Bibl. nationale, fr
2. Il y avait cependant des différences entre elles. La Provence
sauvegardait certains intérêts locaux, nuisait à la facilité des transactions et compliquait l'administration financière ; il nécessitait en outre de nombreux fonctionnaires, qui, sous les noms de directeurs, de receveurs et de commis des traites, dépendaient des fermes générales dans les provinces où cellesci s'exerçaient. Des chambres souveraines, désignées sous le nom- de chambres ardentes et dont les membres étaient payés par les fermiers généraux, jugeaient des délits de contrebande à Reims, à Saumur, à Valence ' . On sait que les douanes intérieures furent supprimées par la Révolution, qui n'abolit les autres droits d'aides que pour les voir rétablir plus tard sous le titre de droits réunis.
En dehors des agents des fermes, il se trouvait un certain nombre de titulaires d'offices, créés pour la plupart au déclin du règne de Louis XIV, abolis, rétabhs ou maintenus suivant les circonstances, aussi indépendants de l'État, qui leur avait concédé leur titre, que peuvent l'être de nos jours les possesseurs de charges de notaire ou d'avoué. Tels étaient les inspecteurs aux boissons, aux boucheries,
communiquait librement avec leDauphiné, mais non avec le Languedoc. Elle laissait percevoir la traite foraine dans ses ports pour les marchandises destinées à l'étranger. Des péages excessifs et nombreux étaient en outre exigés sur le cours du Rhône, à la fin du règne de Louis XIV. (Marchand, p. 181,183.) La Franche-Comté était tantôt regardée comme province du dedans, tantôt comme pays étranger; « l'on y paie en entrant et sortant, dit-on ; on n'y fait pas un pas qu'on n'y soit fouillé et visité. « (Estignard, t. I, p. 154.)
1. Chevalier, p. 37. — Sur les finances, ouvrage posthume, par M*, curé D*, 1775, p. 20 à 31.
les courtiers et jaugeurs^ et bien d'autres encore.
Il serait difficile d'énumérer tous les droits spéciaux, locaux et transitoires qui furent établis ou maintenus en France pendant les deux derniers siècles. Tel fut, par exemple , le droit sur les cartes à jouer, à raison d'un denier par carte, qui fut attribué aux frais de l'école militaire de Paris en 1741 ^ Tout nouveau droit exigeait la création de nouveaux employés ; et pour la seule perception du droit sur les cartes, dix directeurs et commis avaient été établis dans la généralité de Tours, où elle rapportait 32,000 fr. nets -. Il y avait aussi dans chaque généralité des receveurs généraux des droits de marque, dont les appointements étaient fixés à 300 francs par le contrôleur général ^.
Les postes étaient affermées comme d'autres droits par l'État; elles dépendaient de l'administration centrale de Paris, dirigée par deux intendants généraux des courriers, postes et relais, qui avaient sous leurs ordres dix administrateurs généraux chargés des différentes provinces. Les postes aux chevaux et aux lettres dépendaient d'eux; les maîtres de postes, commissionnés par le roi, jouissaient de différents privilèges ; les postes aux lettres n'existaient guère que dans les villes et les gros bourgs; quelques-unes donnaient des bénéfices sérieux à l'État. L'intendant exerçait une surveillance plus