‹ La province romaine de DalmatieChapitre 22 sur 32 · DE VESPA8IEN A DIOCLÉTIEN · texte numérisé non relu

DE VESPA8IEN A DIOCLÉTIEN

cuisinier. S'ils n'étaient pas mariés , ils recevaient aussi une concubine, dont ils ne pouvaient se passer. En sortant de charge, ils restituaient les mules, les mulets, les chevaux , les muletiers et le cuisinier^ et ils gardaient le reste pour eux , s'ils s'étaient bien conduits. Dans le cas contraire 9 ils rendaient le quadruple, nonobstant la condamnation qu'ils pouvaient encourir pour crime de péculat ou de concussion. » Plusieurs villes reçurent de lui l'argent nécessaire à la réparation des monuments publics et des édifices particuliers \ « Lorsqu'il voulait donner des gouverneurs aux provinces ou nommer des administrateurs et des intendants appelés aujourd'hui receveurs *, il publiait leurs noms , en exhortant le peuple, si l'un d'eux était coupable de quelque crime , à en fournir des preuves manifestes ^ » Aussi oc jamais , dit le même historien*, le peuple romain, jamais le Sénat, jamais les provinces, ne montrèrent une douleur plus vive et plus profonde que celle qui éclata partout à la nouvelle de sa mort » •

Si Maximin, par les défaites qu'il infligea aux Germains, assura de ce côté la sécurité des provinces illyriennes, il n'eut pas le temps de pousser aussi loin la guerre contre les Sarmates. Pour défendre son pouvoir menacé par les deux Gordiens, puis par Gapélien en Afrique, à Rome par Pupien et Balbin, que le Sénat avait créés

* Lamp.; Al. Sév., 43.

2 Procura tores, id est ratioaales.

3 Lamp.; AL Sév., 44.

* Ibid., 62.

empereurs, il quitta son quartier général de Sirmiiiân l^l trovitz), abandonna la défense de riUyrie contre les barbares ' et. marcha sur l'Italie par JEmona (Laibach) et Aquilée. Bien que les cohortes de Pannonîens fussent et dussent rester les plus dévouées à sa cause*, toutes les populations de Tlllyrie s'unirent aux autres provinces dans une même haine contre Maximin*. «Les habitants des provinces avaient pris le parti d'enlever tout ce qui pouvait servir à la nourriture des soldats et de se retirer dans les villes, pour que Maximîn et son armée souffrissent de la faim*. » Quand les deux Maximins assiégèrent Aquilée, les femmes firent avec leurs cheveux des cordes pour les arcs, et ils furent assassinés devant la ville'.

Gordien III traversa, en allant combattre les Perses, la Mésie et les Thraces, qu'il délivra de tous les ennemis qui les occupaient. Le besoin de visiter les légions et d'assurer la sécurité de toute la ligne de frontières faisait, pour ces marches, préférer la route à! Aquilée et de Pannonie à celles de la Dalmatie.

Les provinces intérieures avaient au reste un intérêt aussi grand que les provinces limitrophes à ces précautions contre les barbares. Toutes devaient la même reconnaissance aux généraux heureux et aux administrateurs

^ Gapit.; Les 3 Gordiens^ 14.

2 Hérod., Vil. 8; VIII, 6.

'^ Id.. VIII, 5.

^ J. Gapit.; Les 1 Maximins, 21.

5 Id.y Les 2 Max., 23 ; Max.j., 7 ; Max, et Balb., Il .

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abiles qui, comme Misithée sous Gordien III, pouroyaient à Fentretien et à rapprovisionnement des légions t des places fortes.

Le danger croissait en effet de jour en jour pour TlUyie. Sous Maxime Pupien et Balbin, les Carpes attaquéent la Mésie, et la guerre des Scythes commença '. Phiippe combattit en personne les Carpes et les amena à raiter. Mais les légions de Mésie et de Pannonie, à la tète lesquelles était son gendre Sévérien^, proclamèrent Marin empereur, et Décius, qu'il envoya contre lui, fut à son our salué par ces mêmes légions du môme titre. C'était m Pannonien ; son bon vouloir échoua devant le nombre ;ans cesse croissant des ennemis de Rome et l'énergie, mcore intacte , des nouveaux envahisseurs. Trahi par fiallus ' , il périt dans les marais de la Mésie avec une grande partie de son armée, et son corps ne put même pas recevoir les honneurs de la sépulture * .

