entoura la ville de cinq camps, pressa les opérations, multiplia les assauts ; bien que pressés par la faim, les Salonitains résistèrent encore et finirent par enlever dans une surprise tous les retranchements élevés à l'approche de leur ville, forçant aussi Octavius à se rembarquer après avoir éprouvé de grandes pertes.

Libon avait rejoint Bibulus' et fait de son côté une pointe malheureuse sur Brindes. Au sud de rillyrie, les navires rhodiens au service de Pompée ne purent, à cause du vent contraire, inquiéter les navires de César*, ancrés dans le port de Nymphée, à 3 milles au-dessus de

1 F. Lanza; Scdvi di Salona, Bull. delV insU di Coir, arch., 1849 ; Garrara; Topografia di Salona. Trieste, 1850.

2 Ces., loc. dt. Dion, d'accord avec César sur tous les points importants, rapporte autrement que lui divers épisodes de ce siège. Tandis que César fait donner Tattaque par les Salonitains en plein midi, c'est la nuit^ selon Dion, que les assiégés opérèrent leur sortie. Les femmes, les cheveux en désordre, couvertes de voiles noirs, des torches à la main, s'étant donné l'aspect le plus terrible, s'avancèrent au milieu de la nuit vers le camp des assiégeants. La vue de ces furies jeta l'épouvante parmi les grand'gardes, et elles, se précipitant dans le camp, mirent le feu partout à la fois. Les hommes, qui les suivirent, tuèrent ô la faveur de ce tumulte les assiégeants effrayés ou môme encore endormis, et enlevèrentainsile camp et la marine qu'occupait Octavius. (D. Cass., XLH, il.)

3 Ces.; G. civ., III, 16.

* D. Cass.. XLI, 48.

Lissos (Alessio). Lissos môme, où commandait Otacillus Grassus, lui échappait, grâce à l'énergie de 200 vétérans et à l'appui de la colonie romaine * établie par César pendant son proconsulat et dont Tattitude résolue détermina Grassus à la fuite. Antoine s'y porta alors avec quatre légions et 800 cavaliers, envoyant la flotte chercher ea Italie le reste des troupes, et ne gardant à Lissos qae trente embarcations gauloises* que Sextus Pompée y incendia quelque temps après, sans pouvoir prendre la ville. Malgré cette fidélité à toute épreuve, Lissos fut, comme tout le pays voisin des Parlhins, naturellement très pauvre ', et déjà pillé par Pompée, mis à réquisition parGésar, que la disette allait contraindre à porter ailleurs le théâtre de la guerre.

Mais César laissa en Illyrie le questeur Q. Comificius, auquel il avait confié, avec le titre de propréteur, le gouvernement de la province (48). La tâche était difficile, vu l'état de misère où les insurrections, les dissensions intestines et la guerre avaient réduit cette contrée*. Ge-

< GoQveatus civium romanorum qui Lissum obtinebant, quod oppidum eisantea Gsdsar attribuerai, muniendumque curaverat. (Ces; G, etv., III 29); defendentibus civibus romanis qui ejus eranteonventus. (Ibid.^ 40.)

2 Pontones. (Ces.; G. civ., III, 29 et 40.)

3 Id erat per exiguum (frumentum) quum ipsius agri natura, quod suât loca aspera et montuosa, ac plerumque utuntur frumento importato. (Gés.; G. civ., m. 42.)

* Hirl. i G. AL, 42 et suiv. L'idée de celto désolation est à plusieurs reprises exprimée dans ces chapitres d'Hirtius : c Minime copiosa ad exercitus alendos, et linitimo belle ac dissensionibus vastata et confectai. — t In tanta provinciœ desperatione.» — t Neque provinciœ facultatibus sublevabatur, quse partim erat exinanita, partim inûdeiis. »

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