‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 103 sur 205 · Mathieu, l'Ancien régime en Lorraine, p. 120 à · texte numérisé non relu

Mathieu, l'Ancien régime en Lorraine, p. 120 à

18G LES AUTOniTKS INAMOVIBLES.

dans son village, car lorsque le provicaii'C , envoyé pour le remplacer, s'y présenta , il dut « se retirer pour se soustraire à la fureur du peuple. » Un curé des environs, qui arrive dans le même but, suscile une émeute analogue, et n'a que le temps de remonter à cheval pour s'en aller au plus vite. L'archevêque d'Aix se trouve dans un grand embarras. 11 hésite à faire un procès, qui déshonorerait bien des familles; il n'ose exiler le curé qui crierait à la tyrannie; il craint d'envoyer un desservant, qui serait « chassé , maltraité et peut-être assommé par la populace. » Pour sortir de ces perplexités, il écrit au cardinal de Fleury, premier ministre, afin de lui demander conseil K

Les évêques n'invoquaient pas toujours l'appui du bras séculier contre leurs prêtres; comme ils avaient la juridiction disciplinaire des officialités, ils cherchaient parfois à les soustraire à la juridiction civile et criminelle. L'évêque de Saintes voulut ainsi empêcher les tribunaux de poursuivre un prêtre accusé de viol, en alléguant l'utilité d'éviter le scandale; mais le chancelier répondit que l'impunité serait pire que la répression , au point de vue de la justice et de l'effet moral, et l'accusé fut condamné ù mort par contumace-.

Sous Louis XIV, les évêques s'efforçaient de combattre d'anciens usages superstitieux. Celui de Senlis invoque le concours de l'intendant pour empêcher

1. Lettre du 29 janvier 1732. Arch. du iniiiistcre des affaires étrangères , France , n" 1735.

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