Les Goths, venus des bords de la Vistule, pénétrèrent alors par la Dalmatie jusque sur les rives de l'Adriatique, pillant les campagnes, toutes les villes ouvertes et même beaucoup de villes fortes, dont il3 se rendirent maîtres '. Macrien, qui, déjà bien vieux, déploya dans divers combats une bravoure au-dessus de tout éloge ®, les chassa de

* Gapit.; Max, et Baîb,, 16, 2 Zosime, 1,19, 20.

* Une inscription au nom de Galius a été trouvée à Arbe. (G. /. L,, III, 1, 3122.)

* Lactance ; De morte persecui . , i : De Decio. «Zos., I, 26.

«Tr. Poil.; Les 30 Tyr., 11.

282 DALMATIB.

la Dalmatie, iËmilieirde la Pannonie, et ce dernier reçut Tempire, de ses soldats, dont il avait ranimé Ténergie, mais pour le perdre bientôt après sous leurs coups *.

S'il est difficile, au milieu de ce désordre, de celte confusion, de cette anarchie, de reconnaître le sort de r empire lui-même, combien plus il le devient de suivre rhistoire d'une province obscure, placée assez près de la frontière pour recevoir le contre-coup de toutes les guerres et séparée d'elle par une barrière sur laquelle tout l'intérêt se concentrait. La Dalmatie était perdue pour ainsi dire entre la Pannonie etlaMésie, qui recevaient le premier choc des envahisseurs, et l'Italie, objet de leurs convoitises et de leurs vœux. Il lui manquait même celte consolation de ne pas succomber sans gloire; ses malheurs devaient rester inconnus, ses souffrances ignorées.

Le flot des barbares s'éloigna un instant de l'Illyrie, pour se jeter sur la Thrace, la Macédoine et la Grèce'. Valérien, qui était allé lui aussi en Asie combattre les Perses, avait envoyé sur le Rhin son fils Gallien, associé à l'empire, et confié aux gouverneurs des autres provinces le soin de les protéger avec les troupes qui y tenaient garnison; mais de nouvelles bandes arrivaient sans cesse sur les frontières. Les dévastations recommencèrent bientôt plus terribles. Aucune partie de l'Italie ou de rillyrie, dit Zosime ', ne fut à Tabri des pillages des barbares sans que personne s'y opposât.

^ Zonaras; Ann., XIT, 21, 22.

2/6id., XII, 13.

3Zos., I, 31.

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Toutes les populations scythiques s'étaient en eflfet réunies en un corps de nation, et, tandis qu'une partie de ces hordes s'abattait sur l'Illyrie, une autre s'avançait jusqu'à Rome ' . Une peste terrible vint s'ajouter à ces calamités. On prit alors le parti de réunir sous un commandement unique certaines zones de la frontière. La Rhétie et les provinces voisines furent confiées, avec le titre de «duc de la frontière Rhétique» ^ , à Fui vins Boius et à Auréolus ; en lUyrie, après Ragonius Glarus ', qui semble avoir été plus sage administrateur qu'heureux général, Ulpius Crinitus commanda en chef les frontières d'Illyrie et de Thrace^; puis son commandement fut partagé. Aurélien, qui avait mérité, en servant comme lieutenant sous ses ordres , d'être appelé le libérateur de l'Illyrie *, le remplaça en Thrace, tandis qu'en lUyrie se succédaient, à la tète des légions, Ingenuus, Régillien et enfin Claude.

Au milieu de tant de souffrances, chaque corps d'armée fit de son général un empereur. En Mésie, avant môme la captivité de Valérien®, Ingenuus était proclamé par les légions de Mésie et de Pannonie, et sa défaite par Gallien était suivie d'atroces exécutions dans toutes ces provinces. Bientôt ce fut Régillien. Gomme Ingenuus, il s'était montré digne de ce choix par ses exploits militaires'. Il le jus-

» Zos., I, 37.

