‹ La province sous l'ancien régimeChapitre 134 sur 205 · Voir le Village sons l'ancien régime, liv. IV, ch. i · texte numérisé non relu

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3 « Exceptédeux ou trois receveurs qu'il faut éclairer de près, écrit l'iiitendanld'Alençonen 1716, les autres sont d'honnôtes gens incapables de rien faire contre leur devoir. » i^Bibl. nat., fr. 11378.)

240 LES ALTOHITÉS INAMOVIBLES.

institués en 1542 au nombre de seize. Portés à 20, puis à 48, réduits à 12 en 1780, rétablis à 24 en 1781, ils avaient une caisse commune, qu'ils tenaient en leur bureau de Paris , où tous avaient d'ailleurs un domicile. Chargés du recouvrement des impôts directs , la taille , les vingtièmes et la capitation , ils en remettaient le produit à l'État en argent ou en rescriptions tirées sur leurs commis ; ils devaient lui faire l'avance d'un million par mois •. Dans des circonstances critiques, ils lui avaient rendu des services signalés; à diverses reprises, ils lui prêtèrent leur crédit personnel pour obtenir des prêts et de prompts payements. En 1709, ils prirent en régie plusieurs impôts. Possesseurs de leurs charges , attachés depuis longtemps à leur province , ils connaissaient les ressources du terroir et des habitants. On disait qu'ils « étaient intéressés à les exploiter en bons pères de familles ~. » Ils faisaient valoir, auprès de l'administration, affirmaient-ils, leurs connaissances locales pour obtenir les tempéraments et les modifications que les vicissitudes des saisons et des récoltes rendaient essentiels.

Plusieurs se distinguèrent dans les disettes et les épidémies, et on les loue d'avoir fait diminuer les

1. Dans la généralité de Lyon en 1681. En 1G86, Le Pelletier fait donner des gratifications aux receveurs les plus dignes. (Bibl. nat., fr., 8827,8828.

2. Encycl. méthodiq. Finances, t. III, p. 447 à 471. — D'Arbois de Jubain ville, p. 7, 8.

3. Receveurs généraux des finances (vers 1735.) Recueil Fonlanieu, tome VII.

frais de contraintes et de poursuites'. Ils étaient pourtant forcés de recourir parfois à la rigueur ; en 1729, leur compagnie offrit 23,000 francs au roi pour ajouter aux charités qu'il faisait distribuer aux pauvres, à l'occasion de la naissance du dauphin; une partie de cette somme fut mise à la disposition des intendants pour faire libérer des collecteurs insolvables, incarcérés sans nul doute à la requête des receveurs-.

Les commis des recettes générales n'étaient pas des fonctionnaires sans importance; lorsqu'on taxa les financiers en 1717, un commis de la recette de Montauban fut porté sur la liste pour une somme de i'i.,000 1. à rembourser à l'État. L'intendant Legendre intervint vivement en sa faveur : « C'est un très honnête homme, écrivait-il; il a sept enfants vivants; il a toujours ménagé le peuple; aussi a-t-il l'estime universelle de toute la province 3. »

Si les produits des impôts directs étaient centralisés par les soins d'une compagnie de receveurs généraux, la levée et le versement des impôts indirects étaient entre les mains d'une société de fermiers généraux, à qui ils étaient concédés par l'État, moyennant le payement d'une somme déterminée à chaque adjudication. Ces sortes d'entrepreneurs des revenus publics avaient sous leurs ordres de nombreux agents, qu'ils nommaient dans chaque province et

1. Observations rapides concernant les receveurs généraux des finances, iii-S" (vers 1790).

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