‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 110 sur 205 · Sicard, p. 438 à · texte numérisé non relu

Sicard, p. 438 à

2. Voir AUain, L'Enseignement primaire avant la Révolution, th. IX. — Le village sous l'ancien régime, p. 304 à 307.

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qu'on pourrait faire pour entretenir et étendre les écoles catholiques établies du temps du feu roi ». De nombreux mémoires furent envoyés à ce sujet, attestant fréquemment la part et l'intérêt que le clergé prenait à la diffusion de l'instruction ^

Si les pouvoirs administratifs des évéques s'étaient amoindris et se limitaient de plus en plus dans les pays d'élections, leur autorité morale et leur prestige s'étaient conservés. Ils étaient dans leur résidence les personnages les plus respectés ; leur palais qui s'élevait d'ordinaire au midi de leur cathédrale, était vaste, meublé avec un luxe qui attestait leur richesse et leur rang , mais qui était d'ordinaire peu conforme au désintéressement que prêchait l'Évangile. On citait comme une rareté édifiante au dixhuitième siècle, les appartements de l'évêque de Nevcrs, où l'on ne voyait qu'une seule glace. C'était dans leur palais qu'étaient reçus d'ordinaire les princes et les grands personnages de passage ; les évêques y exerçaient une large hospitalité comme dans le château qu'ils possédaient souvent dans leur diocèse ; hospitalité quelquefois onéreuse : l'évêque de Toulon se plaignait, sous la Régence, de ne pouvoir suffire aux dépenses auxquelles l'entraînait la réception des officiers de marine et des étrangers de distinction -. Les revenus des dix-huit archevêchés

1. L'Intervention de l'Etat et l'Instruction primaire en Prorence sous la Régence. Revue historique, 1891.

2. 11 (Icmandail à jouir des revenus de la prévoit' do Toulon qui rapporlait 9,000 livres, et lui avait été accordt^c. (Letire d'avril 1720. Arch. du ministf-re des affaires étrangères, France, 1733.)

et des cent dix-huit évèchés de France', étaient loin d'être égaux ; les uns assuraient un superflu considérable à leur titulaire; si l'évoque de Strasbourg passait pour avoir 700,000 livres de rentes, d'autres pouvaient à peine subvenir à leurs charges. Les plus riches déployaient souvent un faste en rapport avec leur naissance et leurs revenus; ils faisaient reconstruire, surtout au dix-huitième siècle, leur palais sur des plans en rapport avec la magnificence de leur train de maison; leur voiture, attelée de quatre ou de six chevaux, était escortée de pages; leurs nombreux laquais , revêtus de leur livrée , portant même Tépée au côté, figuraient dans les cérémonies religieuses et publiques -. Partout, leur entrée dans leur ville épiscopale se faisait avec solennité, souvent au milieu de cérémonies traditionnelles qui remontaient au moyen âg-e ; de grands seigneurs figuraient dans leur cortège, comme à Besançon; les officiers municipaux allaient à leur recontre; les autorités judiciaires et civiles venaient les saluer et les haranguer ; la ville entière était en fête. Leur mort était un deuil public, et leurs obsèques se célébraient avec une pompe inusitée; à Toulouse , à la suite des pénitents , les gardes de la police , les corporations , les soldats du guet figuraient dans le cortège funèbre avec les capitouls

1. Expilly compte 18 archévôchés, 111 évêchés, plus 12 parties de diocèses dont les sièges étaient en pays étranger. [Dict., t. III, p. 3G4.)

2. Le Parlement d'Aix se plaint en 1732 du trop grand nombre des laquais de l'archevêque dans une cérémonie. (Arcli. des Affaires étrangères, France, 1735.) — Voir Sicard, ch. \i, Faste des évoques, et ch. vir, Fortune des évoques.

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de la ville et les consuls des trente-six communes des quatre baronnies de la temporalité épiscopale * . L'État , tout en limitant l'autorité temporelle du clergé , ne voulait pas cependant la supprimer complètement. 11 connaissait les services qu'il avait rendus dans les états et particulièrement dans les assiettes du Languedoc. Il se garda bien de le bannir des assemblées provinciales. « On ne pourrait , disait avec beaucoup de raison Necker, exclure d'une administration provinciale l'un des corps de l'État le plus instruit et celui qui est encore uni par un grand nombre de liens aux devoirs de la justice et de la bienfaisance. »... « Il n'est rien, ajoutait-il ailleurs, qui distraie autant des prétentions particulières que l'habitude des intérêts communs de la société-. » Le clergé doit apporter dans l'administration publique sa connaissance des hommes et des choses, sa finesse, sa perspicacité; et si la société civile ne peut lui permettre d'y dominer, elle ne saurait, sans en souffrir elle-même, l'empêcher d'y participer au même titre que les autres membres de la nation. De quels grands ministres se serait privée la France , si elle avait écarté systématiquement de la direction de ses affaires des hommes comme Suger, Richelieu, Mazarin et même le cardinal de Fleury !

1. Roschacb, l. XIII, p. 317. — Sicard, p. G2 à 77. — Delacroix, Ilist. de Fléchicr, l. 11, p. 139. — Esnault, Entrées cl funérailles au Mans, au dix-huilième siècle, p. 21.

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