2 DuxRhaBtici limitis. (FI. Vopisc; Aur.)

^ Treb. Poil.; Les 30 Tyrans y 17 : Balisle.

* Duce niyriciani limitià et Thracii. (Kl. Vop.; Aur., 13.)

* Vop.; Aur., 9.

«Treb. Poll.j Les 30 Tyr., 8, ' Ibid., 9.

tifla encore par ses succès sur les Sarmates, mais fut défait par Galliea * et assassiné par les auteurs mômes de sa haute fortune. Enfin Auréolus^, dont le général Domitien vainquit Macrien , réunit les débris de son armée à la sienne, et fut maître incontesté de rillyrie*. Gallien, au nom et au service duquel il aurait combattu alors, selon Zonaras*, dut traiter avec lui pour combattre un autre usurpateur qui s'était élevé en Gaule, Posthumus,

Un point toutefois reste obscuif Claude est dit par Tr. PoUion *« dux totius Illyrici)>.all a sous ses ordres, ajoute-t-il, les Thraces, les Mésies, les Dalmates, les Pannonies, les Daces et les armées qui occupent ce pays. » Les honneurs, les salaires, la suite que Valérien lui accorde, sont en rapport avec une situation si élevée.

Mais n'est-ce donc là qu'une fonction purement honorifique? Comment, nommé par Valérien, ayant par conséquent sous ses ordres les légions qui ont successivement proclamé Ingenuus, Regillien et Auréolus, ne s'estil pas opposé à leurs usurpations ? Faudrait-il donc admettre que ces « ducs 3> auxquels serait revenu de droit le commandement des armées en temps de guerre, n'auraient eu en dehors de ces circonstances aucune autorité directe ni sur les légions ni sur les territoires ? La lettre à Regillien que nous avons mentionnée plus haut

* Eutr., IX, 8.

2 AvpUikoç. Zos., I, 38.

3 Tr. Poil.; Les 2 Galliens. 2, 3.

^ ZoTi.;Ann., XII, 24.

STr. ï'oll 'y Claude, 15,

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indique en effet une sorte de situation exceptionnelle pour Claude, mais non celle d'un chef dont aurait relevé Régillien.

Les Goths avaient encore fait irruption au-delà du Danube, pénétré de nouveau jusqu'à l'Adriatique et détruit la colonie A'Épidaure (Ragusa Vecchia) (265). Les habitants de cette malheureuse ville se réfugièrent au fond de la baie cachée oùbientôt s'éleva Raguso. La Dalmatie se couvrit de ruines. C'était sans doute par TÉpire que cette fois les barbares avaient pénétré dans Tlllyrie* . Gallien, après des vicissitudes nombreuses, finit par les chasser et alla célébrer un triomphe à Rome, pendant que Claude et Macrien^ ou Martien' continuaient la guerre et les poursuivaient jusque dans la Dacie. Gallien était méprisé ; Claude avait dans celte campagne mérité les éloges enthousiastes du Sénat et la faveur de Tarmée; lorsque Gallien eut péri en combattant Auréolus, victime de la trahison d'un chef dalmate Ceroniusou Cecropius, l'assentiment unanime le porta à l'empire (268).

C'était un Dalmate ica Illyricianas gentis vir^, l'appelle Valérien^. PoUion est ailleurs^ plus explicite.cc Dans cette guerre, dit-il en parlant de la lutte terrible soutenue par lui contre les Hérules et les Goths, les cavaliers dalmates montrèrent un grand courage, parce que Claude passait

1 Tr. Poll.j Les 2 GalL, 13.

2/d., Cl.y 16.

3/d., Les 2 Gall.y 13, 14.

* Id., Cl , 19.

Wd., 11.

286 DALHATIB.

pour être originaire de cette province, quoique plusieurs écrivains le disent Dardanien et fassent même remonter son origine à Uus, roi des Troyens, et à Dardanus luimême.» Constance, sous lequel écrivait Pollion, prétendait descendre de Claude ; il fallait donc lui constituer une généalogie. C'est là le seul motif de la réserve faite par Pollion, et nous pouvons, avec les contemporains de Claude, le considérer comme Dalmate.

