‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 13 sur 205 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

Ancienneté des noms des provinces. — Noms antérieurs à la domination romaine. — Noms romains. — Noms donnés à la suite des invasions barbares. — Période féodale. — Persistance des anciennes formes. ^- Délimitation des circonscriptions. — Gouvernements militaires. — Généralités. — Diocèses. — Étendue et limites des provinces. — Variations dans les divisions administratives. — Différences et similitudes des institutions provinciales. — Pays d'états et pays d'élections. — Tendance à l'uniformité des territoires et des institutions. — Division en départements. — Vœux des populations. — Répartition des provinces jusqu'en 1790 entre les différents secrétaires d'État.

Les provinces de Fi-ance, telles qu'elles existaient en 1789^ n'ont pas été tracées sur la carte par la volonté raisonnée d'un législateur; elles se sont formées avec le temps ; elles sont pour ainsi dire sorties des couches profondes du sol de la vieille Gaule , où elles ont pris racine. Elles portent presque toutes

les noms des peuples ou des peuplades antiques qui sont venus se fixer sur leur territoire. On ignore l'origine ot l'histoire de quelques-uns de ces peuples ; mais ils ont marqué leur existence en laissant à leurs descendants comme au petit coin de terre qu'ils ont habité le nom qu'ils ont eux-mêmes porté, La grande patrie s'est transformée; la petite s'est fréquemment perpétuée. La Gaule n'existe plus depuis des siècles; mais les Arvernes revivent dans l'Auvergne, les Andegavi dans VXn^ou, les Pictavi dans le Poitou, les Atrebates dans l'Artois, Plus de dix provinces* tirent leur nom des agglomérations d'habitants, des civitatcs gauloises, que la domination romaine a momentanément effacées, auxquelles elle a souvent imposé des appellations nouvelles, mais qui ont repris les anciennes avant même d'avoir été affranchies de cette domination.

Celle-ci a pourtant laissé des traces sur le territoire gaulois, mais moins nombreuses que ne pourrait le faire supposer la grandeur de sa civilisation, attestée encore par quelques monuments et par ces admirables voies romaines dont les remblais et les tranchées sont encore çà et là les témoins de la richesse et de la puissance de l'Empire, Qu'est-il resté des grandes divisions administratives des Lyonnaises et des Nar-

1. Auvergne, Arverni. — Anjou, Andegavl. — Artois, Atrebates. — Berry, Bituriges. — Limousin, Lemovices. — Lyonnais, Lmjiluni. — Maine, Ccnomani. — Nivernais, Noviodunum. — Périgord, Petrocorrii. — Poitou, Pictavi. — Saintonge, Santones. — On pourrait citer de plus petites provinces, telles que le Quercy, le Rousrgue, le Sénonais, tirant leur nom des civilatcs.

bonnaiscs? Los Lyonnaises, qui s'étendaient de la vallée du Rhône à Textréniité de rAmiorique, ont laissé seulement leur nom à la région restreinte qui avoisine sa capitale. Les Narbonnaises ont disparu, et Tuue d'elles a repris son nom primitif de Provincia, la Provence; provincia, terme servant à désigner un territoire occupé par une armée en campagne et dont les limites n'étaient pas nettement définies'. Quelques' territoires restèrent connus sous les noms romains qui avaient été donnés à leur ville principale; tels l'Orléanais, d'AwelianenstSf qui avait remplacé Genabum , le Bourbonnais, de Btirbo, le Béarn, de Bene/iarnum -; enfin d'autres , plus étendus , conservèrent longtemps les appellations qu'avait inspirées aux Romains leur situation ou l'aspect de leur sol : l'Aquitaine, pays des eaux, et la Champagne , dont les plaines, campi, auraient rappelé celles de la Campanie ■'.

Les peuples indépendants, qui envahirent l'Empire sur tous ses points, ont laissé pour la plupart leurs noms aux territoires sur lesquels ils se sont établis. Si les Yisigoths n'ont pas imprimé leur marque sur le Midi, où la civilisation romaine avait pénétré plus profondément qu'ailleurs, les Francs, venus du Nord, les Bretons, débarquant d'outre Manche, les Burgondes, émigrants de l'Est, les

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