‹ La province romaine de DalmatieChapitre 21 sur 32 · DE VESPASIEN A DIOCLÉTIEN · texte numérisé non relu

DE VESPASIEN A DIOCLÉTIEN

s'acquit une grande popularité, aussi bien parmi les Germains, dont il prenait quelquefois le costume, que parmi les soldats, dont il partageait entre temps le genre de vie et les travaux *. Ce fut sans doute à cette époque que Maxime, le futur empereur (Glaudius Pupienus Maximus), repoussa de TlUyrie une invasion des Sarmates *.

Si Héliogabale confia à des affranchis le gouvernement des provinces'^, l'administration reprit avec Alexandre une marche honnête et régulière, et en 226* Dion Cassius fut mis à la tête de la Dalmatie ; deux ans après, il passait en Pannonie , province alors difficile à gouverner, y apaisait un soulèvement des légions et les soumettait à une discipline tellement sévère que les prétoriens demandèrent sa mort à l'empereur. Celui-ci, loin de céder, l'élevaà un deuxième consulat (229). On regrette de ne pas avoir d'autres renseignements sur l'administration d'un homme qui est parmi les plus illustres gouverneurs de la Dalmatie. Nous n'y trouvons au reste qu'une seule inscription au nom d'Alexandre Sévère , à Arba '.

Alexandre, en allant en Asie combattre les Perses, traversa les provinces illyriennes. La sécurité lui parut pour le moment assez grande de ce côté pour qu'il tirât des armées de nombreux détachements et les envoyât en Asie. Mais, habitués à un ciel humide, à des hivers,

* Spart.; Carac, 5 ; Hérod., IV, 7.

2 J, Gapit.; Maxime et BalbiUf 5.

3 Lamp.; Héî.y 11.

* Bull, decorr.arch.f 1839.

6 CI. L., m, 1,3121.

à une forte nourriture , ils eurent , comme lui-même, beaucoup à souffrir du climat dans cette malheureuse campagne. Pendant ce temps , les Germains, triomphant de la résistance que leur avait longtemps opposée Varius Macrin', son parent, pénétraient sur le territoire romain. Les gouverneurs de riUyrie adressèrent à l'empereur des lettres pressantes. Le Rhin et le Danube étaient franchis, les armées romaines assiégées dans leurs camps, les villes et les bourgs parcourus par des troupes considérables; les parties de riUyrie qui avoisinaient l'Italie étaient ellesmêmes dans le désespoir*. Les soldats illyriens tombèrent, en apprenant ces désastreuses nouvelles^ dans ime morne tristesse. L'empereur lui-même, effrayé, quitta l'Asie pour aller combattre les envahisseurs ; mais les recrues de Pannonie, à la tête desquelles il avait placé le Thrace Maximin , le trouvant trop pacifique et trop timide, proclamèrent à sa place le grossier barbare, et il périt assas-

sme ^

Alexandre avait adopté plusieurs mesures importantes relativement à Tadministration des provinces- « Les gouverneurs de province recevaient, dit Lampride *, chacun vingt livres pesant d'argent , six vases, deux mulets, deux chevaux , deux robes pour la ville , une pour le particulier, une autre pour le bain, cent pièces d'or et un

* Lamp.; Alex. S-iv., 57. ActaB sunt res féliciter et ia lilyrico per Varium Macriaum, affinera ejus

2 Hérod., VI, 7.

3 J. Gapit.; Les 2 Max.y 7.

* Lampr.; Al, Sév., 41.

Page 1