La flatterie est si maladroitement maniée par son biographe, que Ton se tient en défiance contre tout ce qu'il peut dire de ses qualités et de ses exploits. Il n^en est pas moins certain qu'il fut un des plus habiles et des plus braves généraux de son temps. Dès le début, il constitua Aurélien commandant supérieur de toutes les armées et de tous les territoires deThraceet d'IUyrie*. Puis, lorsqu'il eut été délivré, par la mort d'Auréolus, d'un compétiteur redoutable, il se hâta de marcher contre les Goths, qui, au nombre de 320,000, s'étaient jetés sur la Thrace et la Macédoine. Aurélien prit alors le commandement de toute la cavalerie», et Junius Brocchusfut chargé delà défense de riUyrie'. La victoire de Claude à Naïssus^ (Nissa), la destruction de l'armée et de la flotte des barbares, furent malheureusement trop tôt suivies de sa mort (270). Ce fut du moins la peste qui l'enleva et non le fer d'un assassin. Orné de toutes les vertus, il laissa de vifs

^ Vop.; Aur.y 17.

^ Ibid., 18.

3Tr. Pol.; CL, S.

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regrets à tous ses sujets, nous dit Zosime* . L'arc qui fui élevé en son honneur sur le territoire de Tarsatica* était peut-être destiné à perpétuer le souvenir de cette glorieuse campagne.

Aurélien, qu'il avait désigné comme digne de l'empire', Pannonien de iSirmmm(Mitrovitz), et son successeur après l'éphémère royauté de son frère Quintillus, montra la même énergie. A peine proclamé, il envoya Tordre en Pannonie de faire le vide devant les barbares et de tout ramasser dans les villes, bêtes et provisions; il s'y rendît à son tour et livra aux barbares une bataille indécise à la suite de laquelle ils demandèrent pourtant à traiter*. Aurélien quitta alors les bords du Danube. Les forces qu'il y laissa, triomphèrent cependant sur le bas fleuve, et quand il eut chassé les Marcomans, pourvu à la défense de Rome et réglé les affaires de l'Etat, il revint combattre en Illyrie et en Thrace, chassa les barbares et termina momentanément cette guerre en tuant au-delà du Danube leur chef Gannabas ou Gasnabaude".

Vainqueur de Zénobie , grâce aux soldats de Pannonie et de Mésie, et aux cavaliers dalmates qu'il avait emmenés avec lui en Orient , il eut encore à combattre les Carpes *,

1 Zos., I, 46.

2 Auj. à Fiume. Vid. supr,, pag. 187.

^Zon., XII, 26.

* Zos., I, 48, 49.

* Vop.; Aur., 22.

6 Le titre de Garpique, qui lui fut alors décerné, se retrouve sur une pierre milliaire découverte près d'Orléans, conservée dans le musée de cette ville, et dont Tin scriptiçn est reproduite par Henzen, III, 5551.

288 DALSÎATIE.

les repoussa, et put alors célébrer un triomphe mérité. A côté de tous les prisonniers de toutes les nations qu'il avait vaincues , « on y vit même figurer dix femmes qui avaient été prises combattant en costume d'homme parmi les Goths' » . «Sous lui, dira Tacite dans le Sénat, en apprenant sa mort , Tlllyrie a été reconquise , les Thraces ont été rendus à la domination romaine'. » Mais, ditVopiscus, * « voyant l'IUyrie dévastée, la Mésie dépeuplée et désespérant de pouvoir conserver la Dacie, dont Trajan avait fait une province romaine au-delà du Danube, il en retira l'armée et les habitants. Puis il fit passer ces peuples dans la Mésie, qu'il appela sa Dacie, laquelle partage aujourd'hui en deux la Mésie. » Un certain Septimius* ou Épitimius *, qui s'était proclamé empereur en Dalmatie quand Aurélien avait quitté riUyrie pour aller combattre les Marcomans, avait été presque aussitôt arrêté et misa mort par ses propres soldats.

