‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 11 sur 205 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

des provinces. On lui a souvent reproché d'avoir, depuis le dix-septième siècle, diminué leur vitalité. H était dans la force des choses que la concentration nationale succédât au morcellement féodal. Les inconvénients d'un système en amènent la décadence, et partout en Europe, la tendance à l'unité s'est accentuée de plus en plus. La France, qui a souvent eu l'initiative des transformations nécessaires, est entrée largement dans cette voie, que la Révolution a poursuivie avec le désir d'effacer complètement toutes les distinctions locales. En voulant tout aplanir sous le niveau égalitaire, elle a même dépassé le but, et plus d'une fois des esprits sages ont voulu raviver l'activité provinciale, en lui donnant les moyens de contrebalancer dans une juste mesure les excès de l'autorité centrale et du pouvoir parlementaire'.

1. De même qu'à la veille de 1787, il s'est produit à la fin du second empire un mouvement généreux de l'opinion en faveur de la décentralisation, l^es écrits et les paroles de Tocqueville, de Laboulaye, de Raudot, des publicistes de l'École de Nancy et d'autres encore ont contribué à préparer la loi du 10 août 1871 sur l'extension des attributions des conseils généraux. Cette loi, tout en constituant un progrès, est encore bien loin de la solution, très difficile à atteindre, du beau problème de la province libre dans l'État libre. Les États-Unis et la Suisse y sont en grande partie parvenus par la fédération , à laquelle semblent s'opposer les traditions politiques et sociales, la situation militaire et internationale de la France,

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