Bien que le nom de Tacite ne soit attaché à aucun grand fait connu intéressant la Dalmatie , les médailles à son eflBgie abondent dans cette province et une pierre milliaire portant son nom a été trouvée à Zara®. Il ne fit cependant que passer sur le trône , malgré la sagesse de son administration. L'armée n'avait pas abdiqué devant le pouvoir civil. Les soldats assassinèrent Tacite et oppo-

^ Vop.; Aur,, 34.

^Ibid., 41.

^Ibid,, 39.

^ Aur. Vict,; De vit, et mor. imp. : Aurélien,

* Zos.. I, 19.

Dfi VESPASIEN A DIOCLÉTIEN. 289

sèrent à son frère Florianus * , Probus, qui du moins méritait cet honneur.

Lui aussi était d'origine dalmate ^. Il avait, sous Gailien, rempli d'importantes fonctions en lUyrie'. Empereur, il délivra cette contrée des Sarmates et des autres barbares qui l'avaient de nouveau envahie, et s'enfuirent devant lui presque sans combat. La Rhétie et riUyrie respirèrent pendant quelques années*. On put songer à réparer les malheurs de la guerre et à s'occuper de travaux d'utilité publique. A Narona (Viddo), le gouverneur de la province, M. Aurelius Tiberianus, présida à l'inauguration des thermes d'hiver reconstruits à ses frais et offerts solennellement à la République , c'est-à-dire à la ville, par un de ses citoyens, M. Aurelius Valerius *. Les soldats, employés comme autrefois à des travaux utiles, introduisirent sur le mont i4ima(Fruska-Gora), près de Sirmium (Mitrovitz), la culture de la vigne. Tout cependant annonçait déjà la transformation qu'allait subir Tempire. Déjà l'inscription de Narona dont nous parlions tout à l'heure, et dont la date est formelle (280 ap. J.-G.), porte des titres et des qualifications inusités jusqu'alors *. Le gouverneur

* Une inscription au nom de Florianus a été récemment découverte à PortO'Re (Bull, di arch, est. daim., II, pag. 97). Imp | caes— M. Annius

I Florianus | p. p. Augs. (Colonne de 80 centim. de haut, 100 centim. de tour en haut et 110 à la base.)

2 Aur. Vict.; De vit, et mort, imp,

3 Vop.; Proh., 6.

* Ibid., 16.

8 M. Aurelius Valerius , V. P. ducenarius ex protectoribus lateris

divini. (Insc. cit,)

lui-môme n'est plus un légat propréteur, c'est un président, prœses* , appellation toute nouvelle et dont le plus ancien exemple connu dans les inscriptions remonte au plus au temps d'Aurélien*. Probus, d'un autre côté, voyant que les Romains n'avaient plus d'ardeur que pour ces dignités et ces fonctions domestiques, en appela hardiment aux barbares comme seuls défenseurs possibles de l'empire et en établit 100,000 sur le territoire romain*. Mais sa rigueur mécontenta l'armée, et il fut à son tour assassiné en lUyrie *.

Sa mort fut pour les barbares comme une délivrance. Ils se jetèrent de nouveau sur la Thrace et l'IUyrie et menacèrent l'Italie , mais ils furent arrêtés et repoussés par le dalmate Garus '. Celui-ci, revenant à la pratique de ses prédécesseurs, donna à son fils Carin l'administration supérieure de toute la partie occidentale de l'empire, une véritable royauté dont il ne sut pas se montrer digne. Zonaras fait de Garin un Gaulois et Aurelius 'Victor le fait naître à Narbona, Mais, comme le remarque Scaliger, il s'agit non pas de Narbona en Gaule (Narbonne) , mais de Narona (Viddo), appelée quelquefois, comme nous l'avons vu, Narbona, notamment par Ptolémée. La Dalmatie avait alors pour gouverneur Gonstance Ghlore ®, le futur César et descendant de Glaude II.

^ M. Aurelio Tiberiano ; V. P. praeside pr. Daim. {Insc, cit.)

2 Eph ep., II, 4, 525.

3 Vop.; Prob., 17.

* Ibid., 20.

5 Vop.; Carin, 9.

6 Ibid., 